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GILETS JAUNES DU PONT JEANNE ROSE : Les conflits d'intérêts dans le viseur d'une quarantaine de personnes

13/04/2019 17:30Lu 5059 fois
Dans une ambiance festive au rythme de parodies de chansons anti-Macron, les Gilets Jaunes sont toujours mobilisés et remontés contre les conflits d'intérêts qui accompagneraient le monde de la République en Marche.
Situés à distance raisonnable du rond-point du Pont Jeanne Rose, ils étaient une quarantaine de Gilets Jaunes ce samedi en début d'après-midi après avoir partagé le repas tous ensemble et avoir reçu la visite d'une équipe de journalistes pour la réalisation d'un film sur le mouvement de contestation.
Ce matin, certains d'entre eux ont rencontré le député Raphaël Gauvin au local du bureau creusotin du Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP). Les Gilets Jaunes ont présenté leurs doléances au député de Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines "sans grand espoir d'être entendus et écoutés". "Nous avons dit au député ce qu'il s'était passé samedi dernier lors de l'action précédente et notamment la répression et la confiscation du drapeau tricolore par les Gendarmes" nous ont précisé les leaders locaux du mouvements. Des leaders qui ont également interpelé le député Gauvain sur la polémique née par la nomination de la femme de Gilles Le Gendre, le patron des députés La République En Marche, comme directrice de la communication et du développement durable du groupe FDJ (Française des Jeux).
"Nous lui avons dit qu'il y avait un curieux mélange des genres et un possible conflit d'intérêt alors que la femme de Gilles Le Gendre était membre d'une administration publique auparavant. On gagne donc mieux sa vie dans le secteur privé et dans une entreprise dont on vient d'annoncer la privatisation et auquel le patron des députés marcheurs a pris part au vote" se sont étonnés les Gilets Jaunes au député Gauvain.
Mais pour Pascal Guillemoz du MNCP, "les conflits d'intérêts ce n'est pas qu'à Paris, c'est aussi au Creusot. Comment un élu creusotin par ailleurs président d'une association qui reçoit de grosses subventions de la part de la mairie du Creusot peut-il nommer son fils Directeur de l'association. N'y a-t-il pas conflit d'intérêts ? Ne doit-on pas avoir une certaine déontologie ? Soit on démissionne de son mandat de conseiller municipal, soit on démissionne de son poste de président d'association" a précisé le secrétaire départemental du MNCP.
 Et de poursuivre "il y a un choix à faire quand on est élu et président d'association, c'est une question d'honneur et s'il en avait il aurait démissionné. Mais ceci est l'apanage des élus LREM car de l'honneur ils en ont pas beaucoup ce sont des opportunistes" a encore ajouté Pascal Guillemoz qui aime répéter qu'il est un homme libre et apolitique.  Et chez les Gilets Jaunes, on relève la déontologie "sélective" de certains, "ils ont été élus au Creusot avec une étiquette socialiste et ils sont passés En Marche, ils ne respectent pas ceux qui les ont élus. Certains ont une double ou une triple casquette, nos élus doivent être exemplaires" a-t-on encore entendu parmi les rangs des Gilets Jaunes.
Profitant de cette allusion à peine cachée et de l'inauguration récente de la dernière attraction du Parc des Combes, des Gilets Jaunes ont évoqué une de leur cible préférée, Rémy Rebyrotte qui "jappe de loin mais qui ne vient jamais. Il peut dire à l'inauguration d'une attraction que les chiens jappent et que la roue continue de tourner, mais quand il s'agit de venir discuter avec les citoyens, il n'y a plus personne" déplorent certains.
Ils sont donc toujours là, mobilisés et déterminés à continuer de de retrouver chaque samedi pour que l'on n'oublie pas leur combat.