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Le Creusot - Montceau : Charles Landre a pointé l'excécutif, David Marti lui a répondu «mauvaise foi»

21/12/2018 08:45Lu 1922 fois
Le débat sur le budget 2019 de la Communauté Urbaine Le Creusot - Montceau, a vu droite et gauche s'affronter.
Gilles Dutremble : «Oui il faut d'autres sources d'eau»
Charles Landre : «Nous pouvons avoir des inquiétudes sur la capacité à financer des investissements»
Jean-Claude Lagrange : «La majorité fait la preuve qu’elle sait assurer les grands enjeux de développement»
Philippe Baumel : «Une vision d'un autre siècle»
David Marti : «La proximité nous en faisons tous les jours»
«Nous avons souhaité une transparence complète sur les investissements»
Après la présentation des grandes lignes du budget effectuée par Hervé Mazurek (cliquez ici), le débat a été vif entre le porte parole de la droite Charles Landre, et la majorité de gauche. Sans véritable surprise, la droite a voté contre le budget.

Ils ont dit :


Gilles Dutremble
«Il est important de garder un équilibre en urbain et rural. Oui il faut lancer des recherches pour d’autres sources d’eau. Nous nous félicitons des initiatives en ce sens de la Communauté Urbaine»

Charles Landre
«La situation doit inviter à réfléchir, à dire que l’action publique doit être plus efficace, plus en proximité et mieux comprise.
Malgré des débats, la ligne politique que vous défendez est en décalage avec l’efficience et le besoin de proximité.  Je partage l’idée de Daniel Meunier que les Transports c’est du lien social et du soutien à la vie de tous.
Les recettes sont stables. Le recours à l’emprunt sera de plus en plus important, avec une hausse de la dette. Nous pouvons avoir des inquiétudes sur la capacité à financer des investissements. La pression fiscale a bien conduit à une augmentation des taux.
Je me suis rendu à la commission finances et nous n’avons pas pu débattre des politiques à mener. Il n’y a aucun échange sur les projets communautaires, avant qu’ils n’arrivent dans cette assemblée.
Le travail a cependant pu être mené sur la commission transport, parce que le travail a été possible avec Daniel Meunier.
Nous avons une ligne de gestion des ressources et une gestion des projets, dans l’urgence et sans ligne directrice. Ils coûtent à la communauté urbaine. C’est le cas de la villa Perrusson, cela a été le cas du Pont de la Gare, de la ZAC des Goujons où le périmètre a été divisé.
Il y a des choix que nous ne partageons pas. Il n’y a rien sur l’économie rurale, ni sur l’artisanat.
Le site technopolitain n’a pas été présenté et il est passé de 5 à 10 millions d’euros.
L’aménagement du territoire, je regrette qu’il n’y a pas de navette qui relie la gare TGV.
On est obligé de constater qu'il y a de nouvelles zones commerciales. Cela va à l’encontre du commerce rural.
Pour l’habitat vous continuez d’être dans l’étalement urbain.
Concernant l’écomusée, il n’a pas de projet et ferme deux mois sur douze.
Pour les parkings de la gare TGV, la structure n’est pas simple d’accès, ni efficace.
Je vous invite à mener une réflexion sur comment la Communauté Urbaine doit fonctionner.
L’intercommunalité, ce ne doit pas être un satisfecit permanent. L’intercommunalité est statique et ne mène pas à des résultats concrets».

Jean-Claude Lagrange au nom des groupes PS, PC et EELV
Ce budget 2019 s’inscrit dans la dernière ligne droite du mandat porté par la majorité de gauche au service de tous les habitants et des communes de la communauté.
Tous les indicateurs, cela a été rappelé par le premier vice-président, sont au vert en ce qui concerne les équilibres budgétaires :
-    Dette maîtrisée
-    Autofinancement confortable
-    Maîtrise des dépenses de fonctionnement
-    Pas d’augmentation de la fiscalité ménage depuis plusieurs années.
Cette bonne gestion comptable est avant tout politique pour garantir un niveau de services publics performants et la réalisation des investissements inscrits dans le PPI dès le début de cette mandature.
La majorité fait la preuve par ce budget primitif, malgré les difficultés extérieures, qu’elle sait assurer, sur le long terme, les grands enjeux de développement de deux agglomérations, villes-centres ou péri-urbaines, bourgs centres ou villages ruraux.
Pourtant, si nous tenons le cap, notre collectivité est chahutée par une remise en cause du soutien de l’Etat aux territoires. La baisse assumée des dotations décidée par le précédent gouvernement, a fait place au plafonnement, voire à la réduction des budgets locaux.
L’exécutif gouvernemental fait des collectivités une variable d’ajustement budgétaire avec une seule obsession : réduire la dépense publique. Mais à quel prix pour nos concitoyens et nos terres de province ?
Le malaise est profond. Il ne faut pas le sous-estimer. Il y a rupture entre les élus de proximité et le gouvernement Macron. Le message a peut-être été entendu : le président de la République a annoncé une remise à zéro des relations avec la création d’un ministère dédié. Il faudra plus que des annonces pour rétablir la confiance !
A cette crise entre institutions s’ajoute une crise climatique, économique au vu du chômage de masse persistant et, depuis plusieurs semaines, une crise sociale ouverte. Nos concitoyens demandent de plus en plus de services publics, de reconnaissance et souhaitent être acteurs des décisions qui impactent leur vie quotidienne.
Grand nombre de ces préoccupations légitimes ne relèvent pas de nos décisions dans cette assemblée. Pourtant, la communauté urbaine a fait preuve d’avant-gardisme dans sa bonne gestion de l’argent public, par sa prise en compte des questions de pouvoir d’achat : gratuité des transports scolaires, tarifs sociaux en lien avec les communes, soutien aux demandeurs d’emploi par l’insertion économique…
Seul, notre EPCI ne pourra pas répondre à toutes les doléances. Il est indispensable que communes et communauté fassent corps et s’appuient sur nos 50 années de vie commune.
Les défis climatiques et environnementaux sont une exigence à prendre en compte dans nos politiques publiques.
Agir en faveur de la jeunesse, de la formation, de l’innovation et de la recherche sont autant de pistes de réflexion pour éviter un recul de nos villes.
A côté de nos compétences essentielles (voirie, déchets ménagers, eau, assainissement, transport…), il est primordial de bâtir des villes et communes modernes, agréables, accueillantes. La communauté, dans ce sens, a toujours su réagir, se remettre en cause face aux crises économiques et industrielles, au besoin de transformation de l’habitat, à la modernisation de nos deux villes-centres, tout en garantissant un cadre de vie équilibré entre urbain et rural.
Ce budget 2019 est une traduction de qui conforte cette continuité innovante.
Je ne reviendrai pas sur les explications budgétaires, faites par l’exécutif. Je voudrais féliciter M. Macron (le directeur général des services, bien sûr !!!) et tous ses services, de l’encadrement à l’exécutant, pour cette parfaite application des orientations stratégiques au service, je le répète, des 34 communes.
Sur ce constat, Monsieur le Président, je lève le doute si besoin en était : votre majorité votera ce budget».

