
Le Président de Départements de France, à l’invitation d’André Accary, est venu faire le point sur la situation financière des départements. La Gironde est sous tutelle et d’autres ont leurs caisses pour ainsi dire vide… La menace est importante.

L’heure est grave pour les conseils départementaux à qui des charges nouvelles ont été imposées, sans les compensations financières adéquates. En clair, l’Etat s’est déchargé sur les départements sans mettre les moyens.
Président du conseil départemental de Côte-d’Or, mais surtout Président de Départements de France, François Sauvadet a fait le point sur une situation périlleuse, vendredi matin, à Mâcon, devant les conseillers départementaux.
C’est évidemment André Accary qui a introduit le sujet : «Cela fait 3 ans que tu tires la sonnette d’alarme sur la crise financière ; C’est inquiétant sur la plan éco et explosif sur la plan social !
3 ans que nous compensons. On a un sentiment d’abandon, mêlé à la colère, nombreux à ne pas accepter l’inacceptable. Certains départements sont dans le précipice.
La Gironde voit sa situations s’aggraver, je pense à l’Aisne et aux Ardennes. Une soixantaine de départements sont en difficultés.
Il faut arrêter les bricolages comme l’a dit Lecornu.
Je compte sur Départements de France pour ne rien lâcher. Le premier Ministre a reconnu que les départements sont la première strat, notamment pour le médico social et la santé.
Oui la strat est la bonne, proche du terrain.
Nous avons signé deux résolutions, pour l’aide à l’enfance et pour la rénovation et le financement des politiques sociales».
François Sauvadet poursuit : «Nous sommes la collectivité de la proximité. On nous présente comme la collectivité des solidarités. Mais tout le monde sait que nous sommes des grands aménageurs du territoire. 390.000 kilomètres, 100.000 ponts. L’incertitude politique génère l’instabilité économique.
Les sorties du RSA sont plus compliquées et les entrées plus nombreuses. Plus personne ne peut dire «on ne savait pas».
Il faut qu’on sorte un budget, qui ne sera pas parfait. Mais pas de budget, toutes les avancées tombent à l’eau.
Tout le monde commente le match. Nous, les départements, nous sommes face à une explosion sociale, face au vieillissement… Il faut apporter des réponses durables. Mais aussi une explosion du handicap. Pour le transport du handicap, on est passé d’un million à quatre millions.
Le problème c’est que l’accélération est extrêmement rapide. L’objectivation de la donnée, c’est la clarification».
Et le Président de Départements de France de poursuivre : «Il y a 10 ans la dépense sociale, c’était 54% aujourd’hui c’est 65 à 70%
On compte travailler sur les deux pieds, le social et l’aménagement du territoire.
On a pris 6,5 milliards de dépenses en plus. 54 départements sont en-dessous du seuil d’alerte.Il faut renoncer à toute dépense nouvelle. On nous appelle à participer sur des dépenses qu’on nous a imposées.
La Gironde est sous tutelle. Si on ne maîtrise pas le volume de dépenses sociales et si on n’a pas de ressources supplémentaires, ça ne va pas durer longtemps.
On est au bord d’un écroulement de notre système. Il faut les 600 millions du fond de sauvegarde.
De la Gironde on pourrait passer à une quinzaine de départements l’an prochain.
On parle de la suppression des départements… Mais comment l’Etat va reprendre demain des dépenses qu’il ne finance pas aujourd’hui.
J’ai un vrai sujet : Quelle France on veut pour demain ? Des territoires abandonnés comme les quartiers ?
J’invite les parlementaires à faire attention sur leurs décisions.
Tout ce qu’on fermera on ne le rouvrira pas.
380.000 agents sont au services des départements.
Il est légitime que la CSG finance le social ; solide et pérenne.
Pour la santé : En Saône et Loire vous avez préfiguré ce que sera demain. Enfin concernant la réforme des ARS : Vous avez vu la bronca…»
Alain BOLLERY