
Le sujet a encore fait débat ce vendredi après-midi au conseil départemental : La gauche s’est opposée au vote d’une subvention à l’aéroport de Dole. André Accary a justifié avec force le soutien de la Saône-et-Loire, notamment pour mieux appréhender les feux de forêt. Et il a dit ne pas écarter que Jérôme Durain revienne sur le refus de Marie-Guite Dufay.
Si l’aéroport de Dole n’est pas utilisé par une majorité des habitants de Saône-et-Loire qui prennent l’avion, il l’est par contre pour les ressortissants portugais qui retournent régulièrement au pays. Mais ce n’est pas pour eux que le conseil départemental de Saône-et-Loire a accepté d’être dans le tour de table pour soutenir, pour ne pas dire sauver un aéroport jugé stratégique par le conseil départemental de Côte-d’Or (droite), celui de Saône-et-Loire (droite) et par Dijon Métropole (gauche), quand le Conseil Régional, sous la Présidence de Marie-Guite Dufay, avait lui refusé.
Les lignes peuvent elles bouger ? Pour ce qui concerne l’opposition de gauche en Saône-et-Loire, c’est non. Par contre, le Président André Accary est convaincu que Jérôme Durain, président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, peut évoluer et revenir à la table.
Alain BOLLERY
Elisabeth Roblot
«Le rapport 402 concerne la signature de la convention cadre de partenariat 2025 2027 avec l’Aéroport Dole Jura ainsi que l’attribution d’une subvention de 150 000 euros pour les années 2025, 2026 et 2027,
Permettez moi de revenir sur l’historique de ce dossier.
Tout d’abord si les collectivités ont été sollicitées par nos collègues du Jura, c’est tout simplement parce que la région Bourgogne Franche-Comté, présidée à l’époque par Mme Dufay, a décidé de se désengager de cet aéroport, considérant que ce n’était pas un équipement structurant important pour le territoire.
C’est alors que plusieurs collectivités sans aucune hésitation ont décidé d’être partenaire pour cet équipement. Je veux citer le conseil départemental de la Côte-d’Or, le conseil d’agglomération du Grand DOLE et la métropole de Dijon présidée par Mr Rebsamen
Alors, j’entends déjà les critiques :
ce n’est pas sur notre territoire - ce n’est pas à nous de financer
Je rappelle quand même que nous parlons d’un équipement régional. L’aéroport de Dole-Jura n’est pas un équipement du seul département du Jura.
L’aéroport de Dole, ce sont plus de 100 000 passagers, des liaisons vers le Portugal, le Maroc, la Corse et un développement vers d’autres destinations européennes dans les mois à venir (Tunisie – Nice – bordeaux …)
Il est situé à un point stratégique entre Dijon et Besançon et bénéficie donc à l’ensemble de la région, y compris à la Saône-et-Loire
C’est un véritable levier économique et touristique
Un levier pour le tourisme d’affaires
Un facteur d’attractivité pour les entreprises, car vous le savez comme moi, une entreprise regarde deux choses :
L’accessibilité
La connectivité
Sans cela, les territoires décrochent.
Cet aéroport est un véritable enjeu d’aménagement du territoire
Enfin, et je terminerai là-dessus en insistant très clairement sur ce point.
Cet aéroport joue déjà un rôle dans les dispositifs de sécurité civile
Il accueille des vols sanitaires
Mais surtout, il est au cœur d’un projet de pélicandrome interrégional
Cela signifie :
• des moyens aériens mobilisables rapidement
• une capacité d’intervention renforcée
• une meilleure protection de nos forêts et de nos communes
Soyons lucides : avec le changement climatique, les feux ne sont plus un risque lointain. Nous l’avons vu ces dernières années malheureusement.
Refuser d’investir aujourd’hui, c’est prendre un risque pour demain.
Le département du Jura ne peut pas assumer seul cet équipement.
Deux solutions s’offrent à nous, soit chacun se replie, soit on construit ensemble.
Refuser cette subvention, ce serait :
• affaiblir notre attractivité
• pénaliser nos entreprises
• et prendre des risques pour la sécurité
André ACCARY et sa majorité vous propose un choix clair :
• celui de l’attractivité
• celui de la solidarité
• celui de la protection
D’après les informations que je détiens, il semblerait qu’une collectivité soit en train de revoir le dossier et pourrait revenir à la table des négociations pour sa participation financière. Je ne peux que le souhaiter.
