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> Bourgogne Franche comte > BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE
12/09/2023 03:17
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David Marti : «Le Creusot et la Communauté Urbaine sont dans une dynamique économique et industrielle jamais connue depuis des décennies»

Rentrée politique : Dans une longue interview à creusot-infos, le Maire du Creusot aborde de très nombreux sujets. Il parle des aménagements urbains, de l’œuvre utile pour laquelle un nouvel emplacement est recherché, du cinéma, de Bernard Cazeneuve qui va revenir début novembre. Il se lâche aussi sur Olivier Faure et sur l’avenir du Parti Socialiste tel qu’il le souhaite.

La mi-mandat est aujourd'hui dépassée. Quel bilan en tirez-vous de l’action de la majorité municipale ?
DAVID MARTI : «Je rappelle que le bilan de la 1ère partie du mandat a été présenté lors d’une grande rencontre sur un jour et demi. C’était un format nouveau et le public a adhéré. Aujourd’hui, par rapport à notre programme, nous sommes à 80% de réalisations ou de choses engagées».
 
Quel a été le projet le plus marquant à vos yeux ?
«Je vais d’abord citer les aménagements urbains effectués sur le secteur Foch – Verdun et que l’on vient d’inaugurer. Les réactions témoignent d’aménagements de grande qualité. C’est vrai qu’au lancement des travaux il y a pu y avoir des inquiétudes et des questions. Mais aujourd’hui les Creusotins adhèrent à une grande majorité. Ces aménagements projettent la ville dans le futur, avec la volonté que chacun puisse cohabiter. Les piétons, les cyclistes, les voitures, tout le monde s’y retrouve pour que l’on puisse bien vivre.

Je rappelle qu’on a aussi l’objectif affirmé de réduire la vitesse en ville. On est dans la continuité de ce que l’on fait depuis plusieurs années, même si cela bouscule les habitudes. On remarque que les gens s’approprient assez vite ces espaces et son très vite dans l’acceptabilité rapidement et même dans l’adhésion. Je précise aussi, puisque les travaux viennent de débuter, que l’on est dans le calendrier pour l’écolo crèche. Ca sera la seule du département».
 
Avez-vous une date pour l’implantation de l’œuvre de Michel Granger ?
«Ce sera à l’automne. C’est en cours de finalisation. Ce sera une magnifique oeuvre et sa création va parachever l’ensemble des aménagements urbaines. On a voulu de l’ambition avec cette oeuvre. Je suis heureux et fier qu’un artiste comme Michel Granger, un homme extraordinaire de gentillesse et d’attentions, a accepté de travailler avec nous, pour une très belle réalisation de qualité. C’es une œuvre assez complexe qui nécessite un peu de temps. A l’occasion du congrès des maires, j’ai été félicité pour nos travaux».
 
Quid de l’œuvre utile ?
«Elle est toujours liée aux problèmes du pont. L’expertise est terminée. Elle a démontré une fragilité au niveau du pont. Ce n’est pas une grande fragilité. Il va falloir renforcer certains éléments, sans perturber plus que cela la circulation. Le renforcement sera pris en charge par l’entreprise. Les experts nous déconseillent d’installer l’œuvre utile sur le pont qui est très lourde. Elle ne sera donc pas installée sur le pont. On cherche une autre localisation».
 
Où en est le projet du nouveau cinéma ?
«L’architecte des bâtiments de France a demandé de redessiner l’extérieur du cinéma et cela n’aura rien à voir avec les images qui ont été présentées. Le permis de construire a été déposée et les travaux devraient débuter d’ici quelques semaines. On chemine. Je l’ai dit, ce projet est prioritaire. On chemine. Je n’ai jamais dit que ce serait facile. Mais sauf catastrophe, le cinéma ouvrira fin 2024 ou début 2025. Et le restaurant devrait avoir un calendrier concomitant. Les deux architectes travaillent ensemble».
 
