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RUGBY (Fédérale 2) : C’est la «der» à la maison de Julien Lefèvre

18/03/2017 10:00Lu 6662 foisImprimer l’article
C’est ce dimanche, face à Saint-Priest, que Julien Lefèvre dispute son dernier match à domicile sous les couleurs du Creusot. C’est un GRAND MONSIEUR qui met fin à sa carrière.
«C’est le même sur le terrain et dans l’entreprise», assure, Frédéric Vaysse-Labonde son patron.
        «Je suis arrivé à la limite, physique et mentale», assure Julien Lefèvre.
Toutes les belles histoires ont une fin. Et ce dimanche 19 mars, veille du printemps, difficile de savoir qui aura la gorge la plus nouée, les yeux les plus embués. Julien Lefèvre ? Ou/Et les supporters et amis du Club Olympique Creusot Bourgogne.
Oui difficile de savoir car entre Julien Lefèvre, le COCB et ses supporters c’est une déjà longue histoire d’amour. Un bel amour. Car jamais, oui jamais, ni l’un ni les autres, ne se sont pas aimés.
Ce dimanche 19 mars, signe du hasard, c’est la Saint-Joseph. Comme un clin d’œil pour tous les joueurs qui considèrent que sur le terrain Julien Lefèvre a toujours été leur papa. Un peu comme Gérard Verdoulet l’a été, un peu comme Jean-Paul Pelloux, aujourd’hui Président, l’a aussi été… Un peu comme toutes ces légendes du rugby creusotin. Il y a eu ceux des lumières du rugby, comme les Kazo, comme André Buonomo, comme Ben Labouré, comme le «Chou» Rousseau, comme Henri Krawczuk, comme Saho Karizic, comme les frères Ponel, comme les grands Walter Pluss ou «Mémé» Génelot, comme Marcel De Cerchio, comme Dominique Duvernois, comme tant d’autres et on nous excusera de ne pas allonger la liste…

Il restera commune légende


Et puis il y a donc ceux de ce COCB qui ne connaît plus les feux des projecteurs, car le rugby a opéré une révolution en filant sur les autoroutes du fric, sans que l’on voit les résultats en équipe de France. Du COCB qui n’est plus en élite, Julien Lefèvre restera comme une légende. Il restera le capitaine qui a affronté les pires tempêtes sur le terrain. Celui qui aura joué pour pas grand chose. Pas pour le fric. Pas pour la gloire. Juste pour l’envie, seulement pour le cœur, pour ces valeurs cardinales du rugby que le COCB sait parfois monter à un tel niveau.
Combien de fois les supporters l’ont-ils remercié dans la chaude ambiance du Mille Club. Oui combien de fois a-t-il montré sur le terrain qu’il ne fallait jamais abdiqué, qu’il fallait toujours y croire, qu’il y avait un maillot à défendre.
On n’a pas besoin d’être dans une grande équipe, d’évoluer au plus haut niveau, pour être un GRAND JOUEUR. Julien Lefèvre en est l’incarnation. Alors oui ce dernier dimanche de l’hiver, pour le dernier match à domicile de la saison, il va retourner au charbon. Il mérite une grande sortie et nous sommes persuadés qu’il l’aura, au-delà du résultat.
Une victoire le comblerait d’aise, comme elle ravirait celles et ceux qui ont vécu douloureusement cette saison atypique. Pour Julien et pour tout le monde, oui il faudrait une victoire.

Reconnaissance, Gratitude et Respect


Mais sa vraie victoire a lieu il l’a déjà eue. Cette victoire elle porte des mots : Reconnaissance, Gratitude, Respect.
A l’heure d’écrire ces lignes, forcément les souvenirs se bousculent, comme ils vont se bousculer dans toutes les têtes. Mais finalement c’est peut être bien Julien Lefèvre qui sur le coup de 15 heures, ce dimanche, sera le plus serein.
Le garçon n’est pas du genre à dissimuler ce qu’il a dans le ventre. Et c’est bien la sérénité qui a prédominé à l’heure de l’entretien que nous avons eu.
Parce qu’il incarne cette fameuse alchimie qui a été la marqué de nombre de rugbymen ayant évolué au Creusot, à savoir «travail + rugby», nous l’avons immortalisé sur son lieu de travail. A la SRCI. Pourquoi ? Parce que tout simplement parce qu’il avait trouvé du travail au Creusot, à la SRCI, qu’il a signé au Creusot pour un long bail de 13 saisons.

