Ces dernières semaines, le nombre de foyers d’Influenza aviaire
hautement pathogène (IAHP) a augmenté sur le territoire national en
particulier en façade atlantique. Dans ce contexte, le ministère de la
Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, le
ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté
alimentaire, Santé publique France (SpF) et l’Agence nationale de
sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
(Anses) renforcent leur coopération dans la prévention, la surveillance
et la lutte contre les virus IAHP et réévaluent le risque pour la santé
humaine.
Les virus influenza aviaires circulent depuis plusieurs
années à l’échelle internationale principalement chez les oiseaux
sauvages et volailles domestiques. Ces virus peuvent se transmettre
occasionnellement à l’être humain, on parle alors de grippe aviaire. Au
cours des dernières années, plusieurs centaines de cas ont été déclarés
dans le monde mais aucun n’a pour l’heure été identifié en France. Par
ailleurs, aucun cas de transmission interhumaine n’a été observé dans le
monde.
Réévaluation de l’analyse du risque pour la santé humaine
Actuellement,
les virus influenza aviaires circulent activement à l’international et
en Europe. Le nombre de foyers d’IAHP en élevages de volailles augmente
rapidement en France (plus de 60 élevages concernés au 27 novembre) et
dans les pays voisins. Il se situe à des niveaux supérieurs à ceux
observés à la même période au cours des deux années précédentes. Les
oiseaux migrateurs représentent un risque important de diffusion du
virus. Par ailleurs, ces virus peuvent également infecter des
mammifères. Ainsi en France quatre renards et une loutre ont été trouvés
infectés récemment. Du fait de l’intense circulation des virus IAHP en
France et au sein de plusieurs espèces animales, le risque d’exposition
humaine s’accroît. C’est pourquoi Santé publique France, l’Anses et
l’Institut Pasteur ont réalisé une analyse du risque sanitaire. Il en
ressort que le niveau de risque est estimé à « faible » pour la
population générale et « faible à modéré » pour les personnes les plus
exposées, en particulier les personnes travaillant au sein d’élevages de
volailles.
Mesures de prévention en élevages
Le niveau
de risque vis-à-vis de l’IAHP en élevages a été placé à son plus haut
niveau le 22 octobre dernier, ce qui permet d’imposer des mesures de
biosécurité renforcées dans les élevages, telles que la mise à l’abri de
volailles. Des mesures complémentaires ont été mises en place dans les
départements actuellement les plus touchés (Vendée, Loire-Atlantique,
Maine-et-Loire et Deux-Sèvres) pour limiter la diffusion du virus au
sein des élevages de canards et de dindes.
Mise en place depuis
octobre 2023, la vaccination obligatoire en France pour les élevages de
plus de 250 canards a pour objectifs de réduire le nombre de foyers
d’IAHP en élevages de canards, mais aussi de contribuer à limiter la
pression virale et réduire ainsi le nombre de foyers pour d’autres
espèces de volailles.
La surveillance étroite de l’état de santé des
animaux en élevage vise à détecter le plus précocement possible la
maladie et prendre les mesures de gestion adaptées. Prévenir les foyers
d’IAHP en élevage, c’est limiter le risque de diffusion du virus au sein
de la population générale.
Renforcement de la surveillance en santé humaine
En
parallèle, les autorités sanitaires et le ministère de l’agriculture
étendent à l’ensemble du territoire la surveillance active de la grippe
aviaire (SAGA) chez les personnes exposées aux virus afin de pouvoir
confirmer, de manière précoce, d’éventuels cas humains et mettre en
place les mesures de gestion adaptées.
En parallèle et par mesure de
précaution, l’ensemble des professionnels de santé ont été sensibilisés
pour détecter rapidement tout cas humain.
Rappels de la conduite à tenir
Pour
les professionnels exposés à des animaux ou à un environnement
contaminé par un virus influenza aviaire, il est essentiel de se
protéger en portant des vêtements de protection, un masque de protection
respiratoire, des lunettes ou visière et des gants étanches, et de se
laver les mains après contact.
En cas d’apparition de symptômes,
même légers (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, toux et
essoufflement, conjonctivite), dans les 10 jours suivant l’exposition,
il est recommandé de :
• Prendre immédiatement attache avec
un médecin en lui précisant avoir été en contact avec des animaux
infectés ou suspectés de l’être, afin qu’il prescrive un test PCR grippe
;
• Dans l’attente des résultats, appliquer les gestes
barrières à savoir port du masque, lavage des mains fréquent, aération
régulière, désinfection des surfaces, etc. pour éviter d’autres
infections humaines ou de contaminer son environnement.
La
vaccination contre la grippe saisonnière pour les professionnels exposés
à des animaux est fortement recommandée et prise en charge par
l’Assurance maladie. Cette vaccination protège les professionnels contre
le virus de la grippe saisonnière. Ainsi, en cas d’exposition à un
virus aviaire, le risque de co-infection est limité, ce qui contribue à
réduire le risque d’émergence d’un nouveau virus influenza, d’origine
aviaire, mais ayant acquis à partir du virus saisonnier des
caractéristiques facilitant l’infection des humains ou la transmission
interhumaine.
Cette année, au-delà des professionnels des filières
aviaires et porcines, les vétérinaires, les agents des directions
départementales de protections des populations se déplaçant sur les
exploitations et les personnes mobilisées dans le cadre du réseau SAGIR
(surveillance des maladies de la faune sauvage) sont invitées à se faire
vacciner. L’Assurance maladie et la Mutualité sociale agricole (MSA)
sont en charge d’envoyer des bons de vaccination à l’ensemble de ces
professionnels.
Pour rappel, il est fortement déconseillé à la population de toucher des animaux sauvages morts ou malades.
Si
la situation nationale et internationale nécessite de la vigilance,
nous pouvons réduire le risque d’infection humaine. Pour cela les
mesures de protection doivent également être respectées par l’ensemble
des personnes susceptibles d’être en contact étroit avec des oiseaux et
mammifères infectés.
Pour en savoir plus :
•
Conduite à tenir en cas d’exposition à risque et d’apparition de symptômes •
Fiche Maladie Grippe aviaire •
Tout ce qu’il faut savoir sur l’influenza aviaire •
Influenza aviaire : les risques sanitaires actuels pour les animaux et les humains