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17/04/2023 03:17
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Attaques du loup en Saône-et-Loire : «Qui pratique la démagogie ? Qui ment ?»… «Est-ce un crime de ne pas vouloir la prolifération du loup» demande creusot-infos 

France Nature Environnement Saône-et-Loire, Creusot Montceau Terreco, et Autun Morvan Ecologie, ont formulé des allégations dans leur dernier communiqué, que creusot-infos ne peut pas laisser sans réaction et sans réponse.
«En Saône-et-Loire, comme ailleurs, nous restons fortement mobilisés pour que la démagogie et les mensonges cessent…»
Cette affirmation est la conclusion du communiqué que creusot-infos a mis en ligne vendredi (cliquez ici) au sujet des attaques du loup en Saône-et-Loire. Ces quelques mots signés France Nature Environnement Saône-et-Loire, Creusot Montceau Terreco, et Autun Morvan Ecologie, ont interpellé un certain nombre de fidèles internautes, dont des éleveurs, et ont évidemment interpellé creusot-infos directement.

Car ces mots portent atteinte à notre honnêteté, à notre déontologie et à notre probité, comme un certain nombre d’ailleurs d’autres éléments du communiqué de ces associations écologistes.
 
Car de quoi s’agit-il ?
Nous ne sommes pas dupes et nous n’entendons pas nous laisser accuser sans rien dire et donc sans réagir.
Reprenons d’abord les choses dans l’ordre : Avant Pâques, quatre attaques ont eu lieu contre des bovins charolais et une cinquième contre des moutons, au Breuil, et à Ecuisses. Nous avons évidemment rendu compte de ces attaques du loup aux portes du Creusot, au nom du devoir d’information.
Quand un autre média, dans sa seule édition locale, a posé la question de savoir s’il s’agissait d’une attaque du loup ou de chiens, oui creusot-infos a clairement écrit et, sans ambiguïté, qu’il s’agissait d’attaques du loup.
 
Pourquoi ? Pour trois raisons !
La première est que l’un des éleveurs victime d’une attaque sur ses bovins nous a indiqué que les fonctionnaires d’Etat de l'office français de la biodiversité lui avaient clairement dit que les attaques étaient imputables au loup. Jusqu’à preuve du contraire, une semaine après, les agents n’ont pas adressé de droit de réponse à creusot-infos, pour s’inscrire en faux contre notre article relatant les propos des éleveurs.
Seconde raison : Les photos adressées par les éleveurs et attestant, ce qui n’a pas été démenti, que ce sont bien de traces du loup qui avaient été relevées.
Troisième raison, ainsi que nous l’avons écrit dès le samedi 8 avril, le Préfet de Saône-et-Loire, Yves Seguy, ce même jour, avait délivré une autorisation de tirs de défense. Et dès samedi soir, c’est-à-dire en plein week-end de Pâques, des Louvetiers, qui sont des chasseurs assermentés, ont été positionnés sur des lieux définis, dans la Région du Creusot. Précisons que si le Préfet avait autorisé des tirs de défense, c’est bien parce c’est le loup qui était suspecté et pas des chiens. Car, de mémoire d’éleveurs, on n’a pas encore vu, dans la Région des chiens provoquer des blessures aussi importantes à des bovins charolais.
 
Après notre premier article, nous avons mis en ligne deux interviews. Celle de Bernard Lacour, président de la Chambre d’Agriculture de Saône et Loire et celle de Frédéric Brochot, éleveur charolais et vice-président du conseil départemental de Saône et Loire, en charge de l’agriculture.
Les propos de Bernard Lacour, comme de Frédéric Brochot, étaient incisifs et posaient plusieurs sujets, puisque c’est la première fois qu’en Saône-et-Loire, une série d’attaques du loup ont concerné des bovins, dont un de 400 kilos, dans le berceau de la race charolaise. Ce qui était inédit.
Avec une affirmation, non dénuée de sens, sur le thème que les éleveurs travaillent pour nourrir la population et pas pour nourrir le loup. Qui pour le contester ?
 
