vendredi 22 novembre 2019
Édito
Les cheminots qui, vendredi, ont décidé de ne pas travailler ont délibérément pris en otage les usagers. Les conséquences de ce mouvement n’étaient pas acceptables.
Questions à...
Né au Creusot, Gilles Lagarde dont les parents sont à Saint-Jean de Trézy, occupe la fonction prestigieuse de Directeur de Cabinet du Président du Sénat, le 2ème personnage de l’Etat.
Gilles Lagarde a accordé une longue interview à creusot-infos. Il parle de sa fonction, du Président Larcher et du Sénat, mais aussi de la Saône-et-Loire et du Creusot.
«La Bourgogne est reconnue mondialement...» déclare le Président de Paris 2024 dans une interview à creusot-infos.
Le leader de l’opposition, qui avait échoué de peu en 2014, sera bien à nouveau candidat. Sa liste et son projet seront dévoilés en janvier. Mais Charles Landre a déjà donné quelques pistes dans une interview à creusot-infos.
«Un projet neuf et des pratiques nouvelles»
«L’élection sera le statuquo ou innover»
«Il faut rendre la ville attractive»
«Les quartiers ont besoin d’une action humaine»
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MUNICIPALES : Charles Landre officialise sa candidature au Creusot

07/11/2019 00:00Lu 4450 foisImprimer l’article
Le leader de l’opposition, qui avait échoué de peu en 2014, sera bien à nouveau candidat. Sa liste et son projet seront dévoilés en janvier. Mais Charles Landre a déjà donné quelques pistes dans une interview à creusot-infos.
«Un projet neuf et des pratiques nouvelles»
«L’élection sera le statuquo ou innover»
«Il faut rendre la ville attractive»
«Les quartiers ont besoin d’une action humaine»
A près de 120 jours du premier tour des élections municipales, qui aura lieu le dimanche 15 mars 2020, Charles Landre, leader de l’opposition au Creusot, a officialisé sa candidature ce mercredi 6 novembre.


Ce n’est pas vraiment une surprise, car après sa défaite en 2014, il avait annoncé qu’il serait à nouveau candidat en 2020. C’est donc fait et on connaît donc désormais les noms des trois prétendants au siège de Maire : Pierre Etienne Graffard, Charles Landre et donc le Maire David Marti.
Dans sa première interview de candidat, Charles Landre a fait part de ses premières propositions, non sans pointer les politiques de la majorité municipale.
Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce milieu d’automne ?
CHARLES LANDRE : «Je serai candidat à l’élection municipale des 15 et 22 mars. Je suis dans un très bon état d’esprit, excellent même. Comme je l’avais dit, j’ai passé l’année à préparer un projet. Il sera dévoilé dans sa globalité en janvier. Je vais continuer à faire du porte à porte, des réunions et des groupes de travail, comme au cours des derniers mois. C’est en janvier que seront dévoilés les noms de mes colistiers. Là je suis encore dans les échanges et les consultations. J’ai plus de candidats pour m’accompagner que de places disponibles».

Quels profils souhaitez-vous ?
«Je veux des gens qui ont des profils précis pour mettre leurs compétences au service de la ville ; Des gens qui partagent notre état d’esprit d’avoir un projet neuf et des pratiques nouvelles. En ce sens, je vais présenter une équipe une équipe qui représentera la ville dans sa diversité».

Avez-vous ou allez-vous solliciter l’investiture des Républicains, après avoir été candidat à la présidence de la Fédération de Saône-et-Loire ?
«Je ne compte pas partir en campagne dans une logique de parti. La seule légitimité que je souhaite, c’est celle des Creusotins et pas celles de partis. La liste sera sans étiquette, comme je m’y étais engagé. Je constate que le Maire sortant a lui demandé les investitures du PS et de LREM.
Moi ce qui m’importe, c’est de rassembler sur un projet de redynamisation de la ville».

