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> Bourgogne Franche comte > BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE
05/02/2026 03:17
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Le Creusot nouvelle capitale européenne de la métallurgie des poudres, avec l’inauguration de Calhipso

C’est une nouvelle révolution industrielle et donc technologique qui émerge avec la Métallurgie des poudres et le projet Calhipso. Framatome, mais ausssi la Défense Nationale en attendent beaucoup. La «machine», dont la température pourra être portée à 2000 degrés, produire des pièces jusqu’à 410 mm de diamètre et un mètre de haut… ou de longueur.
On aurait pu parler de serpent de mer… Mais désormais c’est au passé. Né il y a une douzaine d’années, le projet relatif à la rechercher sur la métallurgie des poudres, s’est concrétisé ce mercredi 4 février, avec l’inauguration de Calhipso sur le site de l’IUT du Creusot.
Frédéric Bernard, qui a porté le projet n’est pas peu fier de la machine qui devrait permettre de réaliser des pas de géants.
Pour les besoins de Framatome et de l’Industrie nucléaire, Calhipso attend le feu vert de l’ASN, l’autorité de sûreté du nucléaire.
La machine va monter à 1400 degrés pour réaliser des pièces, mais Frédéric Bernard a aussi souligné que dans l’absolu cela pourrait être 2000 degrés.
La métallurgie des poudres, avec la Compression Isostatique à Chaud, offe trois applications, dont la premières est de boucher tout simplement des trous, avec une très faible empreinte carbone. Elle permettra aussi de fabriquer des composants avec jusqu’à 300 kilos de matière première, c’est à dire de poudre, chargée dans la machine.
Nous l’avons écrit, Framatome attend beaucoup de cette nouvelle technologie unique en Europe et déployée au Creusot. Tout comme le CEA et aussi la défense nationale… Mais aussi, mais oui, l’industrie spatiale…
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)


