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Bernard Darniche : «Les suspensions de permis, c’est un système totalitaire»

06/11/2017 03:17Lu 17517 foisImprimer l’article
L’ancien champion automobile, de passage sur la piste Vaison à Torcy, a accordé une interview choc à creusot-infos, au sujet de la sécurité routière. Bernard Darniche cogne fort :
«Les règles sont incompréhensibles».
«L’apprentissage devrait se faire sur simulateur» - «30 km/heure à Grenoble ça n’a aucun sens» - «En France on a mis en place la ségrégation par le fric» - «Les radars c’est dépassé»
Si vous aviez 3 décisions à prendre au nom de la sécurité routière ?
Benard Darniche : «Premièrement je rendrai plus simple la compréhension de la règle, car elle est devenue incompréhensible pour beaucoup. Plus personne n’est fiche de connaître le code de la route. Il faut une signalétique simple et elle est de plus en plus compliquée. Il faut revenir à des règles qui ont du sens et surtout qui sont compréhensibles, car la stupidité que l’on voit aujourd’hui ne répond à aucune logique.

Vous êtes sévère…
«Oui, car l’administration établit des règles incompréhensibles. Passer de 90 à 70, puis à 90, et ensuite à 60 et ensuite à 70, par exemple, ça n’a pas de sens».

Oui mais alors c’est quoi la solution ?
«Il faut des panneaux avec des règles adaptatives. Quand la règle est bien compréhensible, quand elle est adaptée, alors elle est comprise et respectée par le plus grand nombre. Contrairement aux idées reçues, les gens ne roulent pas vite.
En Allemagne, la vitesse n’est pas tabou sur les autoroutes, car quand il y a une limitation c’est logique. Il faut en finir avec la limitation de vitesse punitive. Et sur un plan plus général, il faut redonner du sens au code la route et aux règles qui le régissent».

Quelle serait votre deuxième mesure ?
«Il faut très vite que l’apprentissage de la conduite s’effectue avec des systèmes modernes. Avec des simulateurs de conduite, comme pour les pilotes d’avions.
Franchement, comment peut-on avoir la prétention d’apprendre en quelques leçons et mettre tout de suite les gens sur les routes. C’est polluant parce qu’ils ne savent pas rouler et conduire. Notre système de formation est archaïque. C’est tout simplement sidérant !»

Et votre troisième mesure ?
«Il faut ouvrir les simulateurs à tout le monde, pour que les gens viennent se tester quand ils en expriment le besoin. Dans notre société, beaucoup de gens qui vivent dans les grandes villes n’ont pas besoin de leur voiture. Avec les simulateurs ils pourraient voir où ils en sont. Ceux qui par exemple ont du mal à tourner la tête comprendraient facilement et admettraient la nécessite d’avoir des caméras de recul. Les gens se rendraient compte eux-mêmes de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas. Ce qui est important, c’est de faire de la bonne pédagogie».

Que pensez-vous de la décision du Maire écologiste Eric Piolle, d'imposer les 30 km/heure partout dans Grenoble ?
«Ca n’a pas de sens. Déjà tout le monde sait qu’à 30 km/heure les voitures polluent plus qu’à 50. Mais au-delà de cet aspect, pour qu’une règle soit respectée, il faut qu’elle soit respectable».

Vous êtes très irrité par les suspensions du permis de conduire. Pourquoi ?
«L’administration prône la tolérance zéro mais le citoyen ne peut pas réclamer, même s’il a raison. Tout le monde ne peut pas payer 2500 euros à un avocat spécialisé pour récupérer rapidement son permis de conduire. C’est la ségrégation par le fric et tout cela n’est pas très socialiste…»

Comment améliorer la sécurité ?
«Prenons l’exemple des autoroutes. Trop de règles créent du stress. La limitation à 130 km/heure correspond au seuil de l’endormissement. Des études montrent que le cerveau est très actif à 150 et/ou 160 km/heure. Et à cette vitesse, il y a donc moins de risques d’endormissement et donc d’accident… C’est pour cela que je dis qu’en France les règles ne sont pas respectables. Que les politiques commencent à être respectables, qu’ils montrent l’exemple… Les radars sont une véritable escroquerie…»

Expliquez-vous…
«C’est très simple, avec les radars on nous met dans un système délictuel avant même d’avoir commis la faute. En Allemagne, c’est l’Automobile Club qui fixe les règles. Ce sont donc des professionnels qui décident, et non pas des élus ou des gens dans une administration. Et puis il y a un autre scandale…»

Lequel ?
«En France, on sanctionne avant même une décision de justice. Les suspensions de permis, pour la plupart son administratives. On est en fait dans un système totalitaire administratif. Les stages de récupérations de points, c’est cela. C’est un système totalitaire. Il n’y a aucune obligation d’écoute. Il faut simplement payer et être là deux jours. On ne peut même pas vous interdire de dormir si vous avez sommeil. Une heure dans simulateur aurait plus de sens et donnerait de meilleurs résultats. Est-ce qu’on se rend compte que 80.000 à 100.000 personnes perdent leur emploi à cause de points perdus. C’est le règne de l’injustice. Celui qui n’a pas d’argent se retrouve dans une grande précarité, avec bien souvent sa famille. Et cela parfois sans avoir commis de délit. Ces personnes ont simplement été les victimes de règles qui n’ont pas de sens et qui les piègent.
Un jour j’ai donné ce chiffre au Ministre des Transports Dominique Bussereau. Il a voulu le contester en me demandant où je l’avais trouvé. Je lui ai répondu que c’était un chiffre de son administration, cela l’a laissé sans voix.
La vérité, c’est que les radars c’est dépassé».

Vous êtes bien affirmatif…
«Les Anglais qui ont inventé les radars automatiques sont en train de les enlever, car ils ont vu leur inefficacité. Savez-vous qu’en France la vitesse moyenne est inférieure à 80 km/heure…  Personne ne le dit, mais c’est pourtant la vérité».
Recueilli par Alain BOLLERY