mardi 19 novembre 2019

Boules, guirlandes, sapins artificiels, illuminations, village de Noël… les dernières tendances sont chez «Villaverde Montceau»

Édito
Les cheminots qui, vendredi, ont décidé de ne pas travailler ont délibérément pris en otage les usagers. Les conséquences de ce mouvement n’étaient pas acceptables.
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LE CREUSOT : Le grand bonheur et la grande fierté du Docteur Combier, après la première opération avec le robot chirurgical

10/09/2019 03:17Lu 17487 foisImprimer l’article
Le lundi 9 septembre 2019 restera dans l’histoire pour l’Hôtel-Dieu du Creusot, avec la première intervention chirurgicale réalisée avec le robot chirurgical, le 1er de Saône-et-Loire.
Le Docteur Jean-Philibert Combier a réagi dans une interview exclusive à creusot-infos.
«Le robot ne remplace pas le chirurgien. Il exécute ses gestes. C’est un progrès considérable»
«C’est capital pour recruter de jeunes médecins»
«Le Maire du Creusot a eu une vision d’avenir et de progrès sur ce dossier stratégique»
Le 6 décembre 2016, dans une interview à creusot-infos vous aviez exprimé le souhait en forme de rêve de voir l’Hôtel-Dieu du Creusot doté d’un robot chirurgical. Vous aviez notamment déclaré «L’avenir de la chirurgie, pour certaines pratiques, passe par la robotisation. Et en la matière il vaut mieux être en avance». Comment avez-vous vécu la première intervention chirurgicale, avec le robot, ce lundi 9 septembre 2019 au Creusot ?
JEAN-PHILIBERT COMBIER : «J’espère que ça restera dans l’histoire comme une première, comme le début d’un nouvel hôpital. Quand j’avais formulé ce souhait, j’y pensais, je l’espérais sincèrement. Pas pour moi qui suis en fin de carrière. Non, je pensais que c’était la solution pour construire un hôpital d’avenir, pour aller vers l’hôpital de demain. Car je le rappelle, il faut le redire : Le robot chirurgical ne remplace par le chirurgien. Il exécute les gestes voulus par le chirurgien. Et c’est d’une importance capitale. C’est un progrès considérable…»



Pourquoi est-ce si important ?
«Déjà cela permet de faire venir de nouveaux médecins, comme vont le faire des urologues confirmés de la côte chalonnaise. Mais c’est aussi capital pour recruter de jeunes médecins, car aujourd’hui les jeunes chirurgiens sont formés sur l’utilisation d’un robot. Et puis ce qui est important dans l’entrée en service du robot chirurgical au Creusot, c’est bien ce que cela a amené et amène autour».

C’est-à-dire ?
«On a collectivement gagné le challenge à l’Hôtel-Dieu du Creusot. Pour cette première opération, il y avait deux infirmières de bloc, un interne, une infirmière anesthésiste. Le challenge ce n’est pas le chirurgien. Il est dans l’organisation de l’équipe d’intervention. Cela a demandé un investissement important. Car cela ne pouvait être possible sans un investissement complet de tout le monde, et cela a été le cas. Les techniciens de l’entreprise qui a conçu le robot étaient là pour cette première et pour encore un peu de temps… A l’heure du débriefing, après cette première opération, qui concernait une hernie, ils nous ont dit «vous avez été fabuleux, rien à redire». Collectivement nous avons été très très heureux, y compris le directeur de l’Hôtel-Dieu qui s’est tenu dans un coin et qui avait tenu à être là».

Comment avez-vous préparé cette grande première en Saône-et-Loire, puisqu’il s’agit du premier robot chirurgical implanté en Saône-et-Loire ?
«Nous nous sommes formés et entraînés à Strasbourg, à Dijon, dans une clinique privée dotée d’un robot. Toutes nos équipes se sont mobilisées pour ce défi. C’est une grande satisfaction».

Concrètement, qu’apporte un robot chirurgical ?
«Déjà il ne faut pas limiter son champ d’intervention à la prostate, mais bien à des interventions complexes. On a une vision 3D et il grossit dix fois ce que le chirurgien voit. On a donc une vision microscopique de l’opération avec une mobilité de grande précision au bout des instruments. Cela permet d’être précis dans les gestes.
Et puis le chirurgien est assis. C’est bon d’un point de vue ergonomique et ce n’est pas rien. Car cela permet des interventions longues sans fatigue.
Il est acquis que le robot chirurgical améliore le retour à la vie normale. On peut imaginer que très vite on fera beaucoup plus d’interventions en ambulatoire, et des interventions avec derrière des séjours plus courts».

Des exemples de bénéfices pour le patient…
«En urologie, pour la prostate, on enlève le risque de perturbations sexuelles, mais aussi une diminution du risque d’incontinence. Les bénéfices pour le patient sont aussi énormes pour la chirurgie colorectale, pour la chirurgie haute de l’estomac et de l’œsophage, ou encore pour la chirurgie bariatrique.
C’est pour tout cela que l’entrée en service de notre robot chirurgical est une énorme chance pour notre territoire. On a mis un pied dans l’avenir. Je suis persuadé que demain la chirurgie sera robotique ou ne sera pas».

On vous sent particulièrement heureux ?
«Oui, car Le Creusot a pris de l’avance. Il n’y a plus besoin d’aller à Lyon ou à Dijon pour profiter de cette formidable avancée technologique, chirurgicale et médicale.
Je suis reconnaissant de l’engagement de la ville du Creusot. J’ai été bluffé par l’intuition que David Marti, le Maire du Creusot, a eue et je lui ai dit. Et je peux le dire d’autant plus facilement que je n’ai pas toujours été tendre vis à vis de la municipalité. Le Maire du Creusot a eu une vision d’avenir et de progrès sur ce dossier stratégique. Et je le répète ce n’est pas pour moi qui arrive sur ma fin de carrière, mais pour l’avenir.
L’avènement de ce robot, sans la ville du Creusot, sans le groupe SOS Santé, sans les équipes chirurgicales, dans tous les personnels jusqu'aux brancardiers, cela n’aurait pas été possible. Tout le monde a été motivé. Il y a quelque chose qui se passe. C’était une juste ambition. Je veux dire aussi que cela a aussi été rendu possible grâce à Mickaël Munier, directeur général du groupe. Il s’est rendu compte de l’apport que cela pouvait être. Mais il fallait trouver des fonds. Merci la ville du Creusot, merci aux Creusotins».

Et maintenant ?
«Je dis toujours qu’il faut à la fois une bonne école et un bon hôpital. C’est finalement comme pour l’industrie. Les ingénieurs viennent au Creusot parce qu’il y a de très bonnes entreprises. Et là maintenant, avec ce robot chirurgical, on leur donne les moyens de vivre au Creusot mieux qu’ailleurs. On franchi une étape, c’est une première en Saône-et-Loire. Mais on avait aussi été les premiers en coelioscopie».

Recueilli par Alain BOLLERY

Philippe Bucheret :

«C’est stratégique»

Le directeur de l’Hôtel-Dieu, Philippe Bucheret, a tenu à assister à la première opération effectuée avec le robot chirurgical. «N’oublions pas que c’est le premier de Saône-et-Loire. C’est stratégique pour l’Hôtel Dieu. Le groupe SOS a de vraies ambitions pour l’Hôpital du Creusot. Pour ce dossier il y a eu une formidable mobilisation des équipes. Pour que la première opération puisse avoir lieu en septembre, comme cela avait été annoncé, cela s’est traduit par des formations qui se sont déroulées tout au long de l’été. Et je tiens à saluer celles et ceux qui se sont mobilisés pour relever le défi».