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09/05/2023 03:17
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Bernard Fontana : «Le Creusot, Framatome et le nucléaire sont indissociables»

«J’aime Rochette, j’aime Le Creusot, j’aime les usine et j’aime le nom de Framatome…» 
Président directeur général de Framatome, Bernard Fontana s’est rendu au vernissage de l’exposition des peintures de Raymond Rochette, à l’Hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé, à côté de Paris. Il s’est confié à creusot-infos pour dire son amour de l’œuvre du peintre, autant que du Creusot et de ce que représente Framatome. Il annonce d’ailleurs avoir décidé de relocaliser, au Creusot, un centre d’essai qui se trouvait en Allemagne.
Il est d’un naturel plutôt discret. Il accorde peu d’entretiens et lors de la récente visite d’Agnès Pannier Runacher, au Creusot, le 2 mars dernier, ses propos s’étaient voulus plutôt sobres. Il a le ton posé et les grandes déclarations ce n’est pas son genre. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir le propos précis, sobre, pragmatique et réaliste.
Il a répondu aux questions de creusot-infos, après avoir posé un regard passionné sur les tableaux d’usine signés Raymond Rochette et qu’il a découverts avec Florence Amiel. Car cette exposition, il ne voulait surtout pas la rater… Parce que Framatome c’est Le Creusot et parce que Rochette c’est Le Creusot.



Qu’est-ce que vous aimez dans l’œuvre de Raymond Rochette ?
BERNARD FONTANA : «J’aime ses tableaux d’usine, parce que j’aime les usines. J’aime parcourir des ateliers et encore plus ceux de Framatome au Creusot, notamment la Forge. Raymond Rochette a peint les racines de Framatome au Creusot. Il a immortalisé Le Creusot et son histoire, ses racines. Pour Framatome, tout a commencé au Creusot… En ce sens, l’œuvre de Raymond Rochette est vraiment unique».
 
«Moi je suis fier d’être Framatome»
 
C’est pour cela que vous avez acheté une toile mise aux enchères chez Drouot à Paris ?
«Oui c’est vrai. Quand Florence Amiel m’a informé que le tableau, qui se trouvait à l’Hôtel Restaurant de la Petite Verrerie, au Creusot, était vendu aux enchères, je me suis dit qu’il fallait l’acheter. Et aujourd’hui il est en bonne place dans le campus de Framatome au Creusot. C’est important de montrer qu’il y a une histoire.
Je le répète c’est une œuvre unique et elle est multiple au regard de tout ce qu’il a peint, avec ce regard sur les usines. Dans ses tableaux il y a ce qui compose l’usine, une usine. Avec Raymond Rochette, il y a l’usine et les hommes.
Moi je suis fier d’être Framatome et fier de cette histoire, de son histoire ! Quand Emmanuel Macron, alors Ministre, était venu au Creusot, alors que l’on était attaqué, je lui avais dit que les employés du Creusot étaient des professionnels !»
 
«Tout le monde a fait face»
 
Avez-vous eu peur que l’histoire s’arrête, quand l’usine du Creusot, s’est retrouvée attaquée et accusée ?
«On est toujours plus fort quand on est fier et respectueux de son passé. C’est vrai que Le Creusot a souffert, mais il a fait face. Tout le monde a fait face. La direction, les collaborateurs, les syndicats. Quand vous avez le professionnalisme, l’histoire, la volonté, alors il faut faire front. La vérité c’est que Le Creusot est sorti plus fort de cette épreuve. Ce site a puisé dans son histoire pour mieux rebondir».
 
Reprendre le nom de Framatome, c’est une agence de com qui vous l’a suggéré ?
«J’avais racheté le nom de Framatome à AREVA. Je pense que c’était le bon choix. Reprendre le nom de Framatome cela avait du sens, parce que l’histoire a commencé au Creusot avec Framatome. Quand dans l’entreprise des gens ont su qu’on reprenait le nom de Framatome, certains ont pleuré».
 
«On a décidé de ramener au Creusot, un centre d’essais qui se trouvait en Allemagne»
 
Vous êtes très attaché à cette identité. Pourquoi cela est-il si fort ?
«Mais parce que Le Creusot, Framatome et le nucléaire sont indissociables, c’est l’histoire. C’est pour cela que nous investissons massivement. Comme, par exemple, dans ce nouveau four qui a circulé dans les rues du Creusot, comme je l’ai vu sur creusot-infos.
On investit aussi au niveau du centre technique, puisqu’on a décidé de ramener, au Creusot, un centre d’essais qui se trouvait en Allemagne. C’est là que l’on travaillait sur le programme Juliette et on rapatrie tout au Creusot. C’est le sens de la souveraineté nationale. Mais on investit aussi à Saint-Marcel et à Chalon sur Saône».
 
«Etre et rester la référence mondiale sur le nucléaire»
 
Framatome au Creusot doit-il travailler exclusivement pour le nucléaire ?
«Déjà il faut bien faire le nucléaire civil. On est là pour cela et on le démontre au quotidien. Mais il ne faut pas oublier que l’on travaille aussi pour la défense, pour le nucléaire militaire. Pour les deux, nous avons des exigences de qualité qui nous tirent vers le haut.
Maintenant si nos équipements sont disponibles pour autre chose, pour assumer des commandes pour d’autres clients, oui l’usine du Creusot peut répondre à de la diversification. Mais la priorité des priorités reste le nucléaire. Civil et militaire. Framatome veut être et rester la référence mondiale sur nucléaire».
 
Vous recrutez massivement. Comment séduire vos collaborateurs de demain ?
«Il faut s’ouvrir. Comme on l’a fait à Saint-Marcel on aura prochainement au Creusot des portes ouvertes. Elles seront ouvertes aux jeunes».
Recueilli par Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)

 
Florence Amiel et Bernard Fontana à l'Hôpital militaire Bégin à Saint-Mandé


Bernard Fontana avec Agnès Pannier Runacher, le 2 mars, lors de la visite au Creusot