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Visite présidentielle : André Accary, Jérôme Durain, David Marti et Rémy Rebeyrotte avaient annoncé ce qu'ils voulaient dire à Emmanuel Macron

06/02/2019 03:18Lu 4138 fois

Exclusif

André Accary : «Faites confiance aux territoires»
Jérôme Durain : «Quelles mesures concrètes pour aider les Maires à boucler leurs budgets ?»
David Marti : «Soutenez nous pour le maintien des services publics»
Rémy Rebeyrotte : «La santé, la mobilité, le numérique sont des sujets majeurs»
Ce jeudi 7 Février, Emmanuel Macron vient prendre le pouls de la jeunesse en Saône-et-Loire. Mais auparavant il rencontrera des élus à la Sous-Préfecture d’Autun. Quatre d’entre eux se sont confiés à creusot-infos pour dire ce que seront leurs messages au Président de la République.
Dans la cité bimillénaire, ce sont les Maires des chefs lieu de canton que le Chef de l’Etat a souhaité rencontrer pour des échanges forcément plus intimes que les «grandes messes» qui ont déjà eu lieu dans l’hexagone. C’est un nouvel aspect du «grand débat» que le Président de la République a souhaité pour la Saône-et-Loire.


André Accary : «Faites 
confiance aux territoires»

Le Président du conseil départemental de Saône-et-Loire est catégorique : «Je veux d’abord dire au Président de la République : Faites confiances aux territoires».
Et André Accary de détailler : «Nous les élus nous ne devons pas être contre lui, mais pour l’accompagner. Pour l’intérêt du pays, il faut que tout le monde réussisse.
Par exemple, avec le centre départemental de santé que nous avons créé, nous avons répondu à une urgence. Aujourd’hui nous avons l’expertise, avec 12.000 patients qui ont retrouvé un médecin.
Deuxièmement, face à l’urgence agricole, nous avons su être réactifs en mobilisant très vite 10 millions d’euros. Nous allons en remettre 5 au mois de mars. L’Etat a lui mobilisé 12 millions d’euros. Tout le monde a su œuvré dans le bon sens.
Troisièmement, sur le sujet de la RCEA, la confiance et l’unanimité des élus ont été déterminantes pour faire avancer le dossier avec l’Etat. La RCEA va enfin voir sa mise à deux fois deux voies se termine.
Quatrièmement, concernant la gestion des EHPAD, il suffirait que soit décidé qu’il n’y ait qu’une personne aux commandes, pour que les choses aillent mieux. Notre diagnostic doit permettre d’avoir une vision pour les 30 ans à venir. Il faut laisser le soin aux territoires de mener le dossier. Quand je dis cela, ce n’est pas pour moi, mais pour mes successeurs. La Saône-et-Loire a le plus grand nombre d’habitants de la Bourgogne – Franche-Comté, mais aussi la moyenne la plus élevée. Cette politique le département peut la porter.
Nos concitoyens veulent de la proximité. Oui je vais dire au Président, «faites confiance aux territoires, nous sommes des élus de proximité». Je suis d’ailleurs persuadé que le Président ne veut pas la suppression des départements. Il l’a dit samedi».


Jérôme Durain : «Quelles mesures concrètes 
pour aider les Maires à boucler leurs budgets»

Sénateur socialiste de Saône-et-Loire, président du groupe de la majorité au Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, Jérôme Durain, comme les autres parlementaires, ne devraient pas être invité à prendre le parole. Il a pourtant des choses à dire aux Président de la République :
«Ce grand débat se déroule dans des conditions étranges. J'espère que les questions seront sincères et pas trop dealées par avance ce jeudi à Autun. Comme parlementaire, je n'aurai pas le droit à la parole. Cela se justifie : après tout, j'ai toute latitude pour interroger le Gouvernement avec mes outils de parlementaire. Mais je trouve quand même ça dommage : je n'ai aucun outil parlementaire pour interroger l'Elysée directement. Si je devais interroger Monsieur Macron, je lui alors trois questions», déclare Jérôme Durain. Et de détailler :
Premièrement, Monsieur Macron, vous avez balayé d'un revers de la main toutes les demandes de rétablissement de l'ISF. Pourtant, les sondages, les doléances des gilets jaunes et même la signature de plusieurs dizaines de parlementaires de divers partis poussent vers ce rétablissement avec la demande d'un référendum. Comment garantir la bonne tenue du grand débat alors même que vous refusez la première revendication ?
Deuxièmement, Monsieur le Président de la République, j'ai lancé comme vous une grande consultation. Les maires de mon département qui m'ont fait l'honneur de me répondre témoignent d'un sentiment d'abandon du rural et d'une difficulté forte à boucler leurs budgets avec des baisses de DGF. Vous aviez débuté votre mandat en déclarant qu'il y avait trop d'élus locaux ; vous semblez aujourd'hui vouloir renouer avec eux par l'intermédiaire de ce grand débat. Mais quelles mesures concrètes prévoyez vous pour les aider alors que la suppression de la taxe d'habitation laisse planer le doute sur l'équilibre financier futur ?
Troisièmement, pouvez vous garantir que la loi anti casseurs que vous défendez et qui ne convainc pourtant pas au sein même de votre majorité à l'Assemblée nationale, sera sans danger pour notre pays si demain une majorité d'extrême droite vient au pouvoir ?»


