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> Bourgogne Franche comte > BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE
08/07/2024 08:40
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EDITO : Le temps des mathématiques modernes

Sortir la calculatrice pour trouver la bonne solution. Pas si simple… Mais il va bien falloir faire République et Nation. C'est le message envoyé par les électrices et les électeurs.
174 députés pour le Nouveaux Front Populaire… 156 pour Ensemble le parti présidentiel… 143 pour le RN et ses alliés… 66 pour LR et les divers droite… 18 pour les divers gauche… et 20 autres non classés… Ce sont les derniers chiffres sortis des urnes pour le second tour des élections législatives.
Pas besoin d’être passé par l’ENA pour comprendre qu’il n’y a aucune majorité absolue. Pour mesurer que la majorité relative obtenue par le Nouveau Front Populaire est très relative. Car il n’a pas fallu attendre le soir du second tour pour comprendre qu’entre ses membres s’il y a des convergences, il y a aussi des divergences.

Alors ? Alors la logique voudrait que le Président de la République appelle un Premier Ministre du NFP ! Oui mais de quel parti ? LFI ? PS ? EELV ? Ca ne va pas être simple de trouver quelqu’un qui plaise aux autres, qui soit accepté ou acceptable.
Une coalition est-elle possible ? Entre «impossible», «faisable», «souhaitable» et autres qualificatifs entendus depuis quelque temps, une chatte a du mal à retrouver ses chats.
Une chose est certaine, Monsieur Bardella va devoir attendre au moins jusqu’en 2027 pour aller à Matignon. A moins que d’ici une grosse année le Président de la République provoque une nouvelle dissolution et que l’on vote à la rentrée de septembre 2025.
Question : Qui y a intérêt ? Le RN qui se croyait prêt en ce mois de juillet, avant d’être pris par une forme de panique non avouée, en disant le surlendemain ce qu’il avait dit la veille ou l’avant-veille, espère plutôt capitaliser en 2027.
«Ce soir c’est la République qui a gagné !» a fortement et justement déclaré François Rebsamen, dimanche soir, sur le plateau de F3 Bourgogne. La République doit être le ciment de tout ce qui va se tramer, puis de décider, dans les jours et les semaines à venir.
Pour constituer une majorité relative forte qui tienne la route, des élus de bords différents vont devoir s’entendre sur un «programme commun». Les plus anciens se souviennent de celui de 1981. Aujourd’hui ce doit être autre chose, pour l’intérêt de la Nation. Car finalement l’élection de ce dimanche 7 juillet a fait Nation, puisque les extrêmes ne l’ont pas emporté, alors qu’au lendemain du 30 juin, médias et sondeurs nous annonçaient une majorité absolue pour Madame Le Pen et Monsieur Bardella.
Oui mais voilà, les Française et les Français ont horreur qu’on leur impose quelque chose. Le Présidente de la République, en leur imposant des élections législatives avant les vacances d’été, a joué avec les allumettes. Il n’a pas été loin de mettre le feu. D’ailleurs certains se sont brûlés. On écrit bien brûlé et non pas carbonisé. Car en politique on ne meurt jamais. Reste que d’ici le 14 juillet, au plus tard, il va bien falloir mettre la France en état de marche, même à petits pas. Le temps est donc venu des mathématiques modernes. Quand moins et moins font plus… Quand un plus un plus un ne font pas forcément deux ou trois. Bref il va falloir trouver la bonne arithmétique, la bonne solution. Avec pourquoi pas, un Premier Ministre et un Gouvernement chargés des affaires courantes jusqu’à la fin août. Le temps que les Républicains et les Démocrates discutent et s’entendent.
Alain BOLLERY