
Selon l'INSEE, au troisième trimestre 2025, l’activité économique de la
région se replie dans quasiment tous les secteurs. La zone d’emploi de
Montbéliard enregistre la plus forte progression annuelle du taux de
chômage.
Malgré les incertitudes politiques, la France présente actuellement une croissance modérée. Néanmoins, en Bourgogne-Franche-Comté, la timide amélioration de l’activité économique au printemps ne se confirme pas au troisième trimestre 2025.
Quel que soit le secteur d’activité, l’emploi salarié est stable ou en baisse. L’intérim et la construction perdent à nouveau des effectifs. L’emploi dans l’industrie continue de s’éroder. Le taux de chômage augmente sur un an. Toutefois le recours des entreprises à l’activité partielle est moins fréquent et les impayés de cotisations Urssaf sont à un niveau bas.
Croissance sans emploi de l’économie française
Au troisième trimestre 2025, la France a rejoint la dynamique de reprise observée en Europe, avec une croissance de +0,5 % cet été, permise par la soudaine levée des contraintes d’offre dans l’aéronautique. D’ici la fin d’année, l’activité ralentirait un peu (+0,2 %). Pour 2025, la croissance française atteindrait ainsi +0,9 %. En 2026, elle se stabiliserait au premier semestre à +0,3 % par trimestre.
Toutefois, cette légère embellie conjoncturelle ne se traduirait pas par une amélioration de l’emploi. Le nombre d’alternants poursuivrait sa baisse entamée cet été. À la mi-2026, l’emploi salarié serait stable sur un an, et l’emploi total n’augmenterait que du fait des non-salariés. Le taux de chômage s’élèverait à 7,8 %.
Au 3e trimestre 2025, l’emploi salarié continue de baisser en Bourgogne-Franche-Comté
Le regain de croissance de l’été 2025 ne se retrouve pas en Bourgogne-Franche-Comté. Au troisième trimestre 2025, l’activité économique de la région, mesurée par les heures rémunérées, se replie dans quasiment tous les secteurs. Elle se situe ainsi légèrement en dessous de son niveau d’un an auparavant (-0,5 %).
Avec 989 400 emplois fin septembre 2025, les effectifs salariés diminuent de nouveau dans la région (-0,3 %) après le léger rebond du trimestre précédent. Au niveau national, l’emploi est quasi stable depuis 2024. Mais les perspectives de recrutement des entreprises se sont dégradées pendant l’été, et demeurent inférieures à leur moyenne de longue période.
L’emploi dans le secteur privé diminue de nouveau dans la région comme au niveau national, avec respectivement -0,4 % et -0,3 %. Il est au mieux stable ou en baisse quel que soit le secteur d’activité. L’ampleur de ce repli s’explique en partie par la baisse en trompe-l’œil de l’emploi dans l’agriculture. En effet le calendrier des vendanges, particulièrement précoces en 2025, a entraîné un nombre inhabituellement faible d’emplois dans le secteur à la fin septembre. Dans le secteur public, l’emploi est stable alors qu’il continue de progresser en France.
Dans ce contexte, presque tous les départements perdent des effectifs ce trimestre. Le Jura et la Haute-Saône sont les seuls à s’approcher d’une quasi-stabilité de leur emploi (-0,1%). La Côte-d’Or enregistre un net repli de son emploi dans l’intérim (-7,4 %) et la construction (-1,0 %), en plus du recul dans l’agriculture. En effet, les départements viticoles comme la Côte-d’Or mais aussi la Saône-et-Loire sont particulièrement touchés par l’évolution de l’emploi agricole.
L’intérim et la construction perdent à nouveau des effectifs
L’embellie observée dans l’intérim et la construction au deuxième trimestre ne se confirme pas au troisième trimestre. Ces deux secteurs perdent à nouveau des effectifs. L’intérim enregistre une baisse plus marquée (-1,9 %) que dans la construction (-0,2 %). Les effectifs intérimaires se replient dans tous les secteurs à l’exception du commerce et de la fabrication de biens d’équipements.
Dans le bâtiment, les entrepreneurs sont moins optimistes sur leurs perspectives d’activité qu’au printemps. L’emploi dans les activités immobilières continue de diminuer ce trimestre (-0,9 %) et n’a jamais été aussi bas depuis plus de 20 ans. Néanmoins, quelques signaux permettent d’envisager une amélioration dans les prochains trimestres : le nombre de logements mis en chantier progresse pour la première fois depuis plus d’un an, quand le nombre de permis de construire reste bien supérieur à celui de 2023 et 2024.
Entre légères baisses les trimestres précédents et quasi stabilité ce trimestre (- 0,1 %), l’emploi dans l’industrie continue de s’éroder lentement. Il demeure ainsi à un niveau particulièrement bas. La baisse continue de l’activité dans l’industrie automobile, très présente dans la région, pèse sur l’emploi dans la fabrication de matériels de transport. Le secteur perd plus de 600 emplois au troisième trimestre (-0,8 %). L’industrie agro-alimentaire est le seul secteur industriel à gagner nettement des emplois (+0,6 %). Au niveau national, l’emploi dans l’industrie se replie aussi mais depuis moins longtemps que dans la région, et reste au-dessus de son niveau d’avant-crise.
