
Le dossier va donc retourner devant la Cour d'appel administrative de Lyon pour un nouvel examen.
Communiqué :Le Conseil d'État donne raison aux opposants au
projet éolien de Montmort (71320) : les juges ne peuvent pas imposer des
mesures environnementales "sur papier" sans s'assurer qu'elles seront
efficaces.
L'essentiel de la décision :
Aujourd'hui, le Conseil
d'État a annulé une décision de la Cour d'appel administrative de Lyon
de juin 2024. Cette dernière avait autorisé un parc de quatre éoliennes à
Montmort, moyennant des prescriptions techniques pour protéger les
oiseaux.
Le Conseil d'État estime que les juges de Lyon ont
outrepassé leurs droits. Ils ne peuvent pas se contenter d'imposer des
mesures environnementales (comme un système anti-collision pour les
oiseaux) sans vérifier eux-mêmes que ces mesures seront réellement
efficaces pour protéger les espèces menacées. Renvoyer la responsabilité
de l’efficacité d’un système d’effarouchement à l'administration n'est
pas acceptable.
Conséquence directe :
Le dossier retourne donc
devant la Cour d'appel administrative de Lyon pour un nouvel examen,
avec des règles du jeu renforcées. Cette décision représente une
victoire importante pour la biodiversité, les associations de défense de
l'environnement, comme Vent du Sud Morvan, qui se bat depuis 2018
contre ce projet.
Une portée nationale :
Ce jugement est bien plus
qu'une victoire locale. Il établit une jurisprudence claire pour tous
les projets contestés (éoliens ou autres) : le juge qui modifie une
autorisation d’exploiter ou une autorisation environnementale doit
garantir l'efficacité réelle des mesures de protection de la nature. Il
ne peut plus reporter cette responsabilité sur l'administration. Cela
renforce significativement la protection juridique des espèces et des
milieux naturels face aux projets d'aménagement.
(Photos Alain BOLLERY - Exercice SDIS 71)
