Avec le plan Choose France for Higher Education, le gouvernement entend
mettre fin aux «exonérations massives» des droits d’inscription des
étudiants venant de pays situés en dehors de l'Union européenne.
L'organisation étudiante considère qu'il s'agit de «la mise à la porte de l’université de milliers d'étudiants de Bourgogne».
Communiqué de la Fédération étudiante de Bourgogne inter-associative du 22 avril 2026 :
Ce lundi 20 Avril, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a dévoilé son plan “Choose France for Higher Education” : une mesure révoltante visant à multiplier par seize les frais d’inscription universitaires pour touTEs les étudiantEs extracommunautaires de Bourgogne. Dissimulé derrière un nouveau nom, ce plan accentuera encore davantage l’exclusion de plus de 2500 étudiantEs de Bourgogne, exclusion déjà amorcée dès 2019 avec le plan au nom ironique « Bienvenue en France ». La FEBIA dénonce un plan dangereux, discriminant et incohérent.
Ce plan, réaffirmant à nouveau l’objectif d’atteindre les 500 000 étudiantEs étrangerEs venant étudier en France, propose pourtant d’augmenter leurs frais d’inscription annuels à 2 895 € en licence et 3 941 € en master.
Le plan “Bienvenue en France” de 2019 prévoyait déjà la possibilité pour les universités de mettre en place ces frais différenciés. Pour autant, depuis, l’Université Bourgogne Europe avait renoncé à les appliquer malgré le sous-financement chronique dont elle souffre, refusant de faire peser le désengagement étatique sur les étudiantEs étrangerEs.
Les annonces de lundi visent à mettre fin aux possibilité d’exonérer collectivement - c’est-à-dire permettant de ne quasiment pas mettre en place - qui existaient jusqu’alors au profit d’une possibilité complexe d’exonération individualisée. Chaque situation pourra donc, selon les situations individuelles, être étudiée au cas par cas pour bénéficier d’une exonération, impliquant des ressources humaines que notre université n’a pas du fait de sa sous dotation.
Cette situation met ainsi des étudiantEs en grande difficulté, qui ne pourront simplement plus payer leurs frais d’inscription en Bourgogne.
La FEBIA dénonce cette mesure qui remet en cause le principe d’universalité de l’accès aux études supérieures en Bourgogne et plus globalement dans l’enseignement supérieur et la recherche en France. La généralisation des frais différenciés constituerait une barrière majeure, traduisant un choix assumé de mettre à la porte de nos universités les étudiantEs extra-communautaires, pourtant essentielLEs à la richesse culturelle, scientifique et économique du territoire et du pays, et qui sont tout bonnement des étudiantEs à considérer comme les autres quoi qu’il en soit.
Alors que les étudiantEs extra-communautaires sont déjà excluEs du système de bourses étudiantes, qu’ils représentent 80 % des bénéficiaires de notre épicerie solidaire (AGORAé), ces milliers d’euros supplémentaires leur seront simplement impossibles à assumer. Le sous-financement de l’Université Bourgogne Europe par l’État ne peut pas être compensé par ces étudiantEs déjà à bout de souffle. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans une série de mesures récentes, comme la suppression de leurs APL dès juillet ou encore le doublement de leurs frais de visas.
La FEBIA appelle en urgence au retrait de ce projet xénophobe de frais différenciés et plaide pour la mise en place d’un accompagnement renforcé pour les étudiantEs extra-communautaires en France, déjà confrontéEs à de grandes difficultés financières. Sans réponse rapide et concrète des pouvoirs publics, une mobilisation générale des étudiantEs s’organisera dans les prochaines semaines, afin de défendre un accès équitable à l’enseignement supérieur pour toutes et tous.