samedi 21 juillet 2018

Du Mercredi 18 au Samedi 21 Juillet

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Édito
La liesse populaire, dimanche soir au Creusot, était encore plus forte qu’en 1998. Mais c’était logique. On vous explique pourquoi.
Et puis, que les aigris rangent leur venin…
Questions à...
Dans une interview fleuve à creusot-infos, Anibal Castano balance ses vérités. Sur son sport le basket, sur la Fédération, sur l'arbitrage.
Les rendez-vous d’été seront lancés avec un spectacle très aérien. Avec aussi un nouveau lieu de programmation.
L’adjoint à la culture parle aussi de l’avenir de L’arc, de la mise en lumière du Château de la Verrerie, du projet d’installations de boites à livres.
30 associations écologistes ont fait du lobbying auprès de lui, mais Rémy Rebeyrotte n’a pas cédé aux pressions vertes sur la question du glyphosate et il s’en explique avec force d’arguments.
Le Député n’hésite pas à prendre le désherbant pour nettoyer les arguments de la nouvelle gauche sur les dotations de fonctionnement. Il parle aussi des accords possibles pour les municipales de 2020 avec un peu d’engrais pour le Grand Autunois Morvan…
Sans oublier les poules, les abattoirs, le bois et les rodéos…
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Bernard Lacour : «Jérôme Laronze mortellement blessé par les gendarmes, c’est le drame de la solitude de l’agriculteur»

22/05/2017 03:18Lu 11050 foisImprimer l’article
Dans une interview à creusot-infos, le Président de la FDSEA réagit au drame qui a vu un éleveur de la région de Cluny tué pour avoir foncé sur des gendarmes qui ont ouvert le feu, dans un chemin, à Sailly.«Chaque éleveur, chaque agriculteur devrait être averti d’un contrôle, il aurait ainsi la possibilité d’être accompagné, de ne pas se retrouver seul».
«Il y a eu 3 suicides en un mois en Saône-et-Loire».
Connaissiez pour l’éleveur de Trivy, Jérôme Laronze, qui a été samedi pour avoir, semble-t-il, foncé avec sa voiture sur les gendarmes qui voulaient l’arrêter ?
BERNARD LACOUR : «Déjà il me semble important d’attendre d’avoir tous les éléments pour juger de ce drame. Je connaissais la victime. Cet éleveur charolais était psychologiquement faible. Il était sous la surveillance des services vétérinaires de la direction départementale de la protection de la population, la DDPP, parce que sur son exploitation il y avait une mortalité supérieure à la moyenne dans son troupeau de bovins. J’ai personnellement été informé du problème il y a un peu plus d’un an. Et c’est bien parce qu’il était sous surveillance que le 11 Mai les services vétérinaires, accompagnés des gendarmes, se sont présentés sur son exploitation à Trivy pour aller faire un constat. C’est alors qu’il leur a foncé dessus pour se soustraire au contrôle. Il leur a foncé dessus en tracteur et après il est revenu chercher sa voiture. Cela avant le dramatique et tragique épilogue de samedi».

Quel regard portez vous sur cette tragédie qui, selon les premiers éléments de l’enquête, a donc vu des gendarmes faire feu sur l’éleveur qui fonçait sur eux avec ces blessures mortelles…
«Ce drame, parce que c’est un drame, c’est le drame de la solitude de l’agriculteur, seul dans sa cour de ferme avec une charge insurmontable et donc à l’arrivée insupportable. Pour l’agriculteur, l’éleveur, qui se retrouve dans cette situation c’est très éprouvant physiquement et psychologiquement…»

Que faire ? Que prônez-vous pour éviter d’autres drames comme celui-ci ?
«Il faut ramener de l’humain, remettre de l’humain là où il n’y en a plus ou pas assez, ce qui revient au même. Chaque éleveur, chaque agriculteur devrait être averti d’un contrôle, il aurait ainsi la possibilité d’être accompagné, de ne pas se retrouver seul. Car se sentir seul face à un contrôle c’est compliqué. On travaille à cela avec Monsieur Payet, le Préfet de Saône-et-Loire. Il faut bien comprendre que pour des agriculteurs, des éleveurs, le contrôle est vécu comme suspicieux, parfois comme de l’acharnement».

Ces contrôles se doivent pourtant d’exister…
«Oui. Oui quand on est éleveur, agriculteur, c’est normal d’être contrôlé car on travaille, on produit pour l’agroalimentaire, on bénéficie d’aides. Il est donc tout à fait normal d’être contrôlé. C’est dans l’ordre des choses. Mais je le dis avec force, il faut mettre de l’humain. Personnellement je ne charge par l’administration départementale des services vétérinaires. Elle est là pour réaliser ce qui lui est demandé».

Vous pensez sincèrement que les choses peuvent changer ?
«Oui. Marie-Guite Dufay, la Président de la Région, quand elle évoque les difficultés rencontrées par certains agriculteurs a raison de dire qu’il faut aider les hommes et les femmes, y compris à changer de métier.
Et je le dis, dans son programme, Emmanuel Macron a eu raison de dire qu’il fait reconnaître le droit à l’erreur, car tout le monde peut faire fausse route. Il faut bien comprendre, pour avoir une parfaite connaissance des choses, que sur 100 éleveurs, 2% sortent du cadre…»

Il y a une forme de pudeur à parler des suicides… C'est tabou...
«C’est vrai. En Saône-et-Loire, en un mois, on a eu trois suicides. Bien souvent ils sont liés à l’isolement, au sentiment d’isolement. En Saône-et-Loire, pour deux personnes, c’était la conséquence d’une rupture sentimentale couplée à l’isolement.  Et puis il y avait aussi une personne qui avait raté son BTS. Oui cette personne s’est suicidée pour avoir raté un examen. C’est terrible. C’est pour cela que je martèle qu’il faut sortir les agriculteurs, les éleveurs, de leur isolement. On l’a montré samedi à Saint-Firmin…»

Vous voulez parler de l’opération «made in viande»…
«Oui. Le succès a été énorme. Notre société crée une forme de concurrence. Pour l’affronter, la force c’est le collectif. Samedi à Saint-Firmin les gars étaient ensemble, pour montrer les atouts de la filiale, avec fierté.
Il faut bien comprendre que dans une ferme, quand on perd une bête on a le sentiment que tout s’écroule. Mais si on en parle à son collègue, on se rend compte que lui aussi cela lui est arrivé. Alors je dis aux gars : «Ne restez pas seuls». La force du syndicalisme c’est aussi de répondre collectivement à l’individualisme».
Recueilli par Alain BOLLERY


Jouer collectif, Bernard Lacour l'a fait samedi pour «Made in Viande» et l'année dernière pour une moisson à l'ancienne pour le public