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> Bourgogne Franche comte > BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE
22/06/2022 13:05
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Marie Guite Dufay : «On est à un moment historique du pays !»

La Présidente de la Région Bourgogne – Franche-Comté a commenté les résultats et essayé d’analyser la percée du Rassemblement National. Pas simple.
«Tout le monde est déçu. On est à un moment historique du pays. Dans un régime de 5ème République, on était dans une culture d’alternance. C’est fini. On est presque dans une situation que l’on aurait connue si on avait mis en place la proportionnelle», lâche Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté.
La conférence de presse qui précède traditionnellement une session de la Région a donc vu la Présidente commenter les résultats des législatives.
Elle a d’abord dressé un constat : «Je ne suis pas étonnée de l’arrivée des députés du Rassemblement National. On a désormais une Assemblée Nationale à l’image du pays. Une LREM non majoritaire. Une gauche disparate. Une droite qui essaye de résister. Et un Rassemblement National qui a un poids conforme à ce qu’il représente.

On passe à quelque chose, un contexte qui devrait être la culture du compromis et de la coalition. On aurait besoin d’aller en stage dans les pays scandinaves ou en Allemagne».
Mais Marie-Guite Dufay souligne avec force la nuance : «Les coalitions ce ne sont pas des compromissions. C’est comme cela que ça marche chez nos voisins allemands».
Quand on lui parle de comparaison avec les divergences qui peuvent apparaitre dans sa majorité régionale, l’élue répond : «J’ai une majorité qui nécessite des ajustements en permanence. Cela nécessite du débat et du compromis. Moi j’ai une majorité, mais il n’y a pas de majorité au niveau national».
Au risque de heurter, elle poursuit avec des propos qu’elle veut lucides : «Je n’hésite pas à dire que l’on est dans un progrès démocratique.
En 1986, que le Front National était rentrée à l’Assemblée, ça avait un cataclysme. C’est là que j’ai décidé de m’engager en politique. Ceux qui votent Rassemblement National ne sont pas tous des fascistes. Le vote RN est alimenté par le caractère inégalitaire de notre société. Ce qui n’est pas normal c’est que ce n’est pas la gauche qui le récupère !»
Devant cette nouvelle situation, Marie-Guite Dufay demande : «Comment on va combattre le Rassemblement National ? Qu’est-ce qu’on ne fait pas qui a pu alimenter le RN ? Qu’est-ce qu’il faut faire de plus sur la question de la ruralité, là où le RN a eu beaucoup de suffrages ?
Dans les bourgs centres on trouve tous les services et les commerces, et c’est bien parce qu’il y a eu de l’argent public. Le problème pour moi c’est le manque de médecins».
Et la Présidente de Région de lancer, un brin impuissante : «Je ne sais pas comment combattre sur la ruralité qui a le sentiment d’être méprisée. Il y a un sujet sur les mobilités. Mais on n’est pas sans rien faire.  Il y a de l’emploi qui renait». Et de lancer : «Il y a trop de riches et les pauvres ne comprennent pas. On a besoin de lutter contre la précarité».
Vice-président en charge de l’économie, Nicolas Soret ajoute : «Nicolas
Je suis maire de Joigny et j’ai désormais pour député Julien Odoul. Jamais il ne parle d’emploi, ni de développement économique. Il a fait des vidéos devant le commissariat, les gendarmeries, le tribunal. Il fait des constats et il ne propose rien. Au lendemain de son élection, il s’est rendu au commissariat de Police de Sens pour annoncer qu’il proposera une loi sur la présomption d’innocence des Policiers»
Michel Neugnot, en charge des transports poursuite : «Le sujet des mobilités est essentiel.
En Bourgogne – Franche-Comté, 165 des 200 gares n’ont pas de guichet. Cela concerne 60.000 personnes. On en fait un sujet, alors qu’il ne l’est pas pour les voyageurs qui ont d’autres moyens pour acheter leurs billets de train».
Face au RN et à sa percée à l’Assemblée Nationale, les élus de la majorité régionale veulent conserver la tête froide. Ce sera le sens des dossiers financiers à l’ordre de la session. A suivre…
Alain BOLLERY