Hervé Mazrek répondant à Landre
Quand vous dites que l’on emprunte, vous savez bien que c’est une variable d’ajustement. Le recours cette année est moins important. En 2017 vous avez voté le compte administratif».

Philippe Baumel
«Comment peut-on douter sur ce territoire de la pertinence de l’intercommunalité qui a permis d’être un levier dans les crises, jusqu’aux soutiens européens ? C’est une vision d’un autre siècle.
Comment peut-on douter que l’action culturelle est essentielle pour notre territoire et pour son attractivité. Oui année après année, la fréquentation des sites se conforte. Ce ne sont pas des dépenses d’argent abusives. 73% de subventions pour les aménagements intérieurs à la Villa Perrusson. L’Etat va venir nous aider deux fois à la restauration.
Plutôt que la mollesse dans le ton, ayons de la fierté dans ce que l’on fait.
On fonctionne à budget constant dans le fonctionnement.  On va continuer avec le château de la Verrerie».

David Marti
«Je remercie Gilles Dutremble, car il démontre qu’il y a un esprit cohérent. C’est essentiel pour que la communauté poursuivre son développement. Le rural et l’urbain c’est l’un et l’autre.
Un des sujets qui nous préoccupe c’est la ressource en eau. Dès 2019 il y aura des propositions faites par la communauté, dans un travail que nous aurons fait ensemble.
Concernant les arguments que j’ai pu entendre de l’opposition communautaire, la communauté n’a jamais été demandeuse d’une quelconque extension. C’est l’Etat qui l’a demandée. Oui nous avions fait une proposition cohérente, avec d’autres territoires voisins. Cela n’a pas abouti contre tout aspect démocratique. Nous avons accueilli d’autres communes avec beaucoup de bonheur.
La proximité nous en faisons tous les jours. On l’a fait sur les transports, l’eau et l’assainissement.
Sur les aspects financiers, il y a de la mauvaise foi dans ce que j’ai entendu. On ne peut pas voter un compte administratif et dire que la gestion n’est pas bonne.
Concernant l’établissement public foncier, c’est le comble de la mauvaise foi. On nous reproche d’y avoir adhéré. Car une des faiblesses de la communauté était sur le logement privé. Oui il y a une taxe et nous l’avons expliqué. Il y a eu 15 acquisitions. Pour les Maires ruraux, l’EPF est essentiel, pour des acquitions, du commerce, des parkings.
Mauvaise foi quand vous dites que les autres commissions ne se réunissent pas, peut être pas suffisamment.
Depuis 2016, la commission des finances  s'est réunie 8 fois, idem pour la Qualité de la vie.
Et pour Renouveler la ville et développer le territoire, ce n'est pas suffisant.
Sur la transparence, je rappelle que l’exécutif a souhaité mettre en place des «apcp» pour avoir une transparence complète sur les investissements. Ca n’existait pas, ce n’est pas obligatoire, mais nous l’avons souhaité.
Vous parlez de dérapages. Perusson, le pont de la gare. Ils sont normaux. Car il y a des appels d’offres et nous les justifions. Mauvaise foi quand on parle de certains sujets et pas d’autres.
Nous on est fier d’obtenir des subventions, comme à 73% pour la villa Perusson, plus de 80% pour le site technopolitain.
Si vous étiez capable d’investir en baissant la fiscalité, sans subventions, ça me fait peur.
On va continuer et le contribuable ne va pas nous en tenir rigueur.
Concernant la stratégie, l’attractivité, à chaque conseil on l’explique.
En terme d’attractivité, une étude menée par l’agence d’urbanisme démontre que 70% des personnes travaillent et habitent dans la communauté. Et plus particulièrement techniciens supérieurs, ingénieurs. Sur les 30% restant, 15% habitent ailleurs et travaillent ici, ou inversement. Nous sommes à égalité avec Dijon.
Nous avons des implantations récentes et d’autres qui vont arriver. Non on n’est pas dans le satisfecit. Je ne vois pas où est l’étalement commercial, car nous avons décidé un règlement.
Dans le PLUI, il est de plus en plus restrictif.
Les arguments de l’opposition, je les entend depuis des années.
Si on avait écouté l’opposirion, il n’y aurait plus AES, pas de site technopolitain, pas de Mecateam, pas de Mach 2.
Ce territoire a besoin de travail, d’efficacité et d’humilité»