vendredi 16 novembre 2018

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EDITO : Carton rouge aux coupeurs d’électricité et à leur direction

27/06/2018 08:00Lu 5511 foisImprimer l’article
Les coupures d’électricité ciblées qui ont frappé Le Creusot mardi avaient un parfum de scandale.
creusot-infos s’en est ému dès mardi après-midi en dénonçant la situation vécue par le Foyer Résidence de la Couronne au Creusot qui a eu son alimentation électrique coupée pendant près de 11 heures. Non pas par une panne, ce qui peut arriver. Non, le foyer a eu son électricité coupée par des actes volontaires menés par des syndicalistes, dans le cadre d’un mouvement social.
Cette longue coupure a aussi été de la même longueur pour des commerces notamment près du rond-point des Abattoirs marquant l’intersection avec l’avenue de la Paix et la Pénétrante. Faute d’électricité les rideaux n’ont pas pu se lever et ils ont été condamnés au chômage obligatoire. Des dépôts de plainte sont envisagés pour préjudice subi.
Et évidemment de nombreux particuliers ont souffert de ces coupures arbitraires. Elles étaient scandaleuses et le mot n’est pas trop fort.
Scandaleuses oui car, nous l’avons écrit, on ne coupe pas volontairement l’électricité à des personnes vulnérables comme le sont des personnes âgées qui ont plus de 90 ans pour certaines, qui ont travaillé toute leur vie, payé leur électricité sans broncher, subi les augmentations et qui méritent un peu plus de respect de la part d’agents d’ENEDIS, ex-EDF, zélés et qui de toute évidence ont un problème d’éducation.
Il est facile de faire le parallèle avec le conflit à la SNCF. Car si les conséquences sont aussi importantes pour les usagers, si les galères se sont multipliées au cours des semaines, au moins cela s’est fait dans la transparence. Depuis plus de trois mois, les syndicats ont annoncé la couleur et les jours de grève et la direction de la SNCF a annoncé le nombre de trains qui rouleraient les jours de conflit. Cela a toujours eu le mérite d’être clair.
A quoi a-t-on assisté mardi ? A une action d’agents se comportant comme des voyous qui n’ont même pas eu le courage d’annoncer leur action par un communiqué de presse.
Ils ont coupé l’électricité de façon arbitraire et sans courage. C’est proprement scandaleux. Cela l’est tellement qu’un adhérent de la CGT, qui milite travaille dans une entreprise industrielle du Creusot, nous a ainsi confié mardi soir : «Je ne sais pas si ce sont des militants de la CGT, de SUD ou autres qui ont fait ça, mais je le condamne sans réserve. On n’a pas le droit d’agir ainsi. Ce n’est pas acceptable et cela déconsidère les actions syndicales, car à l’arrivée, certains de nos concitoyens mettent tout le monde dans le même sac. Cela fait monter le populisme et les extrêmes. Je suis dégoûté».
Des propos durs mais qui reflètent bien finalement le sentiment qui était partagé ce mardi 26 juin par les victimes de ces opérations commando. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les coupures d’électricité ont été manuelles et donc ciblées. Et pas revendiquées. Car ni avant, ni dans la journée de mardi, nous n’avons été destinataire d’une information syndicale.
C’est un premier scandale, mais il en existe un second : Le deuxième scandale est le silence de la direction d’ENEDIS. Silence, avec aucun communiqué pour informer de la situation vécue par des usagers et donner des perspectives de retour à la normale. Silence, donc mais aussi une autre faculté à se «foutre de la gueule» des usagers qui ont appelé les numéros à disposition.
De nombreux usagers, qui se sont confiés outrés à creusot-infos, ont eu des réponses scandaleuses sur la base d’une désinformation élevée au sein d’institution. Un peu comme quand l’agence TASS, l’agence d’information russe, n’avait jamais voulu reconnaître qu’un Boeing de la Coréan Air Lines avait été abattu dans les années 80.
En effet, il a été répondu «on ne sait pas», «c’est une grosse panne», il a même été affirmé à des usagers «qu’un câble avait été arraché». Quelle honte de mépriser ainsi les usagers et les clients qui assurent les salaires de chacune et chacun et accessoirement les avantages accordés par les CE. Nous n’en sommes pas jaloux. Mais dans cette entreprise, on sait suffisamment solliciter les mairies pour que la «presse» annonce des coupures d’électricité pour travaux, et à côté ne pas être capable non seulement de rédiger un communiqué pour une situation et des coupures que personne ne pouvait trouver «normales», mais aussi être maître dans l’art de la désinformation.
Sans doute que ni les syndicats à l’origine de ce mouvement de mardi ni la direction auront le courage de trouver notre adresse mail pour s’expliquer. Sans doute que certains trouveront cet EDITO trop dur, pas acceptable. Mais il est pleinement assumé, car si le droit de grève existe, il n’oblige pas à priver des usagers d’un bien comme l’électricité, qui est finalement aussi précieux que l’eau.
Alain BOLLERY