Vincent Thomas
Président de l’Université Bourgogne Europe
«Calhipso est symbolique de ce que la recherche représente dans notre pays, très modestement.
On n'inaugure pas seulement un bâtiment. Nous posons 
une pierre véritablement essentielle dans une stratégie territoriale, scientifique, industrielle de long terme, au service du développement de notre région, de sa compétitivité et de son règlement national et international.
Le projet Calhipso, c'est une réussite qui n'était pas évidente, qui n'était pas acquise, mais certains en ont rêvé. Nous, on l'a fait», a d’abord déclaré le Président de l’Universzitaire Bourgogne, avant de saluer Jean-Claude Lagrange de son implication pour la réussite du projet.
«On s'est accrochés collectivement et nous avons réussi. 
Parmi les choix, il aurait été possible de l'implanter à Dijon, mais non, c'est bien ici au Creusot.
Pourquoi est-ce que c'est ici au Creusot ? Tout simplement parce qu’il y a une volonté politique claire, une ambition partagée et puis une confiance durable entre l'État, les collectivités territoriales, l'université bien sûr, l'Europe et l'ensemble des partenaires scientifiques et industriels.
Et donc c'est une belle illustration de cette volonté commune que ce projet. Lorsque nous travaillons ensemble, lorsque nous faisons le choix de la coopération plutôt que de la concurrence, dans la recherche comme dans la formation, et bien nous sommes capables de bâtir des projets d’excellence. 
L'histoire de Calhipso commence il y a plus de dix ans Et Jean-Claude Lagrange est véritablement un acteur qui a été celui qui a poussé.
Je vais également citer Frédéric Deblesse, directeur général d'Ecosphère, dont le rôle d'animation, de structuration et de mise en réseau de la filière a été tout à fait déterminant.
Nous sommes ici sur un territoire qui a vraiment une caractéristique majeure, c'est une terre d'industrie historique. Historiquement, c'est un territoire de savoir-faire, de compétences et d'innovation, évidemment.
Et c'est précisément sur le campus du Creusot qu’est installé un dispositif unique en Europe.
La machine est prête. Elle va permettre de franchir un cap décisif dans le développement de la métallurgie des poudres grâce à une technologie de pointe, compression, la compression isostatique à chaud.
Cette technologie permet de concevoir des matériaux métalliques plus performants, plus fiables, plus durables, avec des qualités mécaniques que le frittage donne et que d'autres modes de fabrication ne permettent pas.
Et ça permet évidemment de travailler au service de secteurs stratégiques, stratégiques pour notre pays, stratégiques pour l'Europe, comme l'aéronautique, la Défense Nationale, le nucléaire et plus largement les industries de l’énergie».
Vincent Thomas poursuit : «Ce n'est pas un projet de recherche abstrait, c'est un outil tout à fait concret au service de l'innovation industrielle, de la souveraineté technologique, mais aussi de la transition écologique, pour produire mieux avec moins de matières et moins d'énergie.
Sa réussite reprose sur un engagement fort de l'Europe à travers la mobilisation des fonds FEDER/
Il faut le rappeler, le dire, au moment où parfois, politiquement, la contestation pointe. L'Europe est ici un partenaire qui est tout à fait concret, engagé, utile, qui accompagne les territoires industriels dans leur transformation, qui soutient la recherche d'excellence et contribue à la compétitivité de notre économie, et les fonds fédéraux ont permis de consolider un montage financier qui n'était pas acquis dès le départ.
Le choix du Creusot, c'est donc un choix politique. C'est un choix politique assumé, soutenu par toutes et par tous et c'est un choix qui traduit une vision partagée du développement équilibré des territoires où l'excellence scientifique ne se concentre pas uniquement sur les métropoles, une grande métropole, mais irrigue toute la région.
Calhipso repose sur un écosystème régional qui est solide et structuré. 
Sur le plan scientifique, ce projet est fruit d'une collaboration exemplaire entre partenaires de tout premier plan avec le laboratoire ICB, avec le CEA de Grenoble, les Mines Paris Tech, Framato et l'Institut National de Physique du CNRS.
Ensemble, ils construisent tous ces partenaires, ensemble, le premier réseau français structuré autour de cette technologie, capable de dialoguer avec les grands centres européens et de positionner la France et l'Europe dans la compétition internationale.
Un petit mot personnel pour le porteur du projet, cher Frédéric Bernard. Ce projet tu le portes depuis son origine, tu l'as pensé, défendu, expliqué, parfois justifié, souvent relancé, porté à bout de bras, tu as su fédérer les partenaires aux cultures différentes, maintenir un cap, le cap malgré tous les doutes et malgré tous les obstacles, et faire preuve d'une persévérance absolument exemplaire, bravo à toi, vraiment toutes les félicitations si je puis dire.
Félicitations parce que Calhipso porte une ambition scientifique très forte, mais il porte aussi, je crois, une vision du rôle de l'université. Une université qui est engagée sur son territoire, dans son territoire, au service de l'industrie, pas que, mais oui aussi, ouverte sur la coopération très fortement et capable de porter des projets de très long terme. Je tiens à saluer ton rôle en tant qu'ambassadeur du Creusot, ambassadeur du fritage en France, en Europe et ailleurs, et en tant que représentant aussi de l'excellence scientifique à la mode de l'université Beaulieu»
«Depuis un an maintenant, nous sommes l'Université Bourgogne-Europe. Nous sommes un établissement public expérimental qui rassemble 12 établissements partenaires. Un treizième frappe à la porte. Nous avons voté hier en Conseil d'administration son intégration. Il reste maintenant à dérouler le calendrier pour une effectivité à partir du 1er septembre prochain de 2026. c'est le CREPS de Bourgogne-Franche-Comté. Aujourd'hui, nous avions 35 000 étudiants, nous atteignons quasiment les 40 000 avec les 12 partenaires, nous renforçons notre capacité scientifique considérablement dans certains domaines plus que dans d'autres, je citerai la santé par exemple, mais pas seulement.
Nous gagnons en visibilité, nous gagnons en rayonnement et la stratégie commune sur laquelle repose cet établissement public expérimental est le ciment des partenaires, bien plus que l'argent, vous le savez, mais c'est grâce à cette stratégie et à ce ciment que nous obtiendrons des moyens pour porter les projets qui sont les nôtres.
L'Université Bourgogne Europe a six campus territoriaux, y compris celui du Creusot. et cette stratégie intéresse chacun des sites concernés en Bourgogne, dans l'ancienne Bourgogne, sur les quatre départements de l'ancienne région de Bourgogne.
Calhipso est une illustration de cette ambition de recherche d'excellence au service de l'industrie, implantée dans un territoire, soutenue par l'Europe, tournée vers l'avenir. C'est tout ce que nous avons essayé de construire».


