C’était mardi matin à l’occasion d’un voyage de presse proposé par EDF. L’occasion d’en mettre plein les yeux.
La vidéo et le reportage de creusot-infos.
18 ans. Oui il y aura 18 ans début juillet, que le Président de la République Nicolas Sarkozy, en visite officielle au Creusot, pour sceller l’accord entre Industeel, groupe ArcelorMittal, et AREVA - qui a depuis repris le nom de Framatome -, avait annoncé la construction à Penly, en Seine Martime, d’un deuxième EPR, après celui de Flamanville. Le temps du nucléaire civil est un temps long. Mais il est vrai que si François Hollande et son Gouvernement, n’avaient pas remis en cause la part de l’électricité nucléaire, avec la décision de la fermeture de Fessenheim, alors sans doute qu’il n’aurait pas fallu attendre 18 ans, pour voir la Forge du Creusot de Framatome être en action pour la centrale nucléaire de Penly, en ce mois de juin 2026... Remarquez qu’entre 2008 et 2026, le programme de Penly a été doublé puisque la centrale va bénéficier d’une paire d’EPR. A savoir des EPR2, le programme porté par EDF.
Le nucléaire encore plus une énergie d'avenir
C’est justement EDF qui ce mardi 9 juin a organisé un voyage de presse en Saône-et-Loire, avec visite des instalations de Framatome au Creusot le matin, puis à Saint-Marcel l’après-midi. Un voyage de presse destiné aux médias parisienne et aux journalistes spécialisés dans l’énergie et le nucléaire. Un voyage auquel les médias de Saône-et-Loire et de Bourgogne ont évidemment été invités. Il s’est passé du temps depuis l’annonce de Nicolas Sarkozy. Le nucléaire civil était alors une énergie controversée. Comme il l’était fin août 2012 quand Arnaud Montebourg, alors Ministre, avait affirmé que le nucléaire est une énergie d’avenir; Ce qui lui avait valu une volée de bois vert. Et Emmanuel Macron, alors Ministre de l’Economie, avait subi le même traitement, quand il avait repris la formule à son compte, à l’occasion d’une visite au Creusot. C’était il y a plus de dix ans. Depuis, le nucléaire civil n’est pour ainsi dire plus décrié. Il est en effet admis que la nécessaire décarbonation passe par le nucléaire, pour réduire de façon drastique le recours aux énergies fossiles. Pour preuve, même les Ecologistes (EELV) ne sont pas montés au front contre le projet Forge+ à 579 millions d’euros, dont creusot-infos a déjà beaucoup parlé. C’est donc bien avec cette nouvelle donne autour de l’énergie, de la décarbonation et de la souveraineté, qu’EDF a donc décidé de mettre en lumière Framatome… et que le numéro un du nucléaire civil, mais aussi de défense, a montré le forgeage d’une très très belle pièce, à savoir une virole destinée à la construction de l’un des deux EPR 2 de la centrale nucléaire de Penly.
Un forgeage XXXXL en forme de démonstration
Bien peu de Ministres en visite à la Forge du Creusot de Framatome ont pu voir le forgeage d’une pièce aussi importante. Sébastien Martoïa, le directeur de Framatome au Creusot, a effectué une large présentation de l’établissement. Il a ainsi précisé, poids de l’histoire, que plus de 10.000 composantes ont déjà été forgés au Creusot, que les lingots forgés sont en moyenne haute de 150 tonnes, mais peuvent monter à 260 tonnes ; Qu’un forgeage se déroule avec 7 opérations. Mardi matin, c’est une virole chauffée à 1100 degrés qui est sortie du four C8. Le directeur de Framatome a aussi précisé que la précision des pièces qui partent du Creusot après avoir été usinées est du millimètre. Le Creusot travaille à 80% pour l’établissement de Sain-Marcel et à 20% pour la défense et notamment pour Naval Groupe. Il a aussi que tous les internes de cuve vont désormais être fabriqués au Creusot, dans l’atelier historique de Framatome.
200 millions d'investissement en 4 ans en attendant Forge+
Il faut savoir que la première opération pour l’EPR remonte à juillet 2021. Et c’est pour les centrales de Gravelines et Penly que la Forge du Creusot est aujourd’hui en action. Pour les six premiers EPR 2 déjà en commande, l’activité va se poursuivre jusqu’en 2032. Outre le projet Forge+ à 579 millions d’euros, Framatome a engagé 200 millions d’euros d’investissements depuis 4 ans. Bref, Framatome Le Creusot va de l’avant, investit pour son avenir, qui est aussi celui du nucléaire français et de la souveraineté énergétique couplée avec la décarbonation. Les perspectives sont, au minimum, à une cinquantaine d’années.
Alain BOLLERY (Photos Alain BOLLERY
Voir la vidéo d’un forgeage en mode accéléré
(La vitesse de présentation a été multipliée par deux)
Le compte rendu de la visite à Saint-Marcel plus tard sur creusot-infos
Après la Forge, la visite s'est poursuivie dans l'atelier d'usinage