
Nous avons échangé avec les pompiers qui, dimanche après-midi, ont évité un drame sur la RCEA où une jeune femme de 18 ans voulait se suicider.
«L’enjeu pour nous c’était d’abord de lui dire de se mettre en sécurité, pour qu’elle ne commette pas l’irréparable !» Il est près de 21h30, ce dimanche 7 décembre, au CTA CODIS à Mâcon. Cela fait plus de 4 heures que la jeune femme a été prise en charge par une ambulance, arrivée sur les lieux très précisément à 16h03.
Plus de 4 heures donc et les sous-officiers ont encore cette histoire chevillée dans les esprits. Car s’ils ont été deux en première ligne, au téléphone, c’est bien toute l’équipe du CTA CODIS de sapeurs pompiers de Saône-et-Loire, à Mâcon, qui s’est mobilisée pour éviter un drame sur la RCEA, près de Paray le Monial (lire notre premier article). Une équipe qui était composée de trois opérateurs, un adjoint au chef de salle et le chef de salle.
Interrogés par creusot-infos, les adjudants chefs qui ont été en première ligne ce dimanche 7 décembre sont catégoriques : «L’opérateur qui a eu le premier appel a toute de suite observé la souffrance de cette personne. L’objectif était de détourner son attention… Dans ses premiers mots cette jeune femme était floue. Elle disait qu’elle était peut-être sur la RCEA. Heureusement la géolocalisation nous a permis d’avoir des images vidéo. Et c’est toute l’équipe du CTA qui s’est mise en action. L’opérateur qui avait la femme au téléphone ne pouvait pas parler à ses collègues.
Alors c’est avec des mots écrits sur des papiers que la mobilisation générale a été décrétée. En quelques minutes tous les partenaires de l’intervention, l’ambulance des pompiers évidemment, le SMUR, les gendarmes et la DRI ont été mobilisés !»
Tout a été réalisé avec beaucoup de professionnalisme. Quatre après les faits, les sous-officiers confessent : «C’est vrai qu’en regardant la vidéo on a eu peur. C’est terrible de dire cela, mais on s’est dit dans nos têtes, que l’on pouvait voir un drame en direct, en étant impuissants face à celui-ci. Cela aurait été terrible. Notre objectif c’était de gagner du temps», témoignent les deux adjudants chefs. Et d’ajouter leur effroi : «Quand elle a raccroché on s’est dit que c’est ce qu’elle avait fait, que le drame était en cours. Heureusement, oui heureusement on a pu rétablir le contact avec toujours le même objectif de la maintenir sur la droite de la chaussée. Avec la vidéo, on voyait passer les voitures, peut être à 30 centimètres d’elle. La chance c’est qu’il faisait encore jour, que l’on était dimanche, avec peu de camions…»
Cette séquence va être analysée pour voir ce qui peut être améliorer. «Car dans ces cas là, on fait tout pour aider les collègues qui vont devoir intervenir sur le terrain. Plus les informations sont précises, plus on est collectivement efficaces».
Dimanche en fin d’après-midi et en soirée, les images et la séquence étaient toujours dans les têtes, mais l’équipe du CTA Codis n’a pas eu trop le temps de réfléchir, avec une activité importante et notamment deux accidents à Blanzy, ou encore la mise en sécurité de chevaux à Etang sur Arroux, à cause de la montée des eaux. Mais aussi plein d’autres choses qui constituent le quotidien des pompiers.
Il restera quand même que ce dimanche 7 décembre 2025, ils ont parfaitement géré une opération peu courante. On ne peut que les féliciter.
Alain BOLLERY
(Photo DR : La salle du
CTA CODIS dimanche soir)