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> Bourgogne Franche comte > BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE
17/09/2022 17:40
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Olivier Faure : «Nous avons 5 ans pour réussir, convaincre et pour gagner»

Invité de la 50ème édition de la Fête de la Rose à Frangy en Bresse, Olivier Faura a balayé tous les sujets du moment et n’a pas ménagé Emmanuel Macron. S’il a été long à parler du PS, de la gauche et de la NUPES, il l’a fait avec force pour inviter au rassemblement, selon lui, la «condition de l’alternance en 2027».
N’est pas Montebourg qui veut ! Les aficionados de la Fête de la Rose qui, ce samedi, ont bravé la chute des températures et préféré le rendez-vous bressan aux Journées du Patrimoine, l’ont bien mesuré. Il est loin le temps où, pour entendre «Arnaud», ils occupaient une bonne surface du terrain de foot, et où photographes et caméramans jouaient des coudes. Ce samedi 17 septembre, les journalistes locaux, dont ceux de France 3 Bourgogne – seule télévision présente – n’ont pas pris de coups de coude. On les a même remerciés d’être venus.
C’est ainsi, en ces temps toujours tourmentés pour le PS et pour la gauche, Olivier Faure, 1er secrétaire du PS, attire moins les foules et les médias qu’Arnaud Montebourg qui n’a pourtant jamais été le numéro un du PS et qui effectuera son retour le 24 septembre, à l’invitation de Carole Delga, qui a signé le manifeste de Bernard Cazeneuve ce qui, selon, certaines sources, devrait aussi être le cas de Cécile Untermaier qui, en l’occurrence, aura donc eu la délicatesse d’attendre qu’Olivier Faure soit passé par Frangy pour rejoindre la communauté des défenseurs de la social-démocratie. A suivre…

En attendant, ce samedi, les militants présents se sont évertués à faire la fête, le mot qui, selon Guillaume Badey, convient le mieux au rendez-vous de Frangy.

Cécile Untemaier

«Frangy, c’est notre capacité à inviter des personnalités de grand renom», a d’abord lancé Cécile Untermaier, en citant quelques prestigieux invités. «Nous avons l’obligation de parler à tout le monde», a-t-elle ajouté.
«Associer des citoyens à la réflexion est le cœur du métier», a ensuite jugé la Députée.
«Avec 31 députés, nous restons le premier parti d’opposition. Il y a une identité du groupe
L’addition des forces de gauche ne doit pas dire la soumission, mais nous devons nous enrichir de nos différences. Oui nous devons faire évoluer le Parti Socialiste. Une certaine radicalité nous profiterait.
La liberté de vote dans tous les groupes démontre notre liberté. Oui nous pouvons avoir des votes républicains.
Nos priorités : Je pense au fioul dans nos campagnes, le rejet de la retraite à 65 ans, préserver la nature et la biodiversité. Fin du monde et fin du mois sont nos combats.
La précarité de la jeunesse doit nous concerner. La République aussi face au danger du Rassemblement National, notamment dans nos campagnes.
Enfin, la France dans l’Europe. L’extrême droite est une réalité, la Suède, la Grande Bretagne, peut-être demain l’Italie, aussi.
Nous sommes réunis ici à Frangy là on démontre ce que l’on sait faire».


Olivier Faure

«La presse nous parle de ceux que l’on a perdu. Moi je veux vous parler de ceux qui sont restés. Comme Cécile, comme Jérôme.
Le socialisme c’est quoi sinon une longue chaine humaine. C’est à chaque fois que nous l’oublions, que nous perdons.
Il faut prolonger le combat, être fidèle à ce qu’a été la gauche depuis un siècle. Notre place est aux côtés de ceux qui n’ont plus la parole et la porter.
Je suis fidèle à une parole. Frangy c’est à la fois d’être parfois destructif, mais aussi la fidélité à des valeurs immortelles. Etre fidèles à une parole qui ne disparaitra pas.
Pourquoi je suis resté pourquoi nous sommes restés au PS. Nous avons vocation à changer la vie. Nous avons besoin de le faire avec d’autres. Mitterrand avait construit l’unité, difficile. Il faut changer la vie et parfois même la sauver».

