jeudi 18 octobre 2018
Édito
En annonçant qu’elle ne s’interdisait rien du tout pour 2021, Marie-Guite Dufay a envoyé un message plus que subliminal aux prétendants…
Questions à...
Le directeur de l’Hôtel-Dieu du Creusot fait le point dans une longue interview. Il répond aux syndicats qui ont manifesté, fait le point sur le fonctionnement de l’établissement, dont l’activité se développe.
«Pour toutes nos équipes, il n’y aura jamais assez de patients».
«En Saône-et-Loire, les plus grandes difficultés ne se concentrent pas au Creusot»
«1,2 million d'euros d'investissements sont engagés»
Après le match perdu contre Villeurbanne et après les 5 premiers matchs, Dominique Juillot dresse un premier bilan dans une longue interview.
Dans une longue interview à creusot-infos, Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne - Franche-Comté, se livre sur de nombreux sujets, y compris celui des prochaines élections régionales en 2021 !
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LE CREUSOT : Framatome va investir 50 millions, en 4 ans, à la Forge et à l'atelier d'usinage

05/01/2018 03:18Lu 4711 foisImprimer l’article
La Forge du Creusot n’est pas morte, qu’on se le dise. Les signaux sont partis pour passer de l’orange au vert. Et Framatome compte bien renforcer ses potentialités, avec un programme d’investissements de 50 millions en 4 ans, dont 11 millions dès cette année.La filière nucléaire attend maintenant d’Emmanuel Macron et du Gouvernement que des signes forts soient donnés pour sortir du tunnel.
Un véritable coup de poker gagnant. Au départ il y avait Schneider, puis il y avait eu Creusot-Loire, puis Framatome, jusqu’à ce que la filière nucléaire française prenne le nom d’AREVA. Après une grosse année et demie de turbulences, cette «filière d’avenir», ainsi que le futur Président de la République l’avait qualifiée quand il était venu au Creusot le 2 Mai 2016, est en train non pas de renaitre de ses cendres, mais tout simplement de se tracer un nouvel avenir.
AREVA NP n’est plus, vive Framatome. Et dans les pays qui s’intéressent au nucléaire civil, Framatome c’est non seulement un nom, mais c’est surtout une référence. Une solide référence qui a offert à la France une réputation mondiale.

Les attaques ont fait mal, mais elles n'ont pas tué


Oh certes, quand le temps médiatique et des coups politiques n’est pas celui de la raison, les attaques portées contre la Forge du Creusot, au début du mois de Mai 2016 et dans les trimestres qui ont suivi, ont fait mal. Elles ont meurtri, car dans le milieu des initiés on savait bien qu’en changeant les normes et les cahiers des charges, forcément les anti-nucléaires trouveraient du grain moudre.
Mais on savait aussi qu’il en faudrait plus pour mettre à terre des décennies de savoir-faire. Un savoir-faire pas seulement pour produire des centrales nucléaires et des pièces forgées pour les EPR ou le grand carénage des centrales dont il convient de repousser la fin de vie, en s’assurant de leur qualité. Mais un savoir-faire sur le segment des viroles, ces lingots creux spécialité du Creusot, qui permet aussi de produire des conteneurs pour les déchets ultimes. Ce qui est une autre spécialité du Creusot, avec des commandes du monde entier.
Et puis, il y a eu quelques 200 millions d’euros investis au cours des dix dernières années, pour moderniser les installations de forge, mais aussi les ateliers dédiés à l’usinage et aux façonnage des pièces forgées et autres viroles.
Alors même si les attaques se font violentes, peuvent tourner à l’excès, comme quand une Député européenne EELV a osé attaquer Le Creusot en parlant de «crime contre l’humanité», ou quand un journaliste de France Info osait parler de «l’usine atomique du Creusot» en évoquant la Forge, jamais dans la cité du Pilon on a baissé la garde.

Le nucléaire veut toute sa place

dans le mix énergétique


Les temps difficiles ont été affrontés, comme un marin affronte les pires tempêtes dans le Vendée Globe. Alors oui, forcément, quand ce jeudi 4 janvier les fidèles de creusot-infos ont appris en primeur que c’est le nom de Framatome qui avait été retenu par EDF pour baptiser la filière industrielle nucléaire, c’est comme un sentiment de fierté qui a jailli.
«Retrouver un nom respecté à l’international c’est bien, mais ce qui compte plus que tout c’est que les commandes arrivent», a glissé à creusot-infos un cadre de l’entreprise nucléaire.
En ce sens, l’entreprise va rapidement se mettre en rythme de croisière. Un programme d’investissements d’environ 50 millions d’euros va se concrétiser sur le site du Creusot de Framatome, en 2018, 2019, 2020 et 2020. Quatre années pour moderniser les équipements qui n’ont pas pu l’être, avec 11 millions injectés dès cette année.

La parole d'Emmanuel Macron est attendue


Pour le reste, les établissements du Creusot comme de Saint-Marcel attendent maintenant que la volonté d’avoir un mix énergétique se traduise courageusement. Entendez, que le Président de la République et le Gouvernement annoncent très clairement des commandes d’EPR pour remplacer progressivement le parc nucléaire construit à partir des années soixante.
En ce sens le volontarisme d’Emmanuel Macron est attendu, pour que la filière nucléaire française, «filière d’avenir» sorte définitivement du tunnel et qu’elle s’envole à nouveau, comme une virole dans le ciel de l’atelier de la Forge.
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)