Avec une extension de 17.000 m2 et 200 embauches par an, Framatome Saint-Marcel est en plein développement pour être en capacité de fabriquer et d’assembler, très vite, deux EPE 2 par an.
Notre reportage et notre vidéo.
Il y a des signes qui ne trompent pas. Dans les ateliers et dans les bureaux de Framatome à Saint-Marcel, comme d’ailleurs dans ceux du Creusot, le sourire est de mise. De toute évidence, les salariés de Framatome ne se rendent pas au travail avec la boule au ventre. Il faut dire quand dans une France engagée à marche forcée dans sa réindustrialisation, au nom de la souveraineté, chez Framatome les perspectives sont si lointaines, que si on le veut on peut y débuter une carrière avec l’assurance de la terminer. Et les salariés ne sont pas payés au «lance pierre»… «A Framatome, il n’y a pas de salaire à moins de 2000 euros brut», lâche Jérémy Boyer, le directeur de l’établissement de Saint-Marcel.
En formation pour 2000 euros net par mois
Charles, qui travaillait dans la grande distribution et qui s’est inscrit dans une formation de soudeur, annonce 2000 euros net par mois, avec les primes. Originaire de Baudrières dans la Bresse, âgé de 30 ans, il est heureux comme un poisson dans l’eau. Le soudage ça lui plait. Il est actuellement employé par l’UIMM. Et il y a de fortes chances pour qu’il soit embauché par Framatome, après son apprentissage sur place du sondage et les 33 qualifications qui vont avec.
Pour ses «écoles de formation»; Framatome Saint-Marcel a besoin de 20 soudeurs et de 20 chaudronniers. Actuellement 8 personnes se forment à la chaudronnerie, alors que Framatome souhaite embaucher 20 chaudronniers… Pour les années à venir les besoins sont énormes, puisque Framatome Saint-Marcel embauche de l’ordre de 200 personnes par an. Très clairement le nucléaire est sur une vague porteuse et il n’aura pas fallu longtemps pour que Framatome, à l’instar de ce qui si passe au Creusot om sont forgés les composantes des réacteurs EPR, rallume la flamme. Le nucléaire civil non seulelent ne fait plus peur mais les spécialistes s’accorde à dire qu’il est sans aucun doute la solution numéro un pour la décarbonation de nos activités.
En attendant de passer de 6 à 8
Jérémy Boyer ne manque pas de tracer les perspectives à très long terme en montrant les GV, les fameux générateurs de vapeur, qui sont aux réacteurs nucléaires, ce que les cartouches sont aux imprimantes, pour simplifier au maximum. Car si un réacteur qui peut vivre 60, 80 ou même 100 ans, ne peut pas être changé, ce n’est pas le cas des GV qui sont la condition de l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires et donc des EPR 2. Six ont déjà été commandés par la France et d’ici la fin de l’année, huit autres devraient l’être… Et ce n’est qu’un début.
Ca c’est pour la France. Mais il y a aussi la demande à l’international. Si Framatome a engagé 200 millions d’euros d’investissements au Creusot depuis 4 ans, à Saint-Marcel ce sont 500 millions, en attendant les 579 millions à venir pour le projet Forge+ au Creusot…
De 40.000 à 80.000 m2
L’indépendance énergétique de la France, sa souveraineté, la décarbonation ont besoin d’EPR. Et c’est bien pour cela que Framatome Saint-Marcel augmenté ses capacités de fabrication et d’assemblage. Avec actuellement l’agrandissement de l’atelier historique de 15.000 m2, avec 200 personnes qui y travaillent. Les travaux sont prévus pour être terminés en avril 2027 pour être en capacité de produire à 100% de ses capacités un an plus tard. Le nouveau bâtiment fait 170 mètres de long et 35 de haut dans sa partie la plus élevée de ses travées. Au total, en quelques années, Framatome Saint-Marcel sera passé de 40.000 à 80.000 m2 de surface. Avec un objectif : Pouvoir réaliser deux EPR 2 par an. C’est ce que Bernard Fontana, alors PDG de Framatome avait annoncé . C’est ce qu’EDF, dont il est le nouveau Président, souhaite. EDF qui détient 80% de Framatome. Alain BOLLERY