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22/04/2020 03:18
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EDITO : Est-ce que les militants d'ATMO sont obligés de cogner sur l'agriculture ?

Expliquer que l'air du périphérique à Paris est sans doute actuellement moins pollué que dans nos campagnes, à cause des agriculteurs, relève du scandale. ACTUALISE
L'Agribashing, qui consiste à cogner encore et toujours sur nos éleveurs et nos agriculteurs, ne fait pas relâche, même en période de confinement... Ainsi ce mardi 21 avril après-midi, un représentant d'ATMO Paris était l'invité de France Info, la radio d'informations en continu.
Ce représentant du réseau qui surveille la qualité de l'air partout en France, était là pour délivrer une information que franchement personne ne soupçonnait : A savoir qu'avec le confinement, il y a moins de pollution de l'air. Tu parles d'un scoop !
Pas besoin d'avoir fait des études supérieures pour le relever. Pas besoin d'être ingénieur pour se comporter comme un expert... Mais bon, le garçon était content, il causait dans le micro, s'adressait à la France entière. Bref un grand moment de bonheur. Pour lui et ses amis confinés et payés avec nos impôts.
Il faut croire que le confinement peut aussi taper sur le cerveau. Car ce représentant d'ATMO, élevé dans la culture de l'agribashing, de la détestation des agriculteurs et des éleveurs, a trouvé bon d'expliquer qu'il n'y avait quasiment plus de pollution de l'air en France, sauf dans les campagnes...
Car dans les campagnes, actuellement, selon lui, les agriculteurs polluent en répandant du lisier, ou des engrais chimiques. Et, poussé juste ce qu'il faut, par la journaliste, il s'est laissé aller à expliquer que oui, actuellement, il vaut mieux respirer l'air du périphérique parisien que l'air de nos campagnes. Il faut quand même oser.
Qu'on se le dise, nous qui vivons dans des territoires ruraux ou semi-ruraux, nous qui vivons dans des villes moyennes à la campagne, nous avons notre air pollué par les agriculteurs et les éleveurs. Traduction, on serait mieux à Paris, à côté du périphérique. Du coup, on se dit, qu'ils sont franchement «cons» tous ces parisiens ignorants qui ont pris leur bagnole pour filer à la campagne et échapper au coronavirus. Car à défaut d'y échapper, ils ont rejoint des territoires pollués par les agriculteurs. CQFD.
Ce qui est grave dans cette histoire, c'est qu'une radio de service public laisse dérouler des discours aussi délirants, aussi scandaleux, aussi insultants pour nos territoires et en premier lieu pour nos agriculteurs et nos éleveurs.
Mais se pose une autre question que nous osons poser : Faut-il que la Communauté Urbaine Le Creusot - Montceau continue d'apporter une subvention annuelle à ATMO Bourgogne - Franche-Comté. Oui est-ce bien nécessaire ? Car de toute évidence le réseau ATMO n'est pas dans la misère sociale. Le siège d'ATMO France se situe en effet au 7 de la rue Crillon (celles et ceux qui veulent écrire peuvent le faire), dans le quatrième arrondissement, en plein centre de Paris.
Un rapport indique que sur cinq ans, les surveillants de l'air ont englouti 70 millions d'euros... Bref, à priori, ils ne sont pas dans le besoin. Et s'ils le sont, on en connait d'autres qui le sont plus.
Alors la Communauté Urbaine Le Creusot - Montceau serait peut être bien inspirée de ne pas financer non pas un organisme qui ne fait que surveiller la qualité de l'air, mais des militants engagés. Car franchement à quoi bon payer des gens qui cognent contre ceux qui nourrissent la France et entretiennent nos campagnes ? La question mérite d'être posée. Nos agriculteurs, nos éleveurs, méritent du respect, du soutien ; pas des insultes, pas des accusations éternellement répétées, à longueur d'années par des bien-pensants qui veulent décider pour nous.
Alain BOLLERY

Communiqué de la Fédération ATMO :
La personne interviewée le mardi 21 avril 2020 sur France Info à 15h13 était Olivier Blond, président de Respire et de Rouen Respire. M. Blond n’est pas salarié d’une Association agréée de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) et pas salarié d'Airparif.

NDLR : La fédération Atmo France ne conteste pas la nature et le contenu des propos qui ont été tenus ce jour là.