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14/05/2024 11:00
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Commission d’enquête : Un nouveau point de départ pour la lutte contre les narcotrafics qui ont gagné tout le pays

Jérôme Durain et Etienne Blanc, sénateurs de Saône et Loire et du Rhône ont présenté, ce mardi matin, au Sénat, leur rapport très attendu sur les narcotrafics. Incontestablement il faut changer de braquet dans la lutte contre les trafics de drogue. «Il faut faire réussir l’équipe France contre le narcotrafic» assène Jérôme Durain. Y compris, par exemple, en permettant à des Maires de demander des fermetures administratives, pour les commerces, suspectés de faire du blanchiment.
3 tomes, 1500 pages… C’est qui pèse doublement lourd. Pas uniquement parce qu’il est volumineux. Mais bien parce qu’il pose un regard fort sur les réalités du narcotrafic.
Qu’on se le dise et cela a été clairement exprimé ce mardi matin, au Sénat, il n’y a pas une ville, pas un territoire, qui est aujourd’hui épargné par les trafics de drogue. C’est ce que le Président Jérôme Durain, et le rapporteur Etienne Blanc, ont pu mesurer pendant les six mois de leur mission d’enquête.
C’est ainsi, les villes et territoires où on en parle le plus, où la confiture est la plus étalée, parfois avec gourmandise, par la presse, sont des communes où policiers et gendarmes sont les plus impliqués contre le trafic de drogue.

Ce mardi matin, on n’a pas vraiment parlé du cannabis qui est aujourd’hui beaucoup trop consommé par les ados. Non le vrai sujet ce sont les drogues qui rapportent le plus d’argent, à consommer par la cocaïne, sans oublier le risque majeur des drogues de synthèse.
«Nous avons découvert l’ampleur, l’enracinement, les risques d’un fléau qui menace notre pays. Il faut une vision globale et non pas des mesures par ici ou par là», a dit le Sénateur Jérôme Durain en introduction de la conférence de presse.
En ne manquant pas de préciser le chiffre d’affaire de la drogue en France est évalué entre 3 et 6 milliards d’euros. «On parle d’un tsunami blanc !» alerte l’élu bourguignon.
Au-delà du rapport compte rendu complet d’une collecte abondante et fouillée fruit de six mois de travail sur le terrain, Jérôme Durain (Parti Socialiste) et Etienne Blanc (Les Républicains), au nom et à l’unanimité des 23 membres de la commission, ont formulé des propositions très concrètes. Sur le statut du repenti, sur la lutte contre la corruption, sur le blanchiment…
Mais les deux Sénateurs l’ont clamé haut et fort : Il faudra des moyens importants. Humains et techniques face à des trafiquants qui eux en ont. CQFD.
Alain BOLLERY 
(Photos Alain BOLLERY)
(à Paris)

Le compte rendu complet plus tard sur creusot-infos


Les 3 principales recommandations de la commission d’enquête


1. Faire preuve de lucidité sur la nature du narcotrafic et le traiter pour ce qu’il est : une menace pour les intérêts fondamentaux de la nation
o    Donner sa juste place au renseignement dans la lutte contre le narcotrafic
o    Mettre les moyens au niveau de la menace avec un véritable plan d'urgence pour les services d'enquête et les juridictions
o    Se donner les moyens de la sécurité dans les outre-mer, aujourd'hui sacrifiés, et dans les infrastructures portuaires et aéroportuaires
o    Endiguer la corruption liée au narcotrafic, notamment la corruption dite - à tort - de « basse intensité», en caractérisant les atteintes à la probité et en créant les conditions de l'incorruptibilité dans la sphère publique comme dans la sphère privée

2. Frapper le « haut du spectre » et ne pas limiter la lutte à des opérations d'ordre public de type « place nette»
o    Mettre la procédure pénale à la hauteur des enjeux en créant un dossier « coffre » et en facilitant le recours aux techniques spéciales d'enquête
o    Faciliter le recours aux « repentis », sécuriser le traitement des sources par les services d'enquête et créer une nouvelle infiltration « civile »
o    Lutter de manière implacable contre tous les blanchiments
o    Taper les trafiquants au portefeuille en systématisant les enquêtes patrimoniales, en instaurant un gel judiciaire de leurs avoirs et en créant une confiscation sans condamnation pénale
 
3. Structurer enfin l'action des services en charge de la lutte contre le narcotrafic
o    Faire de l'Office antistupéfiants une véritable « DEA à la française » en lui donnant une pleine autorité sur les services de terrain chargés de la lutte contre le narcotrafic (police, gendarmerie et douane)
o    Créer un parquet national antistupéfiants pour spécialiser et incarner la lutte contre le narcotrafic dans la sphère judiciaire
o    Se doter d'une véritable stratégie nationale en revoyant à la hausse les ambitions du « plan stups » rénové