David Marti : «Soutenez nous pour 
le maintien des services publics»

Le Maire de la plus grande ville de l’arrondissement d’Autun et de la seconde intercommunalité de Bourgogne, veut défendre un sujet qu’il évoque régulièrement : «Je vais concentrer ma prise de parole sur un sujet. Je vais interpeller le Président de la République sur les services publics. Face à la crise, face à la défiance manifestée à l’égard des élus et des institutions, le service public a un rôle fondamental. Prenons l’exemple du Creusot : Après avoir perdu le tribunal de prud’hommes, le tribunal de Police, nous allons bientôt perdre le tribunal d’instance. Ce sera une des conséquences de la réforme de justice. Tous les habitants de notre territoire seront obligés de se rendre à Chalon-sur-Saône. C’est 80 kilomètres aller/retour et des parkings payants. A chaque réforme nous perdons un peu de notre identité.
Deuxièmement, je veux affirmer à Emmanuel Macron qu’il faut absolument renforcer les services publics, car ils sont des amortisseurs à la crise. Mais la vérité c’est qu’avec une baisse de nos moyens, on nous demande de gérer les cartes grises, les PACS, les passeports… Je dis «Tout a ses limites». Il faut nous donner les moyens pour éviter la fracture sociale.
Troisièmement, je vais aussi dire «Donnez nous les moyens de bien rémunérer nos agents. On a réduit nos moyens, on demande plus à nos agents et ils subissent le gel du point d’indice. Il faut arrêter de le geler. Il faut permettre les évolutions de carrières. Ce n’est pas en réduisons toujours le service public que l’on règle les problèmes. La France a un modèle de service public à défendre. Il ne peut pas être remplacé par le privé».


Rémy Rebeyrotte : «La santé, la mobilité, 
le numérique sont des sujets majeurs»

Peu de villes de province peuvent se targuer d’avoir reçu en moins d’un an le Premier Ministre, puis le Président de la République. Autun si. Et le Député Rémy Rebeyrotte n’y est pas pour rien. Il n’est pas prévu que les parlementaires soient au rang des élus qui interpelleront le Chef de l’Etat, mais Rémy Rebeyrotte connaît les sujets de préoccupation des élus pour avoir été Maire et Président du Grand Autunois Morvan.
«Moi ce qui m’importe c’est le concret de nos territoires. Maintenir des formations au Lycée Bonaparte, comme la section auto. Conforter l’enseignement supérieur au Creusot et à Autun. Mener à bien le dossier de la VFCEA car c’est un enjeu extrêmement important pour notre territoire. Plus généralement nous sommes confrontés aux questions des mobilités. Et c’est aussi un problème de la jeunesse. Au sujet de la santé, il y a une exigence de conforter des services essentiels de proximité, au Creusot, à Chalon, à Autun. Tout ne peut pas être concentré dans les grandes villes», liste Rémy Rebeyrotte.
Et de poursuivre : «Les enjeux nationaux, on doit les rendre concrets sur le territoire, sur les territoires où se côtoient des zones rurales et des zones semi-urbaines, comme on peut en trouver en Saône-et-Loire. C’est la question de la santé, de la mobilité, du numérique, de la transition écologique, de l’énergie. Ce sont des sujets majeurs pour nos territoires, où les jeunesses sont invisibles depuis Paris. En ce sens c’est vraiment très bien qu’Emmanuel Macron a décidé de venir rencontrer la jeunesse dans un département comme le nôtre et non pas dans une grande ville».

Recueilli par Alain BOLLERY

3 options pour l’arrivée

On ne sait toujours par où et comment le Chef de l’Etat va rejoindre la Saône-et-Loire et Autun. 1ère option : Une arrivée par Sant-Yan puis un voyage en voiture jusqu’à la ville sous-préfecture. 2ème option : Une arrivée sur l’aérodrome d’Autun en hélicoptère, avant de rejoindre la sous-préfecture en voiture. 3ème option : Une arrivée en hélicoptère au Lycée Militaire, imposant un passage en revue des troupes, puisqu’Emmanuel Macron est le chef des armées, avant de se rendre à pied à la rencontre des élus. C’est l’option préférée par les services de sécurité. A suivre…
A.B.