Près d’une semaine après nos trois articles, France Nature Environnement Saône-et-Loire, Creusot Montceau Terreco et donc Autun Morvan Ecologie, nous ont donc adressé un communiqué, par mail. Il a été envoyé le 13 avril à 21h23 (voir copie d’écran) et mis en ligne le 14 avril à 3h08, soit moins de six heures après sa réception, sans que figurent dans le mail le nom de l’expéditeur, ni un numéro de téléphone.
 
Ce communiqué, très clairement, se voulait une réponse aux différentes publications de creusot-infos. Avec des allégations en forme d’accusation, nous accusant ni plus ni moins de pratiquer la démagogie et de mentir.
Ceci n’est pas acceptable de la part des signataires. Et il nous semble utile de le démontrer.
«Prédation des troupeaux : Stop aux contre-vérités, la situation mérite plus de dignité», ont écrit les trois associations écologistes.
Mais quelles contre-vérités ? Qu’est-ce qui était faux dans l’article de creusot-infos relatant les attaques et qu’est ce qui était faux dans les deux interviews ?
Qu’est-ce qui était indigne dans notre travail ? Est-il indigne de donner la parole à des éleveurs meurtris ? Est-il indigne d’écrire noir sur blanc les dégâts causés par le loup, à montrer les blessures en photos ? Est-ce cela qui est indigne ? Ou bien l’indignité ne serait-elle pas de ne pas dire les choses, de les cacher, de laisser planer le doute, de faire diversion ? De ne pas les écrire ? De banaliser les attaques ?
Nous sommes très clair sur le sujet : Jamais creusot-infos ne défendra le loup face aux éleveurs. Nous continuerons de défendre ceux qui travaillent et bien plus que 35 heures par semaine.
 
Les associations parlent de contre-vérités. Mais n’est-ce pas une contre-vérité que de vouloir faire croire à celles et ceux qui ne connaissent pas les réalités physiques et géographiques d’un territoire, qu’il suffit de donner des moyens de protection aux éleveurs pour se protéger ?
Posons donc des questions à ces trois associations : Connaissez-vous la grandeur des exploitations, des prairies, des pâtures ? Si oui, puisque vous donnez le sentiment d’avoir une vraie expertise, pouvez vous chiffrer à combien se monteraient la protection d’un troupeau, d’un hectare, de dix hectares, de plusieurs milliers d’hectares. Combien coûterait la protection de tous les élevages dans la seule Saône-et-Loire qui compte plus de 500.000 bovins charolais ?
Laisser croire que cela est possible, c’est cela la démagogie, c’est cela le maniement de contre-vérités.
Les larmes sur la gravité de la situation pour les éleveuses, sonnent comme des larmes de crocodiles.
Nous ne vous dénions pas le droit de défendre le loup et de démontrer son rôle dans la biodiversité. Vous en avez le droit. C’est le sens même de la démocratie. Mais on a aussi le droit de ne pas penser comme vous ; car cela fait des décennies que nos territoires se portaient très bien sans le loup.
 
Non ce n’est pas un crime de ne pas penser comme les défenseurs du loup. On a le droit de penser différemment. On a le droit de faire preuve de bienveillance pour les éleveurs, de leur donner la parole quand ils sont meurtris. Le droit d’aller voir et constater la détresse d’un troupeau qui a subi une attaque.
On peut comprendre que des éleveurs n’ont pas envie de voir leurs troupeaux attaqués, décimés, meurtris durablement par le loup.
Si vous voulez vous en convaincre, allez rencontrer ces éleveurs, vous pourrez alors mesurer leur détresse.
Alors au-delà des explications que vous donnez dans votre communiqué, au-delà de la justesse de certains de vos propos sur la biodiversité, nous n’acceptons pas d’être accusé de pratiquer la démagogie. Nous n’acceptons pas que l’on nous accuse de mentir. La démagogie ce n’est pas nous. Le mensonge ce n’est pas nous.
Notre métier, notre mission, c’est l’information. La plus large possible, y compris avec la publication de propos auxquels nous ne souscrivons pas. Mais pas de procès en sorcellerie et en tout cas, pas de vous.
Alain BOLLERY

Cliquez ici pour lire notre article sur les attaques du loup aux portes du Creusot

Cliquez ici pour lire l'interview de Bernard Lacour

Cliquez ici pour lire l'interview de Frédéric Brochot

 (photo d'archive)