
Les députés ont voté, ce jeudi 11 juin, en deuxième lecture, «pour la nationalisation des activités françaises du numéro deux mondial de l’acier». Soutenue par les partis de gauche, la proposition de loi a été rejetée par le gouvernement et la droite. Le RN s’est abstenu. Le texte doit être à nouveau examiné par le Sénat. La direction nationale d'ArcelorMittal et donc d'Industeel, réagit par communiqué. Cela alors que Sébastien Martin doit se rendre à Imphy ce vendredi après-midi, sur le site d'APERAM.
Communiqué de la direction d'ArcelorMittal France :
«ArcelorMittal prend acte du vote ce jour à l’Assemblée nationale.
Contrairement à ce qui est repris par certains médias, ArcelorMittal rappelle que ce texte va poursuivre la navette parlementaire entre les deux chambres, sous réserve que des groupes l’inscrivent à l’ordre du jour, et tant qu’il ne sera pas voté en termes identiques par les deux chambres.
Sur le fond, la position d’ArcelorMittal n’a pas changé depuis plusieurs mois : l’entreprise considère toujours que l’idée de nationaliser ArcelorMittal France serait une fausse solution.
Ces derniers mois, l’Union européenne a pris des mesures clés pour défendre l’acier européen, notamment en limitant les importations déloyales par le dispositif des contingents tarifaires (TRQ), qui entreront en vigueur au 1er juillet prochain, et en instaurant le 1er janvier dernier le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), dont la réforme est en cours. Ces mesures contribuent à redonner enfin des perspectives à l’ensemble des producteurs d’acier européens.
C’est notamment ce qui a permis à ArcelorMittal de confirmer, le 10 février dernier, son premier investissement majeur de décarbonation européen. C’est la France qu’ArcelorMittal a choisie pour cet investissement de 1,3 milliard d’euros : la construction d’un four électrique a été lancée à Dunkerque, pour produire à partir de 2029 de l’acier avec trois fois moins de CO2.
Faire partie d’un groupe mondial solide et bénéficiaire permet à nos sites français de bénéficier de ces investissements majeurs. Entre 2020 et 2025, et hors cet investissement de 1,3 milliard d’euros à Dunkerque, ArcelorMittal avait déjà investi 1,7 milliard d’euros en France.
Parmi les investissements récents en France ces trois dernières années :
- Une nouvelle unité de production d’aciers électriques à Mardyck (Nord), en cours de démarrage, le plus important investissement d’ArcelorMittal en Europe depuis 10 ans hors décarbonation : 500 millions d’euros
- Une coulée continue verticale au Creusot (Saône-et-Loire) qui a réalisé sa première coulée en mai 2026 : 52 millions d’euros
- D’importants travaux de rénovation à Dunkerque et à Fos en 2025 : plus de 300 millions d’euros
- Un four poche qui a démarré en 2024 à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) : 76 millions d’euros
etc.
De plus, nationaliser ArcelorMittal France, et ainsi séparer cette société du reste du groupe, ne pourrait qu’aggraver brutalement leur situation. Aujourd’hui, nos sites en France résistent parce qu’ils font partie d’une organisation européenne optimisée, qui sert des clients eux-mêmes organisés à l’échelle européenne ou mondiale.
Sans les clients en Europe, sans les autres sociétés d’ArcelorMittal à qui nous livrons notre acier, nos sites seraient en bien plus mauvaise posture.
ArcelorMittal produit de l’acier en France et continue à produire de l’acier en France».
(Photo Aciérie du Creusot
© Photo Alain BOLLERY
Le Creusot de l'Ibtérieur)