Que pensez vous du nouveau format de la Foire ?
«On espère que le beau temps sera là et que le nouveau format réduit sur la durée plaira. Avec le soutien inconditionnel de la ville. Car la Foire est un événement majeur. Elle sera le dernier chapitre d’un été avec des fréquentations très bonnes des Beaux Bagages au centre aquatique.
On a eu 16.271 entrées à la piscine. C’est inférieur à 2022, mais supérieur à 2021. Cela avec un été, qui cette année, n’a pas été très bon.
C’est une très bonne fréquentation. J’en profite pour réagir à la demande Pierre-Etienne Graffard de mettre la gratuité, pendant la canicule. Elle a duré cinq jours. Alors je le dis : On n’organise pas une piscine en quelques jours, alors que les villes ont du mal à recruter des maitres nageurs et des surveillants de bassin. Je rappelle que pour la tranquillité, on fait appel à une société privée. Pour la gratuité pendant la canicule il aurait fallu réunir le conseil municipal. Ensuite il faut les moyens. Donner un accès libre et gratuit, cela voulait dire qu’il fallait recruter plus de maitres nageurs, plus de surveillants de bassin, plus de société de sécurité, plus d’agents de médiation. La surveillance n’est pas la même quand on 1000 entrées que quand on en 3000 entrées dans une journée. Je veux qu’on balance des trucs comme cela. Pierre Etienne Graffard a fait partie de l’exécutif. Il a fait partie de la majorité. Je pense qu’avant de s’exprimer dans la presse, on peut poser les questions au Maire qui apportera les bonnes réponses.
Les activités jeunesse ont un bon niveau de fréquentation. Comme le Festival des Beaux Bagages ; Au niveau de la tranquillité publique, hormis les violences urbaines, l’été a été plutôt calme».
 
Les travaux sont terminés à Jouffroy ?
«Les associations ont commencé à s’installer. On fera des portes ouvertes le 14 octobre».
 
Un bilan pour le congrès des villes de France ?
«Il s’est passé » quelque chose de fort au Creusot. Nous l’avons souhaité. La fréquentation a été très forte. Il n’y avait jamais eu autant de ministres. Et le Pacte restera comme le Pacte du Creusot. Concernant la réindustrialisation, Le Creusot restera comme un vrai exemple sur ce qui peut être fait sur le territoire».
 
Votre appréciation sur les activités de l’Hôtel-Dieu ?
«On a pu lire dans les propos de Mickaël Munier et de Stéphanie Béal, que l’activité est bonne et se développe (*). Aujourd’hui, l’Hôpital communautaire aujourd’hui, c’est l’Hôtel-Dieu. C’est un constat. Avec une complémentarité avec l’Hôpital de Montceau, qui deviendra, je l’espère, un hôpital neuf de proximité. On a sur la communauté urbaine, un hôpital qui certes n’est pas public, mais qui remplit une mission de service public. Il est ouvert à tout le territoire et même au-delà, avec la maternité. Le robot permet aussi de rayonner. C’est une chance sur le territoire communautaire».
 
Quelle est sa santé économique et industrielle ?
«Il est dans une dynamique qu’il n’a jamais connue depuis des décennies. Au niveau économique nous sommes énormément sollicités. Par des investisseurs qui veulent s’implanter, ou par des entreprises qui veulent se développer. Aujourd’hui, la communauté urbaine peut choisir les projets qu’elle veut ; Avec un prix du foncier qui ne cesse de grimper ;
On a des entreprises industrielles qui continuent de se développer, comme Matière, Framatome, Michelin, ArcelorMittal. On a une vraie dynamique sur le domaine industriel.. Aujourd’hui entreprises et collectivités ont du mal à recruter. C’est le fruit d’un travail collectif depuis des années et des années ; Les acteurs politiques du territoire ont souhaité développer, prioriser, innover et se projeter. Cela ne se décrète pas. Cela se travaille. On n’a pas de leçon recevoir de personnes qui ont un esprit étriqué et qui ne mesure pas le travail et qui osent dire que depuis 50 ans rien n’a été fait sur le territoire. On va continuer de travailler, avec une vision qui est bien au-delà des 3 ans ou de 5 ans qui viennent…»
 
Irez-vous à Frangy en Bresse le 30 septembre ?
«Non je n’irai pas. La seule fois où j’y suis allé c’est quand Bernard Cazeneuve est venu».
 
