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TRANSPORT FLUVIAL : Les ports de Pagny, Chalon et Mâcon veulent miser encore plus sur le Sud

29/04/2019 03:15Lu 2019 fois
Les trois ports de Pagny, Chalon et Mâcon, au travers d’APROPORT, sont partie prenante au sein de Medlink, pour un axe de transport fluvial renforcé entre la Bourgogne et la Méditerranée.
Michel Suchaut : «Travailler avec les autres plutôt que contre»
Jean-Claude Gayssot : «On peut multiplier par trois les transports sur la Saône et le Rhône»
Il a l’enthousiasme d’un jeune premier. Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des Transports est comme un VRP quand il parle du développement du transport fluvial. Avec Medlink ports, il préside une association qui a l’objectif de booster les transports fluviaux mais aussi fluviaux maritimes de la Bourgogne – Franche-Comté au Nord, jusqu’aux ports de la Méditerranée de Sète à Toulon – le dernier à avoir rejoint l’association, en passant évidemment pas Fos Marseille.
En 2018, ce sont 103 millions de tonnes qui ont été transportés sur un axe plus en plus stratégique, via la Saône, puis le Rhône, jusqu’à la Méditerranée.
De cette situation il a été question au cours de la dernière réunion du conseil d’administration de Medlink, qui s’est tenue dans les locaux de la CCI de Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône.
Parce qu’il est le plus écologique par rapport au fer et évidemment au fret routier, le fret fluvial est de plus en plus prisé par de grands groupes. Mais surtout il présente une énorme potentialité de développement.
«C’est bien simple, sans gros investissements, on peut multiplier par trois le transport fluvial sur la Saône, puis le Rhône», assure Jean-Claude Gayssot. Il en appelle à une volonté politique et stratégique, pour «renforcer l’axe Nord Sud vers la Méditerranée».
Cela pour répondre à la nouvelle donne qui voit la Chine s’implanter là où elle le peut dans les pays méditerranéens. On sait que le Maghreb, l’Afriques, ont besoin de céréales, mais pas seulement. Il est donc important de permettre aux bateaux fluviaux – maritimes de pouvoir répondre aux nouveaux enjeux. «C’est aussi la lutte contre les gaz à effet de serre», souligne Jean-Claude Gayssot.
Medlink souhaite avoir une approche plus globale : «Il faut nécessairement renforcer les potentialités sur l’intermodalité», assène l’ancien Ministre des Transports, en soulignant combien il est important de réduire ce que l’on appelle dans le jargon les ruptures de charge, c’est-à-dire le passage plus facile d’un produit transporté par le train, à un bateau et inversement.
«N’oublions pas que Mâcon est aussi un port ferroviaire, ce qui lui offre bien des atouts et bien des potentialités», relève encore Jean-Claude Gayssot.
Selon lui l’important est de permettre le maximum de fluidité dans une approche autant logistique que de déplacement. Ainsi, des investissements sont nécessaires pour permettre de faire passer des bateaux de 2500 tonnes jusqu’au port de Sète.
Aujourd’hui, Medlink se veut un facilitateur pour tous les ports, de Pagny jusqu’à Toulon, Fos Marseille et Sète.
«Mais il y a nécessité d’aller plus loin, avec des mesures règlementaires et incitatives. Il faut que les pouvoirs publics mettent en place une politique d’encouragement. Cela peut passer par une vignette pour ceux qui traversent la France, comme il y a une vignette en Suisse pour tout le monde. En fait, il faut des mesures de bon sens et arriver à ce que les plateformes soient les plus efficientes».
Alain BOLLERY

Michel Suchaut

Président de la CCI de Saône-et-Loire
«Oui il faut faire la promotion du transport fluvial. Et en la matière, il faut faire preuve de pragmatisme. Si nous avons adhéré à Medlink, c’est parce que nous considérons qu’il faut travailler avec les autres, plutôt que contre les autres», assure le Président de CCI 71. Il en est convaincu : «Il y a des filières à organiser. Prenons l’exemple de la Saône-et-Loire. Le charbon qui arrivait par le Rhône, puis par la Saône, pour alimenter la centrale thermique de Montceau n’a pas été remplacé. Aujourd’hui les conteneurs s’arrêtent majoritairement à Lyon. Les ports de Mâcon, Chalon et Pagny, gérés par APROPORT doivent se présenter comme une alternative». Considérant que le ferroviaire perd aujourd’hui du volume, Michel Suchaut en appelle «à se regrouper et à mutualiser. L’idée est vraiment de chasser en meute. Il faut travailler ensemble, être constructifs, pour l’avenir des ports de Pagny, Chalon et Mâcon».
A.B.