En attendant, je vous propose donc mes chers collègues d’attribuer une subvention de 150 000 € pour les années 2025 2026 et 2027 au département du Jura, au titre de sa participation au fonctionnement de l’Aéroport Dole, Jura et d’autoriser, Monsieur le président à signer la convention cadre de partenariat 2025 2027.
Nadège Cantier
«Vous proposez au vote pour la seconde fois une convention de financement du fonctionnement de l’aéroport de Dole-Jura.
Rappelons qu’en juin 2024, une convention 2024-2027 avait été adoptée : elle prévoyait un financement de 155 000 € annuel de la part du Département. Ce n’est qu’en mars 2025, en vous questionnant que nous avons appris qu’aucun versement n’avait été fait et que les autres partenaires n’avaient pas encore voté la convention.
Ce rapport corrige le tir, en prévoyant 150 000 € de financement sur 3 ans, après que les collectivités partenaires (CD 21, Métropole de Dijon et la Communauté d’agglomération du Grand Dole) aient finalement voté leur contribution.
Nous opposons les mêmes arguments à ce projet qu’en 2024 : le financement d’un équipement qui ne profite qu’à une poignée de nos habitants (1% de la population) ne nous apparait pas prioritaire, surtout quand on sait que dans le même temps, vous réduisez les aides en direction des publics les plus fragiles (Fonds d’aide aux jeunes, Fonds de solidarité logement, soutien aux foyers des jeunes travailleurs…), vous diminuez de près de 10 M€ les dépenses de personnels (soit plus de 200 postes), vous limitez votre soutien à l’ingénierie territoriale… Autant d’actions qui, elles, contribuent à la vie quotidienne de nos concitoyens.
Alors que nous faisons partie des 30 départements les plus fragiles, nous n’avons pas le luxe d’utiliser l’argent public pour un aéroport qui se trouve en dehors de notre département et en dehors de nos compétences.
Vous nous parlez de développement de l’activité de l’aéroport avec des nouvelles destinations à venir, mais la vérité, c’est qu’aujourd’hui, cet aéroport, qui n’a jamais trouvé son équilibre financier, est maintenu sous perfusion par des financeurs publics et par les impôts de nos habitants. Jusqu’à quand allons-nous le porter à bout de bras ? Au prix de quelle politique départementale ?
Vous avancez le soutien de l’activité touristique : mais, au vu des destinations proposées et projetées, on est plutôt sur du soutien à l’activité touristique des AUTRES territoires. Les destinations proposées (Corse, Maroc, Portugal) profitent avant tout aux départs en vacances des habitants, et non à l’attractivité de notre territoire.
Vous évoquez le renforcement de la plateforme pour des activités de sécurité civile : nous disposons déjà de l’aéroport de Saint-Yan, sur notre territoire, qui remplit cette fonction.
Enfin, permettez-nous de souligner une profonde inéquité dans la répartition de l’effort financier. Les habitants de Saône-et-Loire représentent moins de 10 % des passagers, mais notre contribution est équivalente à celle de la Côte-d’Or, qui en représente 33 %, ou du Doubs, avec 22 %. Autrement dit : nos habitants contribuent à part égale à un équipement qui bénéficient massivement à nos voisins.
Vous l’avez compris, nous n’avons pas changé de position sur le financement de l’aéroport Dole-Jura. Nous voterons donc contre cette contribution inéquitable et superflue».
André Accary
«On parle d’une infrastructure qui existe. Si on ne regarde pas plus loin que le bout de son nez, on ne voit as qu’avec de nouvelles orientations technologiques, avec une aéronautique propre, les choses vont changer.
Pour garder cet aéroport, il faut mettre la main à la poche. Je suis convaincu que la région va changer d’optique. Elle l’a fait pour l’école d’ambulancier. Le nouveau Président a un regard différent. Je pense qu’il va comprendre l’utilité de soutenir.
En regardant plus loin que le bout de son nez, on a obtenu que Dole soit une base de pré dispositionnement de moyens pour intervenir sur les feux de forêt. Vous serez peut-être bien contente, dans notre département de Saône-et-Loire qui compte 230.000 hectares de forêt, d’avoir des moyens pouvant intervenir rapidement ;
De manière temporaire nous soutenons cet aéroport. Vous avez pris l’exemple de Saint-Yan, mais il ne peut pas servir de pré dispositionnement. Le soutien est de toutes les tendances politiques confondues. Le Président de la Métropole de Dijon n’est pas de droite. En Côte d’Or, les élus de la minorité ont aussi voté. Pensez à l’avenir. Dole permet d’intervenir sur tous les départements du Grand Est».