C’est-à-dire ?
«L’élection offrira deux opportunités. Soit de rester dans le statuquo après un demi-siècle d’une même gouvernance. Soit d’innover. Je propose de le faire en réorganisant la ville, en s’appuyant sur les formidables atouts du Creusot trop longtemps délaissés. Moi je suis persuadé que Le Creusot, par ses équipements, par l’énergie de ses habitants, par sa situation, a des atouts extraordinaires à utiliser enfin. Le Creusot est passé à côté de trop de choses…»

A quoi pensez-vous ?
«La municipalité n’a pas su créer un environnement économique favorable à la diversification. Et la conséquence c’est un taux de chômage en forme de fléau à 19%.
La redynamisation d’un territoire ne doit pas se traduire que par de la distribution de subventions et la création d’infrastructures publiques qui ne font que se concurrencer. On peut pas accepter que les jeunes quittent une ville où le taux de pauvreté est 5% supérieur à la moyenne nationale. Il faut rendre la ville attractive. Elle a un taux de logements vacants de 12,1% qui la classe 10ème de France. Face à cela, on ne peut pas être dans la satisfaction. Le Creusot se doit d’être plus attractif…»

A quel niveau ?
«Par exemple sur la politique culturelle qui doit être beaucoup plus ambitieuse. Les trois festivals qui existaient au début du mandat ont disparu. Les Beaux Bagages qui sont gratuits, qui ont leur public, sont intéressants, mais on ne peut pas considérer qu’ils sont la marque d’une politique culturelle qui fait venir au Creusot.
De même, il y a besoin d’un urbanisme qui réponde aux enjeux de notre époque. Au Creusot on a continué à étaler les espaces commerciaux et aujourd’hui la municipalité veut répondre aux problèmes qu’elle a elle-même créés. Il faut une vraie ambition au centre ville, au cœur de ville, avec des espaces d’échanges et de rencontres».

Ce n’est pas le cas avec l’Alto et l’espace Simone Veil ?
«La nouvelle esplanade, avec le pont, a coûté 8,5 millions d’euros, soit les investissements de la ville sur une année. C’est un coût démesuré. Personnellement, comme je l’ai déjà dit, je n’aurai pas investi dans un nouveau bâtiment. En fait, on voit bien qu’au Creusot il y a une frénésie de la construction, et dans le même temps on a refusé réhabiliter l’existant. Moi je suis pour les réhabilitations. Et pour que l’on se penche sérieusement sur les problématiques de commerces de centre-ville. Il faut des politiques innovantes. Notamment pour traiter les friches commerciales, car par exemple Bricomarché. Je suis contre la création de nouvelles zones commerciales. Il faut casser les codes».

Que souhaitez vous proposer ?
«Je ferai des propositions fortes, qui pourront surprendre, mais qui seront claires. Il faut aussi travailler à l’embellissement de la ville. On n’a pas assez respecté l’architectural. C’est la question du quartier Saint-Laurent. La liaison entre la Plaine des Riaux et la rue Leclerc par les Terrasses a été oubliées. Mais l’exemple le plus fort c’est ce qui a été fait pour dégager la vue sur le Château de la Verrerie. Le 1er acte a été d’installer des poteaux rouges et des toilettes, c’est symptomatique de l’absence de réflexion. Il faut être audacieux et moderne en respectant la ville et ses habitants, comme dans les cités. C’est la problématique des bacs semi-enterrés pour les ordures ménagères. Leur gestion est invivable pour les habitants.
Je peux aussi parler de la question des déplacements qui a été traitée seulement avec des morceaux de pistes cyclables. Et puis il y a le grande sujet de la sécurité».

Quel est votre constat ?
«En matière de sécurité et de respect des règles, l’équipe municipale a été aveuglée. Elle n’a pas voulu d’un renforcement de la police municipale, alors que les quartiers ont besoin d’une action humaine. J’y crois fortement. Car il n’y a eu aucune réponse d’apportée au développement des trafics, que ce soit à la Charmille, au Tennis ou à la Molette. Et à la veille des élections, des caméras viennent d’être installées au Tennis. Cela n’aura pour seul effet que de déplacer le problème, alors que pour moi c’est une priorité absolue pour la ville. J’ajoute qu’il n’est pas normal que des locataires payent des charges alors que le ménage n’est pas fait dans les parties communes de certains immeubles. En fait il y a eu de la démagogie pendant l’ensemble du mandat».

Quelles priorités voulez-vous exprimer en campagne ?
«Je ferai des propositions pour la transparence des décisions publiques, avec des changements de pratiques et de méthode. Il faut associer les citoyens et ne pas vouloir tour régenter avec parfois des menaces ou des pressions. Moi je veux que les élus puissent dialoguer avec la population et ne pas se contenter de présenter ce qu’ils ont fait dans des réunions de quartier».

Vous aviez parlé du Breuil et de Torcy il y a quelques mois. Où en êtes vous ?
«Au Breuil il y a du travail avec des personnalités intéressantes qui ont vocations à être candidats pour une alternance. C’est pareil à Torcy, où il y a une dynamique qui se crée».
Recueilli par 
Alain BOLLERY