lundi 09 décembre 2019

20% de cachemire, 20% de soie, 10% de laine et 50% de tendresse… une recette de Noël 100% «TARA’LILAS»

Édito
Les cheminots qui, vendredi, ont décidé de ne pas travailler ont délibérément pris en otage les usagers. Les conséquences de ce mouvement n’étaient pas acceptables.
Questions à...
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Né au Creusot, Gilles Lagarde dont les parents sont à Saint-Jean de Trézy, occupe la fonction prestigieuse de Directeur de Cabinet du Président du Sénat, le 2ème personnage de l’Etat.
Gilles Lagarde a accordé une longue interview à creusot-infos. Il parle de sa fonction, du Président Larcher et du Sénat, mais aussi de la Saône-et-Loire et du Creusot.
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Originaire du Creusot, Gilles Lagarde est Directeur de Cabinet du Président du Sénat

20/11/2019 03:17Lu 3468 foisImprimer l’article
Né au Creusot, Gilles Lagarde dont les parents sont à Saint-Jean de Trézy, occupe la fonction prestigieuse de Directeur de Cabinet du Président du Sénat, le 2ème personnage de l’Etat.
Gilles Lagarde a accordé une longue interview à creusot-infos. Il parle de sa fonction, du Président Larcher et du Sénat, mais aussi de la Saône-et-Loire et du Creusot.



Marié à Marie-Line, avec qui ils ont eu trois enfants, Gilles Lagarde peut se targuer d’avoir eu un très beau parcours professionnel. Enarque, Préfet, il a en effet été choisi par Gérard Larcher pour occuper la prestigieuse fonction de Directeur de Cabinet du Président du Sénat.
Au cœur du réacteur de la France, Gilles Lagarde n’a pas oublié son passage en Saône-et-Loire où il revient régulièrement pour voir ses parents au Creusot.

Comment devient-on Directeur de Cabinet du Président du Sénat, le deuxième personnage de l’Etat ?
GILLES LAGARDE : «Il se trouve que durant ma carrière j’ai exercé la fonction de Préfet du Loir et Cher de 2012 à 2014. Gérard Larcher était alors Président du domaine de Chambord. C’est dans cette période que je me suis mis à chasser en passant mon permis en 2013…»

En quoi ce passage à Chambord a il été important pour vous ?
Et en tant que Préfet je me suis occupé des relations entre la commune et le domaine avec une situation unique : A Chambord, tout appartient à l’Etat. C’est la seule commune de France qui est ainsi. Et cela suscitait un affrontement entre le Maire et le directeur du domaine… Je me suis alors employé à apaiser les relations, avec un dossier difficile, celui de la situation des commerçants, car Chambord voulait un peu plus de qualité du côté des commerces. C’est à cette période là, en 2014, que Gérard Larcher est devenu Président du Sénat. Quand en 2017 il a été réélu à la Présidence du Sénat, j’étais directeur général des services du département à Tours. Il m’a proposé de devenir son directeur de cabinet et j’ai évidemment accepté…»

Et alors ?
«Le Sénat c’est passionnant. C’est aujourd’hui le lieu où s’exerce le contre-pouvoir. Et dans une démocratie, le contre-pouvoir est indispensable. C’est donc au Sénat que se situe aujourd’hui le contre-pouvoir au Gouvernement et au Président de la République».

Comment sont les relations avec François Patriat, sénateur de Côte-d’Or et Président du groupe de la République en Marche au Sénat ?
«Les relations sont courtoises entre le Président Larcher et Monsieur Patriat. Ils sont tous deux vétérinaires et tous deux chasseurs. Ca aide. Il leur arrive évidemment de ne pas être sur le même longueur d’ondes. Mais leurs relations sont apaisées. Ils sont moins dans la pression de l’opinion publique. C’est pour cela qu’au Sénat les relations entre sénateurs et entre les groupes sont plus sereines que par exemple à l’Assemblée Nationale…»

Comme se déroule la journée d’un Directeur de Cabinet au Sénat ?
«Très tôt ! Le Président Larcher, qui n’habite pas au Sénat, arrive bien avant moi. Pour ce qui me concerne, j’arrive à 7h30. En règle générale, on se retrouve tous les deux pour faire un point sur les dossiers à venir tout de suite ou un peu plus lointains. On se voit tranquillement pendant une heure. On regarde ce que seront les grands moments de la journée. Et puis les conseillers et membres du cabinet arrivent».

Quelle est alors votre mission ?
«Chaque lundi matin, par exemple ; à 11 heures, je dirige une réunion du cabinet, avec une répartition des tâches et un point sur les sujets. Le lundi après-midi j’ai un entretien avec le Secrétaire Général du Sénat et avec le Secrétaire Général de la questure. L’essentiel est de faire fonctionner la maison avec ses 15 conseillers. Il faut que le cabinet soit toujours en éveil et en alerte. Car tout intéresse le Président Larcher, y compris les sujets internationaux. C’est méconnu, mais il y a une intensité de travail diplomatique au Sénat».

