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Dans une interview à creusot-infos, le chef du groupe PS au conseil régional et sénateur socialiste, évoque la crise de la gauche, la crise du PS. Il répond aussi aux critiques de la droite et du centre.
Avenir du PS, République en Marche, Insoumis, pont de la gare, rue de l’étang de la Forge, Mach 2, rentrée des classes, cantines scolaires, semaine de 4 jours et demi dans les écoles, politique du Gouvernement… David Marti fait un vaste tour d’horizon dans une interview de rentrée accordée à creusot-infos.
Le Creusot pourrait accueillir un des trois pôles territoriaux pour l’embauche des médecins par le département.
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RENTREE POLITIQUE : Interview de David Marti, maire du Creusot et président de la Communauté Urbaine

30/08/2017 03:18Lu 4955 foisImprimer l’article
Avenir du PS, République en Marche, Insoumis, pont de la gare, rue de l’étang de la Forge, Mach 2, rentrée des classes, cantines scolaires, semaine de 4 jours et demi dans les écoles, politique du Gouvernement… David Marti fait un vaste tour d’horizon dans une interview de rentrée accordée à creusot-infos.
On ne vous a pas vu à la Fête de la Rose à Frangy qui a été marquée par des retours d’élus qui avait déserté l’événement bressan depuis plusieurs années…
«Oui je n’ai pas souhaité me rendre dimanche à Frangy. Je considère que c’est un rassemblement qui est avant tout bressan et qui a longtemps voulu être au service d’un courant qui a existé au PS. Très clairement, ce n’est pas la Fête de la Rose de la Saône-et-Loire, c’est pourquoi j’ai fait une proposition à la Fédération…»

Laquelle ?
«J’ai proposé un rassemblement départemental et même pourquoi pas régional des socialistes, sur le territoire de la Communauté Urbaine. Il faudrait que ce soit un rendez-vous annuel, qui s’inscrive dans le temps. Je pense que c’est avec les élus locaux que le PS peut se reconstruire. J’ai eu un accord de principe de la Fédération. Il faut ce soit en 2018. Reste à définir si on doit le faire au printemps ou à l’automne. Si j’ai formulé cette proposition, c’est parce que notre territoire reste fortement ancré à gauche et reste très socialiste».

Comme François Rebsamen, vous appelez à voir les élus des territoires prendre le pouvoir ?
«C’est incontestable que les élus locaux, qu’ils soient maires de moyennes ou grandes ville, qu’ils soient présidents de conseil départemental, ou bien présidents de conseil régional, ont une vision très juste de la situation. Il faut dépasser les courants et se réunir autour de ce que l’on fait au quotidien. Personnellement je pense que la reconstruction ne doit surtout pas passer par des apparatchiks, mais par des élus en situation».

Récemment Madame Jarrot a expliqué que c’est elle qui a quitté l’exécutif de la CCM. C’est votre vision ?
«Madame Jarrot, comme souvent, a pris une posture politique. La vérité c’est qu’elle s’est mise en marge et j’ai pris la décision de l’exclure. J’ajoute qu’en matière de sectarisme, il y a les mots et les actes.
Cela-dit, nos différences ne remettent pas en cause le travail tel qu’il est mené par la majorité, avec la volonté de travailler pour tous les habitants. Les grands travaux annoncés sur Montceau, comme sur le port, en sont la preuve».

Vous sentez-vous plus proche de la République en Marche ou des Insoumis ?
«Mon engagement et mon parcours au sein du PS font que je suis progressiste et dans la branche modérée, et donc plus proche plus proche d’En Marche, ou plutôt d’une partie d’En Marche. Les Insoumis et Monsieur Mélenchon s’inscrivent dans la seule contestation. Mais la politique c’est aussi être dans la construction».

Quels seront les grands chantiers de l’année à venir, au Creusot ?
«Ce sera une année marquée par de grandes réalisations, à commencer par la reconstruction complète du pont de la gare. C’est un grand projet d’urbanisme. En effet, outre le pont de la gare, on aura un aménagement vers l’étang de la Forge, avec une voie douce et l’objectif de faire tomber des murs pour remettre en valeur l’étang».

A partir de quand la circulation sera-t-elle coupée pour le pont de la gare ?
«A partir de la fin octobre, début novembre et pour un an. J’ajoute que nous avons décidé de faire des ateliers urbains, avec une exposition à la Mairie, à l’automne. On abordera l’ouverture sur le Parc de la Verrerie, le pont de la gare et le secteur de l’étang de la Forge».

