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CONSEIL REGIONAL : Les élus PS dénoncent le racisme de Julien Odoul et du Rassemblement National

21/10/2019 16:30Lu 1831 fois
«Les élus du Rassemblement National veulent faire parler d’eux sur des sujets qui n’ont rien à voir avec les dossiers de la Région», accuse Jérôme Durain.
Ce lundi matin, autour de leur Président de groupe, Jérôme Durain, les élus de Saône-et-Loire de la majorité au Conseil Régional de Bourgogne, ont tenu un point presse. Nathalie Leblanc, Laëtitia Martinez, Francine Chopard, Stéphane Guiguet et Franck étaient aux côtés de Jérôme Durain.
Tous sont revenus sur l’épisode de la session du 11 octobre dernier qui a vu Julien Odoul, le leader du groupe du Rassemblement National, s’en prendre à une mère de famille qui accompagnait un groupe d’enfants venus du Territoire de Belfort et qui portait un foulard.
Une attaque qui a eu des répliques sismiques pendant plus d’une semaine,  puisque la majorité des émissions politiques télévisées du dimanche 20 octobre sont revenues sur le sujet…
Ce lundi matin, ce n’est pas une surprise, l’indignation était collective dans les rangs des élus de gauche où on a pointé l’attitude et le comportement de Julien Odoul et des troupes du Rassemblement National.
«Car il y avait mille façons d’appréhender le sujet sans créer le scandale. On aurait pu, par exemple, avoir une demande d’interruption de séance. Mais non Monsieur Odoul a préféré le coup d’éclat et sans servir comme d’un porte voix», a résumé Jérôme Durain. Et de dénoncer : «Les élus du Rassemblement National veulent faire parler d’eux sur des sujets qui n’ont rien à voir avec les dossiers de la Région».
Pour le Sénateur et président du groupe de gauche à la Région, «ça finira mal ! Car le sujet de fond, c’est bien comment on peut vivre tous ensemble. La société est multiculturelle. Dire qu’il faut revenir à une identité chrétienne, traditionnelle, c’est un mensonge. Les élus d’extrême droite veulent faire croire à une société qui n’existe pas. Ce qui nous a énormément choqué c’est la violence qui s’est ainsi manifestée. Monsieur Odoul, il est cynique. Menaces, intimidations, violences verbales. On a même craint à des violences physiques. Ce n’est pas acceptable».
Francine Chopard note et dénonce «une accélération du discours. Et ce discours est raciste. Il vise les migrants, mais aussi les syndicats. Les élus du Rassemblement National veulent créer de la peur».
Jérôme Durain ne manque pas de souligner que sur la question de la laïcité, chacun a sa sensibilité. «Mais sur ce qui s’est passé à la Région, tout le monde dans le groupe est rassemblé pour le dénoncer».
Car, pour Stéphane Guiguet, «le vrai sujet c’est la violence. Les élus du groupe, après ce qui s’est passé, on s’est tous réunis et on est resté deux heures ensemble», pour traiter de ce que Franck Charlier qualifie de «lynchage public. Et ce n’était pas qu’une histoire de foulard. Et les 51 élus que nous sommes, nous sommes tous sur la même ligne».
Les élus saône-et-loiriens ont ensuite abordé d’autres sujets de la politique régionale, à commencer par les lycées, sur lesquels Stéphane Guiguet s’était largement exprimé dans une interview à creusot-infos (cliquez ici). Mais aussi l’apprentissage, «que l’on ne pourra plus aider comme avant. Mais nous souhaitons de la cohérence, y compris sur les territoires», assure le vice-président en charge des lycées et de l’apprentissage.
Francine Chopard a elle mis en avant les 400.000 euros injectés par la Région pour les nouvelles à l’ENSAM de Cluny, les 1,178 million pour le transfert et la modernisation de l’IFSI à Chalon sur Saône.
Laëtitia Martinez pour sa part a confirmé le soutien et l’engagement de la région au bénéfice du planning familial à Chalon, «pour qu’il rayonne sur tout le territoire» ; l’engagement de la région en faveur du sport santé, le soutien à deux sportifs de haut niveau de Saône-et-Loire, à hauteur de 3000 euros pour les JO de Tokyo, à savoir à la rameuse Marie Jacquet et à la gymnaste Coline Devillard. Mais encore 150.000 euros pour les filles du basket de Charnay lès Mâcon, «car on souhaite aider les féminines comme les masculins», a souligné Laëtitia Martinez.
Alain BOLLERY