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LE CREUSOT : Interview de Charles Landre

29/11/2017 03:17Lu 3714 foisImprimer l’article
Le leader de l’opposition municipale, dans une interview à creusot-infos parle de la réunion mi-mandat, des chantiers en cours dans la ville du Creusot. Il évoque aussi l’avenir. Il prépare les échéances de 2020. Au Creusot, mais aussi au Breuil, à Torcy, à St-Sernin du Bois.«Je suis très clairement pour une vraie police municipale de proximité»
«La question de la médecine n’a pas été traitée»
«Les chantiers oui, mais où va la ville ?»
«Le nouvel espace de vie n’est que pur fantasme»
Quel jugement portez-vous sur la réunion de mi-mandat de la municipalité à l’ALTO ?
«Beaucoup de municipalités le font. Je ne pense pas que cette réunion a apporté grand chose, puisque c’était la présentation de ce qui a été fait et de ce qui est en projet. L’ensemble est régulièrement présenté en conseil et dans les réunions de quartier. Je n’ai pas le sentiment que l’intérêt était très grand et d’autant plus que les échanges n’étaient pas libres. Bref c’était une réunion sans surprises…»

Quels sujets ont manqué alors…
«Le premier est très clairement celui de la sécurité publique. La majorité municipale reste dans l’idéologie. Je suis très clairement pour une vraie police municipale de proximité, pour pouvoir traiter des problèmes précis. Cette police municipale de proximité pourrait s’attaquer et mieux traiter les problèmes à la Charmille, ou au Tennis. Ces problèmes tout le monde les connaît et sont subis par les habitants.
Et puis la question de la santé n’a pas vraiment été abordée. Depuis 2014, je constate que l’Hôtel-Dieu a été confié au privé, mais que la question de la médecine n’a pas été traitée. La seule solution avancée c’est la «maison de santé», alors qu’il faudrait faire preuve de beaucoup plus de dynamisme et d’imagination, car le problème du manque de médecins n’est pas nouveau».

Trois gros chantiers sont en cours sur la ville. Comment les jugez vous ?
«D’abord si la ville a lancé trois gros chantiers, c’est bien parce qu’elle a les moyens de les réaliser. Depuis dix ans les dotations dont bénéficie la ville sont les mêmes. La vraie question, pour moi, c’est pour quoi faire ? Les chantiers oui, mais où va la ville ?
Et là, force est de constater qu’il n’y a pas de vision à 20 ou 30 ans. Je ne sais pas, on ne sait pas quel est le projet de la ville en matière urbaine. Et pour moi c’est inquiétant».

Quel regard portez-vous sur le chantier du centre nautique ?
«Sur le fond, j’avais exprimé des réserves quant aux équipements. Un centre nautique ne se pense pas avec des logiques d’il y a 15 ans. On nous parle de centre de bien-être, mais la piscine ce sont d’abord des utilisateurs avec des activités nautiques dont il est important qu’elles se poursuivent. Attention à ce que les résultats financiers ne soient pas catastrophiques.
Et sur le plan financier, je tiens à rappeler et préciser que contrairement à ce qui a été avancé par les élus, il y a un dépassement de deux millions d’euros, puisque l’addition est passée de 4,3 à 6,2 millions. Evelyne Couillerot a d’ailleurs reconnu ce dépassement en annonçant une subvention de 1,4 million d’euros.
Je veux aussi dire qu’une association, le Cercle des Dauphins, est particulièrement impactée. Il est important qu’elle soit associée au déroulé du chantier, pour savoir quand la piscine va rouvrir, sinon son avenir est menacé».

Vous avez été critique sur l’ouverture du parc de la Verrerie. Pourquoi ?
«Ce qui me dérange, c’est que le projet a été fait sans info et sans concertation. Il a été annoncé que l’on faisait tomber les murs, mais il y a aucun projet pour ce centre patrimonial est d’animation. On a un ensemble exceptionnel qui va du boulevard Henri Paul Schneider au quartier Saint-Laurent. Il doit faire l’objet d’une vraie valorisation et voir s’installer de l’événement au bénéfice du développement et d’une vie sociale.
La rénovation des terrasses des restaurants a été annoncée au cours de la réunion de mi-mandat, au moins aura-t-on appris quelque chose. Cela alors qu’on n’avait aucune réponse de la majorité quand on l’interrogeait sur la place Schneider. Ce Creusot marqué par l’histoire, il faut le valoriser. En fait, avec la majorité municipale, il y a plein de petites choses, mais je ne voie pas le projet global, pour que dans 50 ans on puisse être fier de ce qui a été réalisé dans ce quartier».

C’est-à-dire ?
«Prenons l’exemple du Château de la Verrerie. Il accueille aujourd’hui le siège de la Communauté Urbaine et l’Ecomusée. Mais pour l’Ecomusée, si on continue, il n’aura pas de base suffisante pour l’avenir. Alors que le Château doit permettre de faire rayonner la ville.
Pour le stationnement, il ne faut pas penser qu’à la Place Scheider. Il faut le penser à l’échelle du quartier Saint-Laurent. On peut organiser les choses pour avoir un stationnement plus efficace et un urbanisme plus agréable».

Que pensez-vous du projet de dalle urbaine avec la reconstruction du pont ?
«La reconstruction du pont était nécessaire. Vouloir relier l’Est et l’Ouest de la ville, c’est un argument fallacieux au regard de ce qui a été fait depuis 30 ans. La dalle du centre commercial L’Arche a cassé l’unité urbaine. Est annoncé un nouveau bâtiment de services et des kiosques de commerce. J’attends de voir. Il aurait mieux valu se concentrer sur la fluidité de passage, plutôt que vouloir un nouvel espace de vie qui n’est que pur fantasme. Ce n’est pas comme cela que l’on va lutter contre les difficultés de certains commerces.
Et puis il y a le coût. 4,9 millions au départ du projet, et maintenant 7,2 millions dans le plan pluriannuel d’investissement.
La nouvelle dalle urbaine est présentée comme un complément à Mach 2 qui est un fiasco financier. Le 1er promoteur n’avait rien loué. Maintenant il y a création d’un nouvel espace avec des activités qui ne vont être que des transferts. Et puis la nouvelle voie fait souffrir la rue Leclerc. J’invite la municipalité à revoir la circulation».

Travaillez-vous déjà sur les échéances de 2020 ?
«On a au Creusot des élus qui pour certains sont en place depuis 1977. Depuis 40 ans, on a les mêmes équipes. Ce que Le Creusot a besoin c’est d’une ville ouverte avec des élus capables de valoriser les énergies, particulièrement chez les jeunes. Plutôt que de parler des contraintes budgétaires, il faut redonner de l’élan à la ville. C’est ce à quoi je travailler et ce à quoi je m’engage. Un nouveau cycle débutera en janvier. Je veux construire une équipe ouverte, rassembler les compétences, les envies de celles et ceux qui veulent participer à redonner du mouvement dans la ville.
Mais il faut aussi que ce soit vrai à Torcy, au Breuil. Il faut réfléchir en terme d’agglomération. Nous y travaillons et nous aurons une liste au Breuil en 2020. A Torcy aussi où la situation politique est particulière. J’ai aussi été sollicité par des habitants de Saint-Sernin du Bois. A Montchanin, à Blanzy aussi nous aurons des équipes…»
Recueilli par Alain BOLLERY