Allez-vous conserver les deux voies de circulation rue de l’Etang de la Forge ?
«Oui ! C’est vrai qu’avait été imaginé de mettre la rue de l’Etang de la Forge en sens unique. Mais après réflexion, on va bien conserver les deux voies de circulation, car elles sont importantes et stratégiques dans un sens, comme dans l’autre».

Où en est-on du chantier Mach 2
«On va poser la première du pôle santé, mais aussi la première du bâtiment tertiaire privé construit par l’entreprise ACM. On travaille sur un autre projet qui émergera en 2018. Mach 2 ça démarre physiquement et je note la réhabilitation et l’embellissement de L’Arche à côté. Personne ne peut contester que la ville est en travaux. C’est notamment le cas à la piscine, mais aussi au Lycée Léon Blum.
Il est important de souligner que ce sont des chantiers portés essentiellement par des entreprises locales, et derrière tous ces chantiers, ce sont des emplois.
Concernant le lycée, le chantier a été mené de main de maître. J’en suis très heureux, car c’est un dossier que j’ai porté quand j’étais élu au Conseil Régional. On va avoir un lycée pour ainsi dire neuf, qui cela a été affirmé, sera un des fleurons du département de Saône-et-Loire».

Pourquoi la ville du Creusot a-t-elle décidé de rester à 4 jours et demi pour la rentrée des classes ?
«D’abord je tiens à préciser qu’il n’y a pas eu un seul courrier de parents demandant un retour à quatre jours. J’ai été interpellé verbalement par des parents et j’ai répondu. Nous avons expliqué aux directions d’écoles pourquoi nous restons à quatre jours et demi. On se laisse le temps de réflexion d’une année, car ce qui compte avant tout c’est l’intérêt de l’enfant. Je ne dis pas qu’on ne va pas revenir à quatre jours. Mais on va se concerter, dresser un bilan. La décision prise pour l’année scolaire 2018/2019 sera annoncée avant les vacances de printemps».

La ville du Creusot continue-t-elle de conserver un tarif inchangé pour les cantines ?
«Oui et cela doit être pour la dixième année consécutive. Cela a un coût pour la collectivité, mais c’est un choix assumé. Le temps méridien est important pour les enfants».

Comme se présente cette rentrée scolaire 2017 ?
«Bien. Oui il y a des réorganisations. Par des choix assumés et d’avenir, comme la fermeture de la Mouillelongue. Mais la maternelle du Tennis est redynamisée et avec elle l’école de la Pépinière. Comme chaque année, suivant un programme précis, nous avons investi notamment dans de nécessaires travaux de sécurisation, mais aussi avec des achats de mobilier. Le tout va être officiellement présenté et détaillé avant la rentrée».

L’été a été marqué économiquement par le dossier Franceole. Quel regard portez-vous ?
«C’était redouté, car les difficultés étaient connues. On a tout fait pour que soit maintenue cette activité, mais les clients n’étaient pas au rendez-vous. Il fallait donc trouver une solution industrielle. C’est celle proposée par le groupe Matière qui présente des garanties de commandes sur trois à quatre ans. Je suis bien conscient que cette solution ne satisfait pas tout le monde. Mais il était vital d’éviter que tous les emplois soient liquidés. Pour cette solution, nous avons travaillé avec le Ministère de l’Economie, avec le Député, avec le Conseil Régional, avec le commissariat au Redressement productif. Il reste maintenant une négociation à mener avec Harfleur 2000.
Cela-dit, au niveau économique, la grande satisfaction c’est de constater que la Forge est repartie, que l’on forge à nouveau au Creusot. Avec Rémy Rebeyrotte et Jean-Claude Lagrange, nous avons défendu le dossier».

Quel regard portez-vous sur les 100 jours du Gouvernement ?
«D’abord la France bénéficie d’un contexte économique plus favorable, d’une reprise avec des investissements. Mais le contexte ne suffit pas. Il faut que la France économique ait confiance. C’est un véritable enjeu et cette confiance n’est pas encore là.
Concernant la loi travail, j’attends de voir.
Concernant les emplois aidés, je déplore la décision, non pas parce que les emplois aidés sont la panacée, mais ils concernent pour certains des personnes qui ne sont pas employables ailleurs. La décision du Gouvernement va mettre à mal le secteur associatif, mais aussi les collectivités. Qu’on réduise le nombre, pourquoi pas, mais qu’est-ce qu’on met en place ? La question est sans réponse pour l’instant».
Recueilli par Alain BOLLERY