Leçons de crise…
«Au moment où la crise sanitaire est née, des gens glosaient sur la France d’après, d’un monde d’après, des jours heureux. Et puis tout s’est progressivement dissipé. Nous sommes revenus aux habitudes ; à nos mauvaises habitudes. Ce qui était né, avec des réflexions sur le monde, des ruptures à avoir, tout cela s’est évanoui. Je me souviens de ce Président de la République, toujours formidable pour le grand oral. Si on l’écoutait, on pourrait presque rêver à un grand social démocrate. Mais les seuls qu’il flatte ce sont les grands, les grandes entreprises».

Sauver l’espèce humaine
«Les leçons de la crise n’ont pas été tirées. Oui, Claire Mallard, c’est vrai les écologistes ont lancé les alertes depuis longtemps. Oui, on court à notre propre déchéance.
On ne vit pas une crise climatique car une crise il y a un début et une fin. Là il y a un début, mais il n’y a pas de fin. Il faut sauver l’espèce humaine. C’est la question. C’est l’enjeu majeur.
Il y a une dette écologique que nous laisserons à tous ceux qui nous survivront.
Question : Comment fait-on, comment on va payer ?
Le Gouvernement a mis en place le quoi qu’il en coûte. C’était 240 milliards. Pourquoi le Gouvernement ne met-il qu’un milliard et demi face au bouleversement climatique. N’y a-t-il pas un paradoxe, notamment avec les 174 milliards de bénéfices. 3,5 points d’indice, c’est 7 milliards.
Comment est il possible de demander aux Français, qui doivent prendre leur voiture, de financer les grandes transitions et que l’on ne demande pas aux grandes entreprises. L’économie de ruissellement n’a jamais existé.
J’ai proposé à la NUPES que l’on se batte ensemble pour un référendum d’initiative partagée. Créer un rapport de force avec ce Gouvernement. Pour prendre l’argent là où il est. Il est là l’enjeu».

Travail et inaction…
«Sur le chômage partiel, à la Fête de l’Huma, dans une phrase malheureuse, Fabien Roussel a opposé ceux qui travaillent aux autres. Il n’est pas possible d’opposer les uns aux autres. L’argent n’est jamais magique, c’est celui de votre travail, de vos cotisations.
On ne peut pas laisser penser que des gens font le choix de l’inactivité. Cela peut arriver. Mais ils sont minoritaires. Ceux qui fraudent le plus sont ceux qui mettent 80 milliards hors de nos frontières. Ce qu’eux ne payent pas, c’est vous qui le payez.
Il faut avoir un discours non pas sur la valeur travail souvent avancée par la droit, mais sur le juste salaire du travail. Avoir aussi une égalité sur les femmes et les hommes. Si on veut respecter le travail, il faut que chacun ait la même protection. Lutter contre l’ubérisation. Il n’y a pas que les livreurs. On le voit aussi dans le BTP. Demain ce sera ailleurs, dans d’autres professions».

Non à la retraite à 65 ans
«Macron il est toujours dans le sens du vent. Retraite à 65 ans ? Oui des cadres sont d’accord. Mais si je plaide pour la retraite à 60 ans c’est pour ceux qui ont des métiers pénibles, qui sont cassés, qui ont commencé très tôt. Il y a une différence entre un cadre et un égoutier, un travailleur dans les frigos à Rungis.
Il y a des gens qui ont besoin de nous, qui ont besoin de la gauche, pour les protéger.
Si des gens veulent défendre le travail, il faut d’abord revaloriser le travail et surtout les conditions de travail.
En France aujourd’hui, il vaut mieux être rentier que salarié, on est moins imposé.
Moi je dis qu’il y a une forme de décence à observer et respecter, car il y a un moment où ce n’est plus possible, ce n’est plus décent»

