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CENTRE CULTUREL DE TORCY : Bonne continuation à Marie-Juliane Marques

12/07/2017 23:57Lu 4055 foisImprimer l’article
Marie-Juliane Marques aura passé près de six saisons entières au Centre Culturel de Torcy. Devant quitter son poste de responsable de l’action culturelle, elle avait convié fidèles artistes et acteurs de la structure à venir partager un pot de l’amitié dimanche soir dernier. Un départ que l’on regrette déjà du côté du C2.
On le sait, le week-end dernier marquait la clôture de la saison 2016-2017 du Centre Culturel de Torcy. Pour Marie-Juliane Marques, il marquait aussi la fin d’une belle aventure, puisqu’elle quittait là son poste de responsable de l’action culturelle… «La Ville de Torcy ne sait pas ce qu’elle perd, mais nous on le sait», a lâché clairement et avec une émotion ressentie Pierre Frantz, directeur artistique et musical de l’École du Spectateur. Un choeur chaleureux avait ainsi préparé des prestations dignes de l’EdS, significatives en quelque sorte du travail qui a pu être effectué au sein du C2 depuis plusieurs années qu'elle y est hébergée, grâce notamment au soutien de la chargée d’action culturelle.
Dans les rangs de l’EdS comme parmi les artistes et disons habitués du lieu, on aurait vraiment préféré retrouver Marie-Juliane Marques la saison prochaine. Elle manquera assurément à la structure mais aussi dans les projets qui avaient permis justement de faire progressivement et intensément du C2 un lieu d’échanges, d’écoute et de compréhension de l’autre, à travers une approche culturelle par tous et pour tous.
Jérémy Pinheiro, directeur du C2, n’a pas manqué de saluer cette action, de même que des artistes conscients de l’engagement déterminé de Marie-Juliane Marques montré durant ces années. L’action culturelle, la jeune femme de 30 ans originaire du Creusot y tient et compte approfondir ce champ-là, ici ou ailleurs. Elle revient sur la belle aventure vécue au C2.

Tu étais donc en charge de toute l’action culturelle au C2...
«C’est ça. Je suis arrivée au début de la première saison pour développer toutes les actions disons autour de la programmation du Centre Culturel, les actions auprès des habitants, en lien avec les écoles, en partenariat avec la Maison des Familles…»

Dans une commune de Torcy où la Culture n’était pas forcément développée, ou en tout cas pour laquelle les habitants n'avaient pas encore tous les codes, quelle a été ton approche ?
«C’est assez difficile à dire comme ça. Je ne conceptualise pas en fait. J’y vais beaucoup au ressenti, mais le fait que la structure n’existait pas, que nous avions tout à faire, tout à imaginer avec une certaine liberté, était vraiment intéressant et motivant pour aller vers les gens. Après, je crois que si l’on se tient à des valeurs et des principes de base dans les projets, ça se fait tout seul, surtout quand nous pouvons compter sur des bons artistes.»

Quel a été selon toi le principe essentiel dans le développement de cette action culturelle ?
«L’idée forte était de mélanger les publics, de tous les âges et de toutes les couleurs.»

Parmi les moments marquants que tu as pu vivre durant ces années, as-tu lancé "On l’a fait !" en voyant aboutir les projets ?
«C’est sûr. La restitution du travail avec Sébastien Foutoyet (durant le week-end de clôture) a permis à des personnes de monter sur scène et de jouer devant un public pour la première fois. C’est tout l’intérêt de nos projets menés ici : faire en sorte qu’il se crée des émotions partagées par les artistes et les habitants. Ce sont des aventures humaines, presque impensables au départ et rendues géniales par les artistes. Cédric Touzé, Florent Fichot, Jean-Jacques Bérésina… Il y a eu tant de belles rencontres ici. Avec des cartes blanches qui étaient très appréciables.»

Comment vois-tu la perception du public local par rapport à cette Culture, depuis l’ouverture du C2 ?
«Nous avons je pense amené beaucoup de gens dans cette Culture et il est même toujours étonnant de voir qu’aujourd’hui des gens sont boulimiques de ces rencontres. Quand je pense que des gens qui étaient à la base en difficulté socialement sont aujourd’hui métamorphosés, c’est surprenant. C’est positif, c’est enthousiasmant mais en même temps nous savons qu’on fait ce travail-là pour ça. C’est ce en quoi nous croyons et le fait que les projets aboutissent donne de l’énergie pour avancer. Ce sont des prouesses incroyables avec les gens. Je me souviens d’une dame des Papillons Blancs d’Autun effrayée par le contact avec autrui. Depuis le projet des Nituürs avec Les Enclumés, ce n’est plus la même personne, plus confiante en elle, plus abordable. Il a juste fallu une rencontre avec ces marionnettes, qu’elle a appris à manipuler jusqu’à aller inconsciemment au contact des autres. C’est vraiment la magie de l’art et c’est pour ça que je fais, que j’aime ce travail-là.»

Pourquoi ce départ maintenant ?
«Officiellement, mon contrat ne peut être renouvelé par la Ville de Torcy car cela fait six ans que je suis contractuelle… C’est la seule explication que je peux donner. C’est comme ça mais j’ai bien été obligée de me préparer à ce départ.»

Quel sentiment éprouves-tu sur ton action menée au C2 ?
«Franchement, je suis fière de ce qu’on a pu faire. Sans oublier que tout reste fragile. Ce qui s’est fait jusqu’ici, j’en suis fière, ce n’est pas rien, mais le boulot n’est pas terminé… Il y a encore beaucoup à faire pour préserver ce lieu de vie. Pour moi personnellement, ça s’arrête plus tôt que je ne l’aurais souhaité, à contre-coeur et pas forcément de bonne manière, mais je suis contente de ce qui a été réalisé.»

Tiens-tu à rester dans le champ de l’action culturelle ?
«Ah oui. Je pense même si possible à me spécialiser auprès d’un public. Là je touchais à tous les publics mais j’avais parfois l’impression de ne pas assez approfondir. Mon idée est d’approcher une pédagogie d’un peu plus près. Je vais en profiter pour me former, et j’aimerais intervenir auprès des enfants, dans les écoles. Je souhaite justement me spécialiser dans les interventions artistiques auprès des enfants car c’est toute une démarche à cet âge-là : comment le cerveau fonctionne, comment il génère des émotions, comment on apprend par exemple l’empathie. Je pense que savoir comment un enfant grandit et comment on peut l’épanouir permet de toucher ensuite plus efficacement le public et d'autres publics.
Pour l’instant, je pense prendre un peu de recul et me remettre à pratiquer, à l’artistique, pour lequel je ne trouvais pas forcément le temps au C2. Malgré tout, c’est sûr, j’y ai vécu des projets artistiques et humains incroyables. D’ailleurs au C2, on est là pour apprendre aux gens à se faire plaisir, à se faire confiance, à créer. C’est le grand plaisir de l’action culturelle.»

Que souhaites-tu au C2 pour les saisons à venir ?
«Tout simplement que beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes qui ne sont pas artistes à la base montent sur scène.»

Pour terminer, pourquoi selon toi raisonne-t-on encore trop souvent d’un point de vue uniquement financier quand on parle de la Culture ?
«Je pense que ce n’est même plus un problème politique aujourd’hui. Même nous citoyens, nous sommes malheureusement trop enfermés là-dedans. C’est l’argent qui gouverne et, du coup, nous n’avons pas le recul nécessaire pour se dire qu’il faut d’abord penser au social et l’humain. Car ce n’est pas l’argent qui nous rendra heureux évidemment.»
Alix BERTHIER