David Marti
Maire du Creusot,
Président de la Communauté Urbaine

«Je salue vos propos, Monsieur le Président, parce que plusieurs fois vous avez dit, mais pourquoi le Creusot, finalement ? Vous vous êtes interrogé, mais quand vous vous êtes interrogé, vous avez donné la réponse.
Je vous en remercie, tout simplement parce que, collectivement, nous faisons, je dis bien collectivement, depuis déjà un certain nombre d'années bien entendu, la promotion du développement, la promotion de l'avenir, la promotion du travail collectif.
Nous sommes porteurs à la fois du message qu'ici nous développons, nous construisons l'avenir, et moi je le réjouis, ce qui va à l'autre sens de ce que je peux entendre à certains moments pour ceux qui se complaisent dans la promotion du déclin. Nous sommes l'antithèse du déclin. L'antithèse.
Jean-Claude Lagrange m'a accompagné dans le suivi de ce dossier et la réalisation quand il était à ce moment-là déjà élu régional et en charge du développement économique. C'est comme ça qu'on travaille tout le temps et c'est comme ça qu'on réussit, région, communauté, université, tous les autres partenaires. Ce sont des investissements très importants, très très importants sur le site du Creusot, 4,1 millions d'euros avec le bâtiment financé conjointement, comme je l'ai dit, par des partenaires.
A l'échelle européenne, on croit à des projets comme ceux-là. Au-delà des montants, il y a aussi concrètement ce qui va être fait ici, parce que nous sommes ni plus ni moins que sur le Centre national d'excellence de la recherche en ce qui concerne la métallurgie des poudres. Il faut mettre les mots.
La réalité, elle est là. Je me souviens très bien comment ce projet a évolué dans le temps, qu'il n'était pas prévu comme ça. Pas prévu comme ça.
Parce que je me souviens qu'il y avait un enjeu sur le bassin de Lorraine, au moment où j'ai repris le dossier, sur le bassin de Lorraine avec Excalibur, que le président de la République de l'époque avait décidé que la métallurgie des poudres, ce serait sur le bassin de Lorraine.
Il se trouvait que je connaissais très bien le Président de la République de l'époque, que j'ai pris mon téléphone, François Hollande, pour lui expliquer que, bien entendu, je comprenais la nécessité absolue d'aller sur le bassin de Lorraine, mais que peut-être nous pourrions travailler ensemble, à la fois avec les porteurs de projet en Lorraine et à la fois avec les porteurs de projet ici.
Maintenant, c'est une nouvelle page qui s'ouvre avec ce centre de recherche, projet qui n'aurait jamais eu le jour, encore une fois, devant son engagement des femmes et des hommes, des chercheurs, des ingénieurs, des collectivités, des partenaires institutionnels, bien entendu, de l'université.
C'est souvent un engagement qui est peu visible, mais c'est un engagement qui est réel. Et c'est ce qui permet que nous arrivions à ce résultat. Et puis enfin, pour terminer, reprendre une citation de Hannah Ardente qui écrivait « La politique naît entre les hommes.
Ici, elle prend une forme très concrète, celle de la coopération, du travail, collective, de la confiance construite pas à pas. Une politique du quotidien, faite de décisions partagées et surtout d'actions utiles, parce que c'est ça qui m'importe. Ce projet s'inscrit pleinement dans cette logique, une action publique ancrée dans le réel, attentif aux besoins des industries, de l'économie, des habitants, et tourné vers ce qui compte vraiment, le travail, la transmission des savoir-faire, la capacité à préparer l'avenir et sans oublier, bien entendu, la vie de tous les jours. Un grand merci à toutes et à tous d'avoir été des acteurs indispensables de cette belle réalisation».


Laëtitia Martinez
Vice-présidente du Conseil Régional
«On est sur un projet qui a demandé une mobilisation constante pendant plusieurs années pour pouvoir trouver le financement, identifier le lieu adéquat pour accueillir le bâtiment et la machine, mais qui montre bien qu'il y avait quand même une conviction commune, puisque ce projet autour de la métallurgie des poudres, cela a été dit, il est en résonance complète avec l'ADN du territoire.
Cet territoire, la métallurgie, l'industrie, mais aussi l'innovation sont des éléments profondément du territoire creusotin et plus largement, bien sûr, de la Bourgogne-Franche-Comté.
C'est, oui, un centre d'excellence à l'échelle nationale qui ouvre ses portes ici au Creusot, ici en Bourgogne-Franche-Comté et au milieu de ce qu'on attend dans cette plateforme des recherches qui seront conduites, puisqu'on aura de l'expérimentation, de la modélisation, de la simulation, mais Frédéric Bernard vous le présentera bien évidemment tout à l'heure.
On a quand même des résultats importants qui sont attendus derrière cette plateforme Calypso, avec plus de publications et de brevets, avec des objectifs d'augmenter le nombre d'enseignants-chercheurs et de chercheurs sur ce sujet, sur ce domaine de recherche qui est la métallurgie des poudres, le nombre de laboratoires impliqués, le nombre de partenaires internationaux, et d'étudiants.
Comme cela a été dit par David Marti, l'avenir de la métallurgie, en tout cas c'est une position qui est complètement partagée par celles et ceux qui sont scientifiquement bien plus experts que moi pour pouvoir le définir.
On est sur un projet d'attractivité, un levier pour le territoire au travers de cette plateforme, financé aussi par les fonds européens, et c'est important de pouvoir le rappeler, et ce sont des fonds européens qui viennent faire écho à la stratégie européenne d'innovation.
On a ici encore au Creuseau une nouvelle pépite qui va venir se déployer, la preuve de l'innovation, et encore une fois rassemblant l'ensemble des acteurs !»



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