Pourquoi ?
«Le Président Larcher a beaucoup de réseaux à l’étranger. Il n’y a d’ailleurs pas une semaine qui se passe sans rendez-vous diplomatique, y compris jusqu’à redevoir des chefs d’Etat. Nous avons reçu l’héritier du Japon, le Patriarche. On reçoit beaucoup de ministres étrangers, des ambassadeurs. Gérard Larcher se rend aussi beaucoup à l’étranger. Il a aussi pris l’initiative de réunir, pendant l’été, les Présidents des secondes chambres des différents pays européens. Le Sénat a aussi pris l’initiative d’avoir une association des sénateurs africains. C’est un aspect important de la diplomatie française. Gérard Larcher connaît très bien, par exemple, le Président de la Chambre algérienne Récemment nous avons reçu l'ensemble des ambassadeurs auprès de l'UNESCO, mais aussi la Présidente de l'Estonie».

Quelles sont les relations avec l’Elysée ?
«Le Président de la République et le Président du Sénat se voient assez souvent. Mais on est là dans un fonctionnement tout à faire normal de la République…»

Et vous même, avec qui avez-vous des contacts privilégiés ?
«J’ai évidemment des contacts réguliers avec mon homologue de l’Assemblée Nationale, mais aussi avec les directeurs de cabinet de l’Elysée et de Matignon»…

… Vous êtes donc au cœur du réacteur de l'Etat français ?
«Il y a plusieurs lieux de pouvoir dans notre pays. La Présidence de la République, mais d’autres aussi, comme au Sénat. Et ça fonctionne bien. Une fois par trimestre, j’ai un déjeuner avec les sept présidents de groupe, dont le dernier créé est celui des non-inscrits».

En quoi les questions au Gouvernements sont-elles importantes ?
«Elles sont importantes pour les Sénateurs et il ne faut surtout pas les résumer à leur aspect télévisuel. Car ce n’est pas que cela. Il est important que les Sénateurs aient la liberté de questionner les Ministres sur un certain nombre de sujets d’actualité le plus souvent, mais pas seulement.

Qu’est-ce qui est le plus éprouvant ? Préfet ou Directeur de Cabinet ?
«Quand on est Directeur de cabinet, on est moins réveillé la nuit que lorsqu’on est Préfet… Un officier de gendarmerie commande le bureau militaire avec les gardes républicains. Il n’abuse par des appels. En règle générale, je termine ma journée entre 20h30 et 21 heures».

Etes-vous souvent dans le sillage du Président Larcher ?
«Je le suis à sa demande. Ce sont surtout les conseillers thématiques qui sont dans les obligations d'accompagnement. Mais je m’occupe de certains déplacements, comme vers des associations d’élus quand j’étais venu à Montceau, ou encore pour le congrès des Maires de France».

Quelles sont vos attaches avec la Saône-et-Loire et avec Le Creusot ?
«Je suis né au Creusot. Mes grands-parents paternels étaient au Creusot. Mon grand père travaillait chez Schneider. Ma mère est originaire de Saint-Jean de Trézy, où on retrouve des origines familiales depuis Henri 4. Ma maman est une Bouthenet. Comme mon père était à la SNCF on a beaucoup bougé. Je suis passé par la Maternelle de Tournus, puis par Chalon Saint-Cosme, Lyon. C’est à Lyon que j’ai fait une Fac de droit avant d’aller à Sciences Po Paris, puis à l’ENA. J’étais dans la promotion de Nicolas Dupont-Aignan, Jean-François Copé… J’ai toujours été passionné par la politique».

Vous avez été encarté à un parti ?
«Oui. En 1981 j’ai pris une carte au RPR, mais je n’ai pas été adhérent très longtemps…»

Quelles sont vos meilleurs souvenirs professionnels ?
«J’ai fait plein de choses intéressantes. J’ai aimé ma fonction de Préfet du Loir et Cher, mais aussi être cabinet de Roselyne Bachelot qui aujourd’hui montre sa finesse d’analyse à la télévision. J’ai adoré être directeur général des services en Indre et Loire. J’ai apprécié être sous-préfet du Havre, une ville qui s’est métamorphosée. J’ai aussi aimé créer l’Agence Régionale de Santé de Normandie. C’est une somme de fonctions très agréables».

Et puis vous êtes donc passé par la Saône-et-Loire ?
«Un bel épisode de ma vie professionnelle quand j'ai été nommé à Mâcon. D’ailleurs j’ai refusé de partir au bout de deux ans. J’étais secrétaire général et on avait réussi à nouer de vraies relations avec les élus. Ce sont des souvenirs professionnels très riches. J’ai particulièrement apprécié de voir comment Monsieur Billardon a transformé la ville du Creusot. Quand j’étais gamin, je me souviens d’une ville du Creusot qui était noire. Ce n’est plus le cas. Le Creusot a changé de visage et elle a des réussites économiques. J’aime bien revenir au Creusot et à Saint-Jean de Trézy où demeurent mes parents. Je vis à Blois, mais quand je viens au Creusot, je me dis que je suis de là. En fait j’ai vraiment redécouvert la Saône-et-Loire quand j’ai été nommé en 1999. Cluny, je Charolais, je n’y étais jamais allé. Maintenant j’aime toute la Saône-et-Loire»
Recueilli par Alain BOLLERY



Gilles Lagarde, avec son «sabre de Préfet»