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RUGBY : Les vérités de Jean-François Contant

05/12/2017 00:06Lu 5773 foisImprimer l’article
Le Président du Comité de Bourgogne, candidat à la présidence de la nouvelle Ligue de Bourgogne – Franche-Comté a accordé une interview vérité à creusot-infos. Sans langue de bois, il place les acteurs du rugby face à leurs responsabilités.«Notre politique c’est d’aider les clubs en difficultés en mettant en place des plans de continuation»
«Mâcon, Beaune, Dijon veulent s’approprier l’élite des jeunes et…»
«70.000 euros net pour le directeur de la ligue, cela me choque»

ACTUALISE : Alain Piguet réagit.
Pourquoi êtes-vous candidat à la Présidence de la nouvelle Ligue Bourgogne – Franche-Comté de Rugby ?
«Nous avons un bilan qui est bon et avec mon équipe nous avons la volonté de pérenniser nos actions, notamment en matière de formation. On voit se finaliser le siège du comité à Beaune, et on a un projet sportif en vue.
Et puis concernant les domaines régaliens, pour la commission d’appel, la commission de disciplines, la commission des règlements, je vois avec la liste adverse (*) pointer des gens qu’on entendait beaucoup à une époque, qu’on n’entend plus aujourd’hui ; c’est à dire des gens qui avaient déserté la maison. Il faut bien que chacun le sache».

Comment le comité de Bourgogne se porte-t-il financièrement ?
«L’assemblée générale financière s’est déroulée samedi à Nuits Saint-Georges, avec 70% des clubs présents. Elle a mis en relief que nous avons réalisé un bénéfice de 14.800 euros. Heureusement que le comité est géré de cette façon, avec une année d’avance sur nos frais de fonctionnement. Car cela nous a permis d’aider de très nombreux clubs qui ont connu des difficultés. Par exemple, heureusement que nous avons été là pour Chagny, Montchanin, Chalon par deux fois, Saint-Firmin, Le Creusot, Saint Léger des Vignes, Pougues, Sens, le RC Dijon et le Stade Dijonnais. Car si le comité n’avait pas été là, ces clubs auraient pu disparaître, être rétrogradés ou déposer le bilan…»

Quelle est votre règle en la matière ?
«Notre politique c’est d’aider les clubs en difficultés en mettant en place des plans de continuation. Cela fait parfois grincer des dents, mais heureusement qu’on peut le faire en aidant un club sur une, deux ou trois années… Et je peux dire que ce sont souvent les plus gros débiteurs qui font le plus de bruit.
Alors oui, heureusement que le comité a su constituer une réserve pour aider des clubs quand c’est nécessaire. Mais j’entends certains qui veulent distribuer la réserve, c’est tellement facile à dire en période électorale. Et ça c’est la liste Piguet, Langillier qui le porte. Ce n’est pas ma conception des choses».

Quel est le risque aujourd’hui pour le rugby régional ?
«Le risque est réel pour une bonne partie de notre rugby. Car la liste Piguet a été construite avec très très majoritairement des clubs fédéraux. Avec très clairement une ligne Mâcon – Beaune – Dijon. Ces trois clubs veulent s’approprier l’élite des jeunes, les mutations, les centres de formation, avec des financements divers. Tout ce qui est entre eux et autour d’eux serait attaqué et pillé dans tous les sens.
J’ajoute que le directeur de ligue prévu, sur la liste Piguet, aurait demandé 70.000 euros nets annuel de revenus et aurait obtenu une réponse favorable».

Cela vous choque ?
«Oui. Cela me choque et m’interpelle. Où on va prendre l’argent ? Dans les caisses du comité ? Mais c’est l’argent des clubs. A l’année, c’est le double du budget de Saint-Firmin, les trois quarts du budget de Couches, de Verdun, d’Auxonne, du RC Dijon, de Saulieu. C’est cela la vérité des chiffres…»

Face à cela que proposez-vous ?
«Nous avons fait une offre au Creusot pour le bassin de rugby Autun – Saint-Firmin – Montchanin. Une offre sportive, avec un effort financier très important, puisque le budget correspondant c’est une année de salaire du directeur de la ligue. Nous on préfère investir dans la formation, le rugby amateur, pour avoir une équipe jeune élite ici, car on croit énormément au Creusot, qui reste une terre de rugby. Cette équipe jeune élite serait pris en charge à 100% par la ligue. Alors on comprend que la Monsieur Piguet serait plus intéressé par un centre de formation fixé à Mâcon, ce qui ne serait pas sans conséquences pour les autres clubs.
J’ajoute qu’on ne souhaite pas que ce soit un Président de club à la tête de la Ligue. Car ce n’est ni logique, ni éthique, avec obligatoirement des suspicions de conflit d’intérêt».

Regrettez-vous de ne pas avoir fait repartir Chalon en 4ème série, après son second dépôt de bilan ?
«D’abord c’était un vote du comité directeur. Ensuite ils auraient écœuré leurs adversaires pendant cinq ans. Et puis, on ne pouvait pas s’asseoir sur 160 gamins, avec des équipes Ballandrade et Theulière. Enfin, si on est quand même élu pour qu’il y ait du rugby en Bourgogne».

Si vous êtes élu, quelles seraient vos premières décisions ?
«Premièrement, soutenir de grandes écoles de rugby, pour quatre à six clubs, dont Le Creusot, ainsi que je l’ai souligné et proposé.
Deuxièmement, investir dans du matériel informatique dans le clubs qui ne sont pas équipés, pour éviter une fracture.
Troisièmement, remettre le club et ses dirigeants au cœur. Avec des formations décentralisées dans chaque bassin, avec huit à dix personnes à former. Mais aussi conserver nos services de proximité à Beaune et à Besançon.
J’ajoute que nous avons un effort énorme à faire pour les écoles de rugby. Car le rugby d’aujourd’hui une mauvaise passe. Le club 14 fait reculer les parents, car il se caractérise par trop de «rentre dedans» et pas assez de jeu.
Je considère par ailleurs qu’il y a la place pour deux clubs professionnels de Bourgogne – Franche-Comté».

Quel regard portez-vous sur le comité de Saône-et-Loire ?
«Nous l’avons récupéré avec un énorme déficit. 70.000 euros ont été croqués en trois ans. Ca nous a coûté 20.000 euros pour le remettre sur les rails.
Enfin, parce que j’entends ce qui se murmure, si le club du Creusot votait pour la liste Piguet, ce serait désobligeant. Car je veux juste rappeler que le club a été sauvé quatre fois. Il a notamment été sauvé du dépôt de bilan, avant qu’il soit reprise par Jean-Pierre Moreau. On a géré ses difficultés avec les élus qui ont su être au rendez-vous. Nous avons aussi ramené une grosse subvention des institutions régionales ; et nous avons toujours fait en sorte que les obligations jeunes soient remplies. Gérard Quatrepoint a aussi été un précieux conseil pour que les comptes passent devant la DNACG.
Enfin, j’ajoute aussi que nous avons sauvé le club de Mâcon trois fois de suite jusqu’en 2013, notamment avec les licences blanches, et les obligations des jeunes. Cela me semble aussi important que tout le monde le sache et/ou s’en souvienne».
Recueilli par Alain BOLLERY

(*) Deux listes sont candidates. Une par Jean François Contant, président sortant du Comité de Bourgogne. Une par Alain Piguet, président de Mâcon

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