samedi 23 février 2019

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Édito
La Présidente a choisi le réseau social, dénoncé pourtant pour la violence de ses commentaires, pour présenter ses vœux. C’est bien plus que paradoxal.
Questions à...
Dans une longue interview à creusot-infos, le Député européen sortant, 3ème sur la liste «Les Républicains», n’est pas tendre avec le Président de la République.
«Ce Président est très tacticien et très habile»
«Le grand débat c’est quand même un aveu d’échec».
Alstom, Nadine Morano, Rachida Dati, référendum, immigration, l’élu bressan n’élude aucun sujet.

Marie-Guite Dufay : «Travaillons ensemble et faites confiance aux territoires»
Jean-Patrick Courtois : «Il y en marre des normes»
Michel Suchaut : «Le principal problème de la France c’est le recrutement»
Patrick Merliaud : «Commandez les EPR dont la France a besoin»

Exclusif

André Accary : «Faites confiance aux territoires»
Jérôme Durain : «Quelles mesures concrètes pour aider les Maires à boucler leurs budgets ?»
David Marti : «Soutenez nous pour le maintien des services publics»
Rémy Rebeyrotte : «La santé, la mobilité, le numérique sont des sujets majeurs»
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RUGBY : Jérôme Durain se concentre sur les commotions des joueurs

09/02/2019 12:00Lu 2027 foisImprimer l’article
Le sénateur (PS) de Saône et Loire était vendredi au club house du COCB. Il a rencontré dirigeants et éducateurs pour se faire expliquer le problème des commotions dans le rugby.
On le sait, le rugby français traverse en ce moment une période délicate. Avec de mauvais résultats sur la scène internationale, mais aussi, bien malheureusement, quatre décès de joueurs en quelques mois. Au moment où une réflexion est en cours pour protéger au maximum les joueurs, le sénateur Jérôme Durain a voulu connaître le sentiment des acteurs du rugby, et il s'est donc rendu vendredi soir au siège du Club Olympique Creusot Bourgogne pour des échanges très intéressants.
En effet, selon Jérôme Durain, ces quatre décès tragiques posent un enjeu de santé. Et à quatre ans de la Coupe du monde qui aura lieu en France, il a voulu en savoir plus sur ce sujet qui préoccupe le monde de l'ovalie. Sa visite d'hier ne s'inscrit pas dans un cadre formel, mais relève d'une démarche personnelle qui lui tient à coeur. Car comme il l'a dit en ouverture de la réunion : "Un copain de mon fils qui joue au rugby a pris un bon carton... Ça pose des questions. Et cette question de la sécurité m'intéresse."

Pour en discuter, dirigeants, joueurs et éducateurs étaient présents. On trouvait ainsi autour de la table les deux présidents Pierre Doucet et Jean-Paul Pelloux, le manager général David Fleurence, Nicolas Pommerel et Raphaël Bourillot, joueurs de l'équipe première et éducateurs au pôle jeunes, David Marti, Maire du Creusot mais aussi ancien joueur et entraîneur de rugby, ainsi que Moumen Achou, adjoint aux sports de la ville du Creusot.

D'abord la formation...
Pour Nicolas Pommerel, responsable de la formation des jeunes au COCB, le rugby est un sport de contact, et donc le joueur de rugby est exposé à subir des contacts. Il note que parmi les quatre morts de ces derniers mois, il n'y pas eu que des commotions, il y a également eu des entorses cervicales. Le niveau de jeu et la masse des joueurs s'étant élevés, la violence des chocs s'est élevée elle aussi. Et cela pose le vrai problème que le rugby va devoir régler, celui de la formation : apprendre aux jeunes, dans les écoles de rugby, à bien se placer, à maîtriser les gestes techniques.  Car il l'affirme : "En Pro D2, même en Top 14, on voit des plaquages qui techniquement sont mal faits." Et de pointer un paradoxe : les épaulettes, les casques, ne devraient pas être utilisés chez les enfants. Car ceux-ci, se sentant protégés, sont moins attentifs à leur placement et n'hésitent pas à s'engager davantage. Des propos qui ont "cassé les codes" de David Marti, qui les avait déjà entendus dans la bouche de Bernard Laporte, Président de la FFR.
Ces propos sont corroborés par David Fleurence, qui estime que la formation a évolué dans le mauvais sens. Il donne l'exemple du jeu à XIII, qui utilise beaucoup les plaquages sur le haut du corps et qui est épargné par le problème des commotions. Le problème vient donc de la formation. Il faudrait des éducateurs qui soient experts dans une catégorie d'âge, et qui s'attachent beaucoup aux aspects techniques. Alors que dans le système actuel, les éducateurs les plus experts sont au sommet de la pyramide.

Ensuite l'intelligence
Mais il y a aussi l'évolution physique des joueurs de rugby... Et là, David Marti n'hésite pas :"Moi, si je regarde un match de Top 14, je m'emmerde... Je m'emmerde ! On est en ligne et on se rentre dedans. On refait la ligne et on recommence. Pick and go, pick and go..."
Un constat partagé par beaucoup, et dont Jérôme Durain ne manque pas de relever le côté paradoxal : "C'est paradoxal que la professionnalisation apporte moins de jeu, moins de spectacle..."
C'est là qu'émerge un autre aspect du problème : la musculation chez les joueurs de rugby. Et Nicolas Pommerel n'y va pas par quatre chemins : "Il est bien plus facile de créer un athlète que de faire un joueur intelligent." Jean-Paul Pelloux renchérit, évoquant les dérives de la musculation. "Moi, à mon époque, je faisais de la muscu, mais pour travailler la force explosive. Je sautais en courte (il jouait en deuxième ligne, NDLR), il fallait envoyer du jus et se protéger, car on sautait tout seul. Maintenant, il y a une mauvaise utilisation de la muscu. On l'emploie pour faire des robots et rentrer dans la gueule des mecs. Il y a donc une déviance de la muscu pour faire mal."

Une dérive que les Anglais ont commencé à parer en instaurant le touché chez les jeunes. Et David Fleurence estime que jusqu'à 12 ans, il ne devrait pas y avoir de contact (d'ailleurs le football n'autorise pas les têtes dans les catégories de jeunes). Pour lui, la vraie solution passe par la formation et par une véritable culture sportive globale. La lutte, la gymnastique sont des sports de base dont la pratique pourrait contribuer à une meilleure formation des petits rugbymen.

Ne pas noircir le tableau
Tout n'est pourtant pas à jeter et si effectivement les accidents dramatiques de ces derniers mois ont propulsé le rugby sur le devant de la scène, Nicolas Pommerel indique n'avoir, en quinze ans d'entraîneur, jamais vu de K.O. chez les jeunes. Lui-même, dans sa longue carrière de joueur (y compris professionnel puisqu'il a évolué en Pro D2) n'a subi qu'un K.O. Bien moins qu'un boxeur...
David Marti abonde dans ce sens et précise que le rugby est un sport qui apporte beaucoup, et pas seulement sur le terrain. L'esprit rugby se retrouve dans toutes les dimensions de la vie.

En conclusion, Jérôme Durain se dit rassuré par la façon dont le problème est traité : "Je ne vous sens pas démesurément inquiets. Vous êtes plus inquiets pour le jeu que pour les joueurs. Je suis arrivé avec une question, et je repars avec bien plus que des réponses. J'ai vraiment appris beaucoup de choses ce soir."