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Clément Hélias, le jeune creusotin qui avait ému Emmanuel Macron, a reçu la médaille de Meilleur Apprenti de France

28/02/2019 09:00Lu 10109 fois
Clément Hélias, actuellement en BTS chaudronnerie au lycée Léon Blum, a été décoré de la médaille d’or des Meilleurs Apprentis de France, ce mercredi à Paris.
« Malgré ma dyslexie, j’avance dans la vie en me donnant des objectif et en me forgeant un mental. » Cette phrase, Clément Hélias l’a prononcée devant Emmanuel Macron, le 7 février dernier. Elle avait ému le Président, puis la France entière. Une phrase qui prend encore tout son sens, ce mercredi 27 février.
A 19 ans, Clément Hélias, en BTS chaudronnerie au lycée Léon Blum, vient de décrocher la médaille d’or de Meilleur Apprenti de France. 

Il y a trois semaines, à l’occasion de la venue d’Emmanuel Macron à Etang-sur-Arroux, Clément avait prit la parole devant les 4000 jeunes présents. Il avait évoqué sa dyslexie, ses difficultés, mais aussi sa détermination pour exercer le métier qu’il aime. Une prise de parole qui a marqué les esprits.
« Je ne m’attendais pas à ce que mon discours provoque autant de réactions, s’étonne-t-il encore. Le jour même, de nombreux médias m’ont contacté, puis j’ai eu des messages d’anonymes. Plus de 900 sur Facebook ! ».

Ce mercredi, les projecteurs sont à nouveau braqués sur lui. C’est à Paris, dans le prestigieux Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, qu’il a été décoré de la médaille d’or des Meilleurs Apprentis de France. « C’est vraiment un honneur d’obtenir cette médaille, c’est le fruit de trois ans de travail. Mes professeurs m’ont transmis leur savoir-faire, je suis fier de les représenter aujourd’hui. »

130 heures de travail pour une pièce

La médaille de Meilleur Apprenti de France (MAF) récompense les jeunes artisans de la France entière. Cette année, 317 jeunes se sont distingués dans 95 métiers différents : coiffure, cuisine, mécanique, joaillerie… Pour Clément Hélias, c’est la chaudronnerie. Une passion qui le suit depuis de longues années : « Ça m’est venu tout petit, à l’âge de 10 ans. J’ai un voisin qui m’a appris à travailler la ferraille. Puis il m’a offert un poste à souder et je ne l’ai jamais lâché ! ».

Mais décrocher cette médaille n’a pas été chose simple. Sur les 5469 apprentis inscrits, seuls quelques uns ont retenu l'attention du jury. Clément s’est démarqué grâce à une pièce de chaudronnerie, complexe, technique, composée de nombreux éléments géométriques. « Il m’a fallut 130 heures de travail. La pièce a été exposée pendant quelques mois, mais maintenant je la garde dans ma chambre bien au chaud ! »

Une devise : « Train hard »

Il aura fallut du travail donc, mais aussi de la détermination. « J’ai perdu mon ami Antonin dans un accident cet été, raconte Clément Hélias avec émotion. On avait une devise tous les deux, c’était « train hard », travaille dur. Cette devise elle me suit partout. »

Une devise qui le pousse à relever de nouveaux défis : « Côté sport, je veux faire un Iron-Man, c’est un triathlon très extrême. Et côté professionnel, après la médaille de Meilleur Apprenti de France, j’aimerais décrocher celle de Meilleur Ouvrier de France » confie-t-il.

« Il est allé jusqu’au bout »

A la descente de l’estrade, c’est une maman émue qui accueille Clément et sa médaille.  « Je suis très fière de son travail, il a vraiment un mental d’acier, affirme Sonia Hélias. Personne n’est chaudronnier dans la famille, et encore moins meilleur apprenti de France, c’est le premier. Il avait un objectif et il est allé jusqu’au bout. » 

20 060 apprentis en Bourgogne-Franche-Comté

Clément Hélias est l’unique représentant de la Saône-et-Loire. Mais 23 autres apprentis de Bourgogne-Franche-Comté ont été récompensés.

« En tout, notre région compte 20 060 apprentis, et les chiffres ne cessent d’augmenter, souligne Franck Charlier, conseiller régional délégué à l’apprentissage. Les métiers manuels ont longtemps été mal considérés, mais les choses changent. L’apprentissage attire de plus en plus de jeunes. D’ailleurs, l’âge limite pour être apprenti à été étendu à 30 ans au lieu de 26 auparavant. Les concours comme celui-ci, c’est une fierté, c’est un signe d’excellence. Quoi de mieux pour donner envie aux jeunes ? »

Charlotte Meunier