samedi 18 août 2018

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Édito
Ce n’est pas parce que son retentissement médiatique est énorme, qu’il convient de juger l’affaire Benalla à un niveau supérieur de ce qu’elle est et représente.
De quoi s’agit-il ? D’un garçon qui s’est cru plus fort que les autres, parce qu’il était dans le cercle rapproché de la sécurité du Président de la République.
Questions à...
Après une saison à découvrir l’élite du basket français, Bastien Pinault a une formidable envie de voir l’Elan Chalon réussir un bel exercice 2018-2019. Il a envie de tout casser et il veut consentir les efforts nécessaires pour doubler son temps de jeu.
Au soir d’une journée d’intégration où il a emmené ses joueurs sur une falaise avant de les faire marcher sur l’eau, juste avant la reprise officielle de l’entraînement, l’entraîneur de l’Elan Chalon a répondu à nos questions.
Dans une interview fleuve à creusot-infos, Anibal Castano balance ses vérités. Sur son sport le basket, sur la Fédération, sur l'arbitrage.
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LE CREUSOT : « Les grèves ouvrières de mai juin 1968 »

16/05/2018 21:03Lu 2603 foisImprimer l’article
Mai 68 n’est pas seulement un mouvement de révolte de la jeunesse en quête de liberté, c’est aussi et surtout un mouvement d’ouvriers demandant un changement profond de système économique.
Une conférence sur le monde ouvrier en 1968, les grèves et les contestations qu’elles portaient était proposée par l’Ecomusée ce mardi soir.
 Xavier Vigna a présenté cet évènement sous l’angle national. Son intervention servait d’introduction à l’exposition temporaire qui sera présentée par l’Ecomusée en juillet prochain et qui traitera des évènements de mai 68 sur le territoire Le Creusot Montceau.
Il est vrai que les médias nous abreuvaient de Quartier Latin, de Cohn Bendit et autres leaders étudiants. Normal, cela se passait dans la capitale, mais les mouvements étudiants ne font jamais peur au pouvoir. Il les ignore. Ce n’est donc pas le sujet de la conférence, témoigne Xavier Vigna, la dimension ouvrière a été sous-estimée. Mais dès que les masses ouvrières se mettent en grève, l’ampleur du mouvement change. Il en résulte une portée politique accrue.
Les grèves de mai et juin 68 constituent et de très loin le mouvement le plus puissant jamais connu en France, bien plus que 1936. Déjà en 1967, les signes contestataires apparaissent dans les usines. Les Trente Glorieuses, période d’après-guerre de grande prospérité, sont sur le déclin. Alors, d’où part 1968 ? C’est la conjonction de 3 phénomènes, le premier étant une croissance économique forte, de l’ordre de 5,5% par an. Les salaires augmentent, favorisant l’accès à la consommation et un mieux-être pour la société. Le monde ouvrier a souffert des privations dans les années 50. L’acquisition de la machine à laver est l’exemple type de ce mieux-être, bien avant la voiture.
Mais certains endroits du territoire connaissent déjà des difficultés, en particulier la mine, la sidérurgie et le textile. Le déclin est là avec les pertes d’emploi et les fermetures. 26 zones sont ainsi recensées, parmi lesquelles Montceau. En 1967, De Gaulle nomme 2 commissaires à la reconversion industrielle dans la Lorraine et le Nord.
Le dernier phénomène porte sur la question de la rationalisation. Chaque poste de travail est coté ; Plusieurs facteurs entrent dans la cotation. Exemple, plus le travail est pénible, plus il est rétribué. Avec une conséquence dramatique, car avec l’âge, la force diminue et le salaire en même temps. L’ouvrier a alors une carrière négative, provoquant amertume et colère.
Le progrès engendre des conditions de travail moins pénibles, mais paradoxalement, il en découle du chômage et des dégâts sur la santé et l’environnement. L’abattage à la mine facilite le travail mais augmente les émissions de poussière, donc la silicose (100 000 mineurs morts entre 1960 et 1970). El le plus grand scandale concerne l’amiante qui a déjà fait de nombreuses victimes et beaucoup d’autres qui sont en sursis.
1968 arrive donc comme la rencontre entre 2 processus distincts : la contestation étudiante et celle du monde ouvrier. Le 08 mai, l’Ouest manifeste « L’Ouest veut vivre ». Paysans, ouvriers, fonctionnaires, étudiants se rejoignent. Le 10 mai, c’est la nuit des barricades avec une répression policière forte. 450 manifestations dans toute la France et les occupations d’usine se multiplient. Sud Aviation à Nantes occupera et séquestrera les dirigeants pendant 14 jours. La grève se généralise sans appel à la grève générale. 7 millions de grévistes contre 2 500 000 à l’époque du Front Populaire ! Si les ouvrières et les ouvriers ne représentent qu’une partie de salariés mobilisés, leur action est essentielle dans la dynamique du mouvement et la crainte qu’elle inspire chez les conservateurs. Jeunes, femmes, immigrés, hommes, parfois trois générations dans la même boîte, la pluralité des figures ouvrières montre ces grèves qui ébranlèrent fortement le pays.
Au final, concernant la santé, les conditions de travail, la pénibilité, il n’y a aucune amélioration. En conclusion, le pouvoir est resté sourd à la contestation bien que le mouvement ait traversé tous les segments de la société française, mais également à l’étranger (aux USA avec la contestation noire, La guerre du Vietnam, et les grèves ouvrières en Allemagne, en Italie, en Belgique et au Japon).
Joël Servy