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L’ancien secrétaire d’Etat à l’industrie de François Hollande répond à creusot-infos sur Framatome et sur l’avenir du nucléaire. Un dossier sur lequel il a été très impliqué quand il était à Bercy.
«Oui, je le dis clairement, en France il faut remplacer les anciennes centrales nucléaires par de nouvelles centrales EPR»
L’élue du Creusot est à la tête d’un budget important au Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté. Dans une interview elle trace les perspectives 2018. Avec un appel à projets pour l’ensemble des clubs.
Le vice-président du Conseil Régional Bourgogne - Franche-Comté en charge de l’économie a répondu à nos questions.
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LE CREUSOT : 10 ans après leur séparation, elle voulait tuer son ex, mais aussi sa nouvelle concubine...

13/01/2018 11:30Lu 5383 foisImprimer l’article
La quinquagénaire n'avait pas hésité à mettre le feu à leur maison...
La nuit du 29 au 30 juillet 2016 fut chaude, très chaude, dans un lotissement du côté de la rue de Saint-Firmin au Creusot.

Trop chaude. Les victimes en sont encore effrayées. Surtout de l’incendie. Et puis surtout qu’elle les avait prévenus : « Je vais foutre le feu à la maison », « je vais vous tuer ».
Depuis juin, les messages se succédaient : « t’es la honte des pères », « t’es qu’une merde », « je vais te trucider », « je vais vous détruire », « dis à la pute qu’elle est morte ». « Elle », c’est Maguy X., 55 ans, de longs cheveux fins dans le dos, une frange, un air pincé souvent, et une voix qui monte facilement dans les aigus, une voix qui ne lui ressemble guère.

Montée en puissance des actes au cours de la nuit, « je suis sortie de moi »?

Monsieur M. a été son compagnon de 1983 à 2008 (« Malheureusement, oui ! », lance la prévenue), ils ont eu deux enfants, et monsieur M. s’est ensuite marié à madame D.. Maguy X. explique à la barre que la banque s’était retournée contre elle parce que monsieur M. ne payait plus les traites de la maison, « d’où ma colère, d’où je suis sortie de moi ».
On ne saurait mieux dire. Cette fameuse nuit, le commissariat du Creusot viendra plusieurs fois au lotissement, car Maguy a commencé par exploser le pare-brise d’une des voitures avec un marteau. Elle avait commencé aussi à la customiser en gravant sur la carrosserie « PU… ». A 1h45 le commissariat réintervient, parce que la fille de Maguy, qui vit chez son père, avait coincé la voiture de sa mère avec son véhicule, pour l’empêcher de repartir. Et un peu après 4 heures du matin, c’est l’acmé : la 307 est en feu, le feu se communique à la voiture à côté, le garage brûle, une partie de son toit aussi.
Dans la journée les enquêteurs recherchent Maguy mais elle était dans un tel état que sa propre sœur l’avait faite hospitaliser sous contrainte. Maguy est internée à l’hôpital psychiatrique de Sevrey, elle y restera jusqu’au 12 septembre 2016. Elle est jugée ce 12 janvier 2018 au tribunal correctionnel. La présidente Therme l’interroge : « Avec le recul de l’hospitalisation, est-ce que vous regrettez ? – Oui bien sûr je regrette, j’aurais pas dû me laisser faire à la banque. – C’est compliqué de se séparer et d’avoir des dettes, mais de là à régler les problèmes en mettant en danger les autres ? – Lui, il m’a menacée… - Madame on parle de vous, là, et de ce que vous avez fait. »

« J’ai pas de problèmes mentaux, c’est certain »?

Un psychiatre a rendu une expertise de Maguy : « délires chroniques de type paranoïaque », « tendance projective », « attribue aux autres la responsabilité de ce qui s’est passé », « personnalité présentant une psychose paranoïaque ». Maguy a reçu des injections à effet retard, pour assécher ses délires, mais dit à la barre ne plus en avoir, ne prendre qu’un traitement oral.
« Madame, avez-vous une maladie mentale ? – Non. Ils m’ont internée d’office parce que j’ai brûlé la voiture, c’est tout. » L’expert psychiatre écrit aussi : « une hospitalisation en milieu adapté pourrait être conseillée si de nouvelles décompensations surviennent, et si le traitement n’est pas pris. » « J’ai pas de problèmes mentaux, c’est certain, affirme la voix aigüe, simplement, faut pas me pousser. » Elle est aussi franche qu’elle peut l’être à cet instant : si on la pousse, elle sort d’elle-même, comme elle l’expliquait en début d’audience, et à partir de là, c’est no limit. « Etes-vous encore en colère ? demande la présidente Therme. – Non, ça m’a bien calmée. Je veux juste qu’ils me laissent tranquille. »

« Qu’elle continue de se faire piquer ! »?


Qu’ils la laissent tranquille… Madame D., assise au premier rang, manifeste clairement son indignation, et elle qui ne voulait pas s’exprimer a finalement besoin d’aller vider son sac. Le contenu du sac exprime bien le climat délétère qui persiste, il n’est pas simple de se représenter la maladie mentale : « On veut qu’elle n’ait pas le droit de s’approcher de chez nous, et qu’elle continue de se faire piquer, et… » La présidente l’interrompt, lui explique que l’audience n’est pas le lieu de ce type de débat, madame D. retourne s’asseoir, « si j’ai rien le droit de dire ». Le parquet requiert dans le sens d’agissements « réfléchis », rappelle la dangerosité associée à la pathologie de Maguy. Maître Trajkowski plaide l’irresponsabilité pénale, là où l’expert parle d’une « altération majeure » du discernement au moment des faits, elle déplore que l’expertise ne tranche pas, mais les juges, qui ne sont par ailleurs pas liés par l’expertise, vont le faire.


« Il y a une maladie mentale »


?« Le tribunal ne retient pas l’altération du discernement, considérant que vous aviez conscience de ce que vous faisiez, madame, quand bien même il y a une maladie mentale. Parce qu’il y a une maladie mentale. » La présidente a les yeux fichés dans ceux de Maguy. Est-ce que l’information peut passer ? S’inscrire en Maguy ? Qu’elle se sache malade, et se soigne, pour que ne reviennent plus les crises délirantes au cours desquelles elle devient parfaitement inaccessible à la raison et aux éléments de réalité.
Le tribunal condamne cette femme au physique chaleureux et à la voix métallique à un suivi socio judiciaire de 3 ans, avec injonction de soins, interdiction de contact avec le couple victime, et interdiction de paraître dans leur lotissement. A défaut, elle encourt 1 an de prison. « Cas difficile », plaidait maître Trajkowski. Ô combien, et dans un contexte empoisonné dont les braises fument encore.
FSA
Maguy X. devra verser 3000 euros aux victimes au titre de leur préjudice moral, et une provision de 2000 euros pour le préjudice matériel. Renvoi sur intérêt civil en mars pour faire le compte du total de l’addition.