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Charles Landre : «Je suis candidat aux élections législatives»

10/01/2017 00:15Lu 5122 foisImprimer l’article
Le leader de l’opposition au Creusot officialise sa candidature dans la 3ème circonscription, avant même la décision de la commission nationale d’investitures du parti Les Républicains.
Il s’explique dans une interview à creusot-infos.
Vous aviez annoncé que c’est en janvier que vous feriez part de votre décision. Serez-vous candidat aux élections législatives ?
«Oui je serai candidat aux élections législatives dans la 3ème circonscription de Saône-et-Loire. C’est le fruit d’une réflexion personnelle et collective, assortie d’un travail de terrain au Creusot et sur la circonscription».

Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?
«J’ai consulté beaucoup de monde. Mon engagement est ancré sur ce territoire avec des convictions profondes. Je crois en la grandeur de la France, en son unité, avec un projet et une unité sociale. Un projet humain, économique et politique clair».

Qu’entendez-vous par là ?
«Je suis partisan d’un Etat à la fois stratège et régalien. Sur le plan économique, l’Etat doit être capable de prendre la main sur des secteurs stratégiques et capable de donner et fixer le cap. Mais je crois aussi en la liberté et la responsabilité individuelle.
Prenons l’exemple de l’énergie et des ressources. Il appartient à l’Etat de peser sur les choix en matière d’énergie électrique, mais aussi pour ce qui concerne les ressources alimentaires, avec une vraie politique agricole. L’énergie, les ressources doivent être au centre de notre société.
Je ne comprends pas que l’Etat a abandonné les chantiers de Saint-Nazaire, qu’il n’a pas pesé pour les conserver à la France.
Plus généralement, je pense aujourd’hui qu’il est nécessaire de valoriser le travail, permettre la liberté d’entreprendre, en sortant du carcan des normes, des contraintes administratives mises en œuvre régulièrement et constamment depuis plus de 30 ans.
Le 21e siècle, c’est la robotique, le numérique, la mise en réseau. Cela c’est de la responsabilité des politiques, pour redonner un cap et une dimension à la France dans le monde. La France doit avoir une politique étrangère, diplomatique et militaire cohérente, comme cela a été le cas jusqu’au début des années 2000. La France doit aussi être leader dans la lutte contre le terrorisme. Elle doit le faire avec une unité sociale forte».

Comment définissez vous cette unité sociale ?
«Je suis pour un respect absolu des principes de la République, de leur connaissance, comme la laïcité. Je suis pour une justice indépendante, mais exemplaire, avec des sanctions claires quand les règles sont transgressées.
Je suis pour la reconquête des territoires perdus de la République, avec l’Education et la Santé pour tous. Avec une vraie lutte contre la pauvreté qui touche 8,5 millions de personnes. Je suis partisan d’une politique de sécurité publique de proximité, sur l’ensemble des communes et des quartiers. Il convient également d’être attentif au devenir des employés, des jeunes, des retraités.
Troisièmement, je suis un défenseur de l’unité territoriale de notre pays. Il faut en finir avec la fracture territoriale, la fracture des services publics, la fracture sanitaire et de santé avec un nombre de généralistes en décroissance. En ce sens, je pense qu’il faut réfléchir à un système incitatif dans le cycle des études de médecine, pour un exercice sur des territoires en souffrance déterminés par l’Etat.
Plus généralement, on doit avoir des représentants et donc des Députés qui portent un discours sur la régularité économique, industrielle, artisanale, agricole et viticole, comme c’est le cas en Saône-et-Loire. Autant d’aspect qui ne concernent pas les grandes métropoles».

Vous avez annoncé votre candidature, alors que votre parti Les Républicains a déjà investi Catherine Amiot. Maintiendrez-vous votre candidature si la commission d’investiture maintient son choix et ne vous désigne pas ?
«J’ai respecté un calendrier. Les décisions ont été reportées trois fois. Je me présente car je représente une génération qui a observé et vu tous les renoncements. J’aime mon pays et je veux incarner le souffle dont il a besoin, dont les personnes ont besoin. J’ai mon engagement au Creusot et j’ai des convictions politiques avec un engagement. Je ne veux pas rester sur des chicaneries  d’appareil comme Monsieur Baumel. Moi je veux défendre une vision de notre pays, conscient des réalités, mais avec une ambition pour la France et non pas la très faible vision économique défendue par les socialistes depuis cinq ans. J’ai tenu mes engagements. Je ne me suis présenté ni aux départementales, ni aux régionales. Les militants de la circonscription, dont je suis le délégué, ne s’y trompent pas et me soutiennent. Pour les Primaires de la droite, on a mobilisé 200 militants. C’est le résultat d’un travail de terrain et depuis septembre je visite les 129 communes de la 3e circonscription».

Il y a un an, vous aviez porté un regard sombre sur l’avenir de l’Hôtel-Dieu du Creusot. Qu’en est-il aujourd’hui ?
«La situation était catastrophique en 2014 et en 2015, par la faute des élus. L’Hôtel-Dieu est passé dans une autre étape. J’espère comme l’ensemble des Creusotins qu’il sera un établissement de santé de plus en plus complet, efficace et performant. Ce sera la réussite de SOS et de l’ensemble des personnels qui ont travaillé dans des conditions difficiles et qui ont payé un lourd tribu social. Reste sur Le Creusot un souci. Celui de la pérennisation de la médecine de ville. Il faut un plan global de refonte de notre modèle sanitaire qui, aujourd’hui, laisse trop de personnes sur le bord du chemin».
Recueilli par Alain BOLLERY