Quand vous voyez que ce n’est plus la fête de la rose ?
«La fête a perdu ses fondamentaux, comme le parti socialiste. C’est dans la même lignée».
 
Bernard Cazeneuve avait dit qu’il reviendrait…
«Oui, ce sera le 9 novembre. Il tient à revenir. Il passera une bonne partie de la journée ici. Il visitera une entreprise ici au Creusot et une sur le bassin minier. Il devrait aussi rencontrer des représentants syndicaux. Et un meeting le soir à l’ALTO. Une réunion publique qui sera ouverte à tous. Avec Bernard Cazeneuve et la Convention, on se situe dans une démarche d’ouverture, à gauche et à droite. Beaucoup à gauche comme à droite se sentent perdus. A gauche du côté de la Nupes. Bernard Cazeneuve peut rassembler la gauche de gouvernement et de dépasser les frontières. Il y a la frange macroniste, dite de gauche, qui aujourd’hui cherche une maison ; Car la succession d’Emmanuel Macron, qui ne maîtrise rien, se fait aujourd’hui à droite. Avec Bernard Cazeneuve on n’est pas dans le sectarisme ; C’est vrai aussi pour les verts, pour les sympathisants et communistes, pour le centre gauche, y compris des personnes qui ne se sentent ni à gauche ni à droite… Avec Bernard Cazeneuve on est là pour rassembler. L’extrême droite est aux portes du pouvoir. On peut l’empêcher en trouvant la meilleure forme de rassembler, avec des gens qui aujourd’hui ne vont plus voter. Les crises, sanitaire, économique, sociale, on a besoin de personnes capables d’apporter de la sérénité. Bernard Cazeneuve en fait partie».
 
Faut-il une liste aux Européennes ?
«La décision n’est pas prise. On veut rassembler. Quand on voit les divisions, on ne veut pas forcément ajouter de la division à la division. Jusqu’au bout on se battra pour rassembler. Avec les radicaux, avec les socialistes, où je suis toujours».
 
Qu’est-ce qui vous fait rester au PS ?
«C’est mon parti. Plutôt que le quitter, je préfère peser de tout mon poids pour le faire changer de l’intérieur»
 
Il faut tourner la page Olivier Faure ?
«Oui très clairement. Il n’est pas le premier secrétaire dont le Parti Socialiste a besoin. Le PS est paralysé par son fonctionnement. Avec une majorité très faible, qui verrouille et bloque tout dépassement. Le PS fonctionne sur lui-même. C’est ce qu’il ne faut pas. Je demande qu’il cesse de fonctionner sur lui-même, de se parler à lui-même et de se faire plaisir à lui-même. Il faut s’ouvrir à de nouveaux talents.
Un parti moderne n’est pas forcément incarné par quelqu’un de jeune. Mais quelqu’un peut ne pas être jeune et être dans une transformation en profondeur ; Olivier Faure n’incarne pas cela. Il faut quelqu’un qui incarne le PS dans une dimension plus grande, en faisant émerger des nouveaux talents, qui ne soient pas repoussoir. L’avenir ce n’est pas LFI. L’avenir il est ailleurs ; Bernard Cazeneuve est mille fois plus moderne qu’Olivier Faure. Et ce n’est pas non plus Mélenchon qui incarne la modernité. Et pas Ségolène, surtout pas !»
Recueilli par
Alain BOLLERY

(*) Cliquez ici pour le point sur l'Hôtel-Dieu

Des bilans communautaires dans les conseils municipaux
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Du TER au TGV
David Marti annonce que la communauté urbaine va terminer la liaison piétonne entre la gare TER et la gare TGV. Des travaux sur environ 1 kilomètre, route du Pont Jeanne Rose. Une opération qui rentre dans l’opération petites villes de demain.
 
Hub & Go
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