Par ailleurs, l’emploi dans le commerce est stable cet été, après trois trimestres de diminution. Le secteur profite d’une hausse de la consommation des ménages en biens hors alimentation et d’une légère diminution du taux d’épargne.
Les services marchands hors intérim perdent des effectifs. Seuls l’hébergement-restauration, les services financiers et les services aux entreprises sont stables. L’emploi dans les services non marchands ne progresse pas en Bourgogne-Franche-Comté alors qu’il reste en hausse en France. Le net repli des effectifs dans l’administration publique (-0,6 %) et dans l’hébergement médico-social (-0,4 %) contrebalance la hausse dans l’enseignement (+0,9 %).
Le taux de chômage augmente sur un an
Au troisième trimestre 2025, le taux de chômage s’établit à 6,9 % de la population active en Bourgogne-Franche-Comté, contre 7,7 % en France. Il est quasi stable dans la région par rapport au trimestre précédent (+0,1 point) mais en hausse sur un an (+0,3 point).
Le chômage évolue peu ce trimestre dans la quasi-totalité des départements de la région. Seule l’Yonne enregistre une légère augmentation de son taux de chômage (+0,2 point) ce trimestre. Sur un an, la hausse est particulièrement sensible dans le Doubs (+0,5 point). Ce département cumule des difficultés dans l’industrie automobile et un moindre dynamisme du travail frontalier. Dans ces deux départements, le taux de chômage est proche du niveau national. Le Territoire de Belfort demeure le seul département à enregistrer un taux supérieur (9,3 %).
Plus localement, la moitié des zones d’emploi de la région ont un taux de chômage en hausse sur un an, et les autres sont stables. La zone d’emploi de Montbéliard enregistre la plus forte progression annuelle (+1,0 point). Elle a également le taux de chômage le plus élevé de la région (11,3 %). À l’inverse, la zone d’emploi de Beaune demeure la moins exposée de la région avec un taux de chômage de 4,3 %, stable sur un an.
Parallèlement à la baisse de l’emploi et à la hausse du chômage, les défaillances et les plans de sauvegarde de l’emploi progressent. Au troisième trimestre 2025, environ 500 procédures collectives (sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation judiciaire directe) ont été ouvertes dans la région durant l’été. Le nombre de défaillances d’entreprises progresse de 7,0 % en un an, le niveau du troisième trimestre 2024 étant particulièrement bas.
Le nombre d’emplois menacés progresse également : près de 1 500 salariés travaillent dans une entreprise faisant l’objet d’une procédure collective, soit +3,4 % sur un an. Par ailleurs, les ruptures de contrat de travail envisagées dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) augmentent nettement entre janvier et septembre 2025 par rapport à cette même période en 2024 : 50 PSE (+38,9 % en un an) avec près de 2 000 ruptures de contrat envisagées (+28,9 % en un an). Le commerce et l’industrie représentent sept PSE sur dix et neuf ruptures de contrat envisagées sur dix.
Certains signaux toutefois positifs pour les entreprises
Au troisième trimestre 2025, les autorisations d’activité partielle se replient plus fortement dans la région qu’au cours des trimestres précédents. Elles diminuent en particulier dans l’industrie et le commerce. Ce dispositif permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité, tout en compensant en partie la perte de salaire de leurs salariés. Le maintien de l’emploi et des compétences au sein des entreprises doit leur permettre de redémarrer plus rapidement leur activité le moment venu.
De même, fin septembre 2025, les taux d’impayés de cotisations Urssaf restent relativement bas, témoignant d’une bonne situation financière des entreprises. Les impayés des entreprises privées implantées en Bourgogne-Franche-Comté atteignent 55,92 millions d’euros. Rapportés aux cotisations dues, le taux d’impayés s’établit à 0,8 % pour l’exercice 2025. Ce niveau, stable par rapport à la même période l’an dernier, demeure inférieur au taux national (1,1 %).
Ce taux global masque des disparités sectorielles. Les secteurs de la construction et de l’hôtellerie-restauration affichent traditionnellement des taux plus élevés, respectivement 1,9 % et 2,1 %, toutefois en légère baisse par rapport à l’année précédente. À l’inverse, le commerce et l’industrie présentent des taux faibles proches de 0,7 % fin septembre 2025, en légère hausse. Enfin, les services, qui concentrent la majorité des cotisations attendues, enregistrent le taux le plus bas et en recul : 0,6 %.
Bénédicte Piffaut (Insee), Émilie Vivas (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), Jeanne-Clémence Andrey (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales de Bourgogne), Isabelle Wehr (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales de Franche-Comté)
Communiqué