Identité nationale et école
«Je ne veux pas que ce soit Zemmour, ni Le Pen, ni Ciotti. Je suis pour que ce débat nous le reprenions. Non être Français ce n’est pas avoir une religion, ce n’est pas nous faire croire une certaine laïcité.
La République peut se glorifier d’avoir permis à tous les enfants d’être scolarisés.
Nous sommes le parti de l’école, car nous croyons qu’elle est le lieu de l’émancipation.
Notre école, ok pour 2000 euros pour ce qui rentre, et pour les autres ? Comment avons-nous accepté de payer si mal ces gens. Comment est-ce possible ? Nous sommes des enfants de la République
A ceux qui nous parlent du grand remplacement, la réalité c’est qu’il y a un sujet migratoire. Nous devons prendre notre part pour celles et ceux qui fuient leur pays, qui ne le font jamais de gaité de cœur. Pourquoi on fuit ? Parfois la guerre, le chaud. Croyez vous que si nous ne faisons rien des gens laisseront le désert avancer, une fois qu’ils auront mené des guerres, d’autres partiront et fuiront la famille.
Si on veut débat sur l’immigration, il faut celui sur le réchauffement climatique. Nous avons beaucoup pris, nous avons été les premiers à ce que la nature ne puisse plus se renouveler.
Ce qui nous distingue, c’est que nous sommes profondément européens. Le nationalisme c’est la guerre, la résurgence de conflits. De découvrir un charnier c’est insupportable. Il y aura un avant et un après guerre en Ukraine. Il faut que les Européens prennent conscience, qu’elle se mette au niveau des grandes puissances. La Russie n’a jamais vraiment accepté la fin de l’Union Soviétique. Ils nous testent. Ils ne sont pas les seuls. Regardez ce que font les turcs. Regardez ce que fait la Chine. Il faut envoyer un message à ceux qui se battent pour la démocratie».

NUPES toujours
«Je veux finir en parlant de la gauche, de la NUPES, née en juin et que personne n’avait imaginé. Je sais que de nombreux socialistes ne l’ont pas accepté. Personne ne s’y était préparé.
On a d’abord cherché à s’écouter. Cela n’a pas été simple. Il y a des différences qui existent. Je n’ai aucun regret ! J’assume, car depuis ce moment là, dans les regards des gens que je vois, je vois pourquoi je suis de gauche. Ils me disent je veux que vous gagnez. Ne lâchez pas l’unité, mettez vous d’accord. Je croix qu’ils ont raison.
Je ne minimise pas les désaccords, mais à chaque fois que nous nous sommes accusés d’être de droite ou de gauche, ce sont les libéraux ou l’extrême droite qui gagnent ; Je dis ça suffit !
Dans 5 ans, les gens voudront ils une alternance ? Avec l’extrême droite ? Serons nous au rendez-vous ou serons nous encore à nous quereller. IAttention au syndrome suédois, à ce qui risque d’arriver en Italie.
Regardez ce qui se passe dans les mairies ? Trump, Bolsonaro. Regardez les Italiens. La tentation elle existe. Il y a un travail à mener. Ne croyons pas que l’extrême droite a changé.
Non ils n’ont pas changé.
Mais nous, nous avons changé. Regardez la perte de l’esprit républicain, regardez que certains approuvent la préférence nationale.
On ne peut pas accepter que la loi soit modifiée, pour introduire la préférence nationale.

Nous avons cinq ans pour réussir, pour convaincre, pour que ceux qui ne l’ont pas fait nous rejoignent. A cette seule condition nous gagnerons. Je ne sais pas qui sera candidat. Je m’en fou. Je souhaite que celui qui nous emmènera vers la victoire, qui acceptera le débat avec chacun.
Merci pour avoir soutenu cette NUPES, d’avoir fait vivre ce PS auquel je tiens tant !»
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)