«Il arrive marqué le lundi, mais jamais en retard»


«Julien, il n’est jamais en retard le lundi matin, malgré les bobos et les coups du week-end. Il arrive marqué le lundi, mais jamais en retard», lâche Frédéric Vaysse-Labonde, le patron de l’entreprise. Et de s’empresser d’ajouter : «Julien, c’est le même sur le terrain que dans l’entreprise. Un gars apprécié, un bon professionnel, un moteur pour les autres».
Sur le terrain donc, comme dans la vie.
C’est à Langres, là où il fait plus froid que chaud tout au long de l’année, que Julien Lefèvre a découvert le rugby. Il avait 6/7 ans. Il avait 21 ans quand il est venu jouer deux saisons à Autun. «Ensuite, parce que j’avais trouvé du boulot au Creusot, j’ai signé au Creusot», dit le titulaire d’un CAP de structures métalliques. Il aime son boulot : «On fait de belles choses et c’est varié. On réalise de belles commandes», lâche-t-il dans un grand sourire.

«Je suis arrivé à la limite»


Il aura passé 13 ans à porter les couleurs du Creusot. Quand l’année dernière il a décidé de rempiler, il n’a pas eu peur de faire la saison de trop : «Non car j’avais envie de jouer. Mais maintenant il est temps d’arrêter. Je n’ai plus la même envie. Je suis arrivé à la limite. Physique et mentale».
Julien parle alors de son envie de sa vie de famille avec son épouse France et leurs deux enfants. «J’ai plutôt envie de rester au club», glisse-t-il. Cela n’étonnera personne.
Quand on lui demande ce qui l’aura le plus marqué, c’est finalement sans surprise, de cette saison, c’était il y a deux ans, où le COCB a sauvé sa tête, à la dernière journée, en gagnant à Seyssins. «On avait galéré tous ensembles, toute la saison, avec peu de moyens. On s’est battu au mental toute la saison. Et puis on a eu la force d’aller gagner à Seyssins pour ne pas descendre. Avec les gars, on en parle encore… Ca nous a tous marqués…»
Le grand Julien parle encore de la belle saison, «celle avec Ormaechea. Rugbystiquement on était au-dessus. Au niveau du rugby, c’est la plus belle, même si on a enregistré des grosses défaites à l’extérieur dans la deuxième partie de la saison».

«Ce n’est plus la Fédérale 2 d’il y a dix ans»


Comment a-t-il vu le rugby évoluer ces dernières années ? «Oh, c’est assez simple. Le niveau de jeu augmente. Ce n’est plus la Fédérale 2 d’il y a dix ans. Aujourd’hui, on a en face de nous des gars qui sont passés par des centres de formation, qui n’ont pas pu devenir pros. A Saint-Savin, il y avait plein d’anciens de Bourgoin. Et sur le terrain ça se voit».
Pour l’avenir du rugby au Creusot, Julien Lefèvre est catégorique : «Même s’il n’y a pas eu les résultats espérés, le club est dans une bonne dynamique. Il faut structurer le club encore plus. Mais il faut être pragmatique. A un moment, trouver du boulot aux gars ça ne suffira pas. Ces dernières années, le club s’est appuyé sur un groupe, à l’identité très forte, dans nos différences, nos atouts et nos faiblesses. Mais on arrive à la fin du cycle. Il faut donc accentuer la formation, pour pouvoir s’appuyer sur nos ressources locales, et puis être capables d’attirer des joueurs».

«Gagner une dernière fois ici»


Cette dernière saison, «un peu compliquée», Julien Lefèvre ne jette pas tout. «Par le passé on a beaucoup joué à l’affectif. Pendant les trois dernières saisons je n’ai eu aucun souci avec Christophe Vojetta. Simplement, on a tellement joué à l’affectif quand on il n’y avait que cela pour nous sauver, que cette saison on n’a peut être pas mis autant d’intensité. Parce qu’on pensait peut être et à tort que ce serait plus facile. J’ajoute, que ce n’est pas parce qu’on décide que l’on va se qualifier que l’on se qualifie obligatoirement. Le rugby c’est plus compliqué que cela».
Des mauvais souvenirs à l’heure d’arrêter ? «Je ne sais pas si j’en ai… Peut être quand on descendait, mais c’était logique».
Julien Lefèvre dit encore ne pas avoir de regrets, «mais faire une saison en Fédérale 1 m’aurait bien plu. Mais comme j’ai eu des sélections, ce n’est pas grave».
Pour sa der au Parc des Sports, Julien Lefèvre veut d’abord faire un bon match. «Pour gagner sportivement notre maintien sur le terrain. Il y aura avec moi des gars avec qui j’ai commencé au Creusot, comme Mattray ou Adrien Deleplanque. Avec eux, avec tous les gars, j’ai envie de gagner une dernière fois ici». Tout le monde le souhaite.
Alain BOLLERY