mercredi 18 septembre 2019

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Édito
Les résultats des élections européennes ont confirmé qu’il convient de se méfier de plus en plus des sondages. Jean-Luc et Laurent faisaient la gueule dimanche soir, mais ils n’étaient pas les seuls.
Questions à...
Le lundi 9 septembre 2019 restera dans l’histoire pour l’Hôtel-Dieu du Creusot, avec la première intervention chirurgicale réalisée avec le robot chirurgical, le 1er de Saône-et-Loire.
Le Docteur Jean-Philibert Combier a réagi dans une interview exclusive à creusot-infos.
«Le robot ne remplace pas le chirurgien. Il exécute ses gestes. C’est un progrès considérable»
«C’est capital pour recruter de jeunes médecins»
«Le Maire du Creusot a eu une vision d’avenir et de progrès sur ce dossier stratégique»
Vice-président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, en charge des lycées et de l’apprentissage, Stéphane Guiguet détaille l’implication de la Région en matière d’investissements, mais aussi pour «le pouvoir d’achat des lycéens et de leurs familles».
Le conseil départemental est mobilisé pour les Collèges. C’est que ce le Président André Accary a annoncé, ce jeudi matin, à Montchanin, où il a fait sa rentrée des classes.
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Grégory Kacala : «Le Creusot m’a donné la chance d’apprendre à jouer au vrai rugby»

10/01/2018 15:05Lu 10713 foisImprimer l’article
L’ancien joueur du COC, international polonais, est passé par Le Creusot. Il veut s’appuyer sur des clubs français pour faire élever le niveau des jeunes rugbymen de Pologne.
Il a évidemment changé. Mais il a conservé cette simplicité et cette joie dans ses yeux qui brillaient comme mille quand avec le COC il remportait des matches. C’était le temps du groupe A, c’était le temps où le professionnalisme n’avait encore pas fait trop de dégâts sur nombre de terres de rugby dans l’hexagone.
Grégory Kacala est au rang de ces rugbymen qui ont marqué Le Creusot. Comme d’autres Polonais, comme Henri Krawczuk, comme Saho Karizic, le plus célèbre des «Yougo» du Creusot, même si Mandic a aussi marqué les esprits.
D’ailleurs ce mercredi matin, quand Kacala a retrouvé Henri et Saho, lui le 3ème de légende, premier polonais à avoir remporté la Coupe d’Europe des clubs avec Brive, a voulu faire une photo et il avait les yeux humides. Il a voulu, le temps d’un cliché, être dans cette première ligne qui a fait trembler nombre d’équipes.

«Ils m'ont tous dit qu'ils n'aimaient pas venir au Creusot»


Car Grégory Kacala le dit tout haut : «Tous les internationaux français que j’ai croisés du temps où j’ai joué à Grenoble, ou à Brive, tous m’ont dit qu’ils n’aimaient pas venir au Creusot, qu’ils avaient peur quand ils venaient, ce c'était dur d'y gagner».
Quand il avait quitté Le Creusot, il avait les cheveux longs frisés. Aujourd’hui il a les cheveux courts et le temps à accentué les marques des coups reçus dans les combats d’avants. Ils sont comme des trophées.
«Le Creusot m’a donné la chance d’apprendre à jouer au vrai rugby», assène Grégory Kacala qui, ce mercredi matin, est passé par le Mille Club du COCB. Avec Dariusz Olszewski, le Président de la Fédération Polonaise de Rugby, ils sont en mission.
Celle de trouver des clubs pouvait accueillir des jeunes polonais, pour leur permettre d’élever leur niveau de rugby, «pour qu’un jour, un ou plusieurs puissent évoluer en Top 14». Car Kacala est conscient des difficulté de son sport dans son pays. «Chez nous, les jeunes sont attirés par le foot, le basket, le hand. Le rugby vient à la fin…» glisse-t-il le regard un peu troublé.
Car lui, forcément, ça le marque. Il n’a pas oublié les circonstances qui l’ont conduit à passer du ballon de handball au ballon ovale, quand un entraîneur de hand, l’avait comme insulté en lui lançant : «Tu n’as qu’à aller jouer au rugby». Il l’a fait. Avec le destin qu’on lui connaît et comme aboutissement, sur la pelouse de Jean Garnier, un fameux «France – Pologne» où il avait tapé dans l’œil du regretté Jacques Fouroux. Un match au cours duquel il avait affronté une génération de futurs grands de l’équipe de France, dont Olivier Roumat…
Kacala, faut-il le rappeler, restera comme un des grands joueurs du COC. Et aujourd’hui, il aimerait bien que quelques uns marchent dans ses pas.

Il faut que des jeunes polonais progressent dans des clubs comme Le Creusot


A la Fédé de Pologne, il est en charge des relations internationales. Lui qui s’occupe du club de Gdansk est aussi un peu le directeur sportif des moins de 18 ans de Pologue, qui s’apprêtent au printemps prochain, à disputera en Pologne, chez eux, le championnat d’Europe.
Avant que quelques uns se fassent remarquer, Grégory Kacala a plutôt envie de faire dans le durable. C’est ce qu’il a expliqué à Pierre Doucet et Jean-Paul Pelloux – il a joué avec ce dernier – qu’il a rencontrés ce mercredi matin, avant de partager le verre avec les amis et les potes.
Il a expliqué que les jeunes polonais sont plutôt tentés par l’Angleterre, non sans donner deux chiffres qui parlent : «Deux millions de Polonais vivent en Grande Bretagne, et chez nous en Pologne, il y a un million d’Ukrainiens, parce qu’il n’y a pas de chômage».
Plutôt que craindre le «plombier polonais», comme cela a été un argument de campagne électorale, Greg Kacala aimerait plutôt que les Français aiment, découvrent, apprécient les jeunes rugbymen polonais. Ils ne sont pas légion actuellement dans l’hexagone. Mâcon, Vienne, Rumilly accueillent des compatriotes de Greg. «Les jeunes chez nous ne sont pas mal physiquement, mais ils ont beaucoup à apprendre, comme moi quand je suis arrivé et que j’avais 23 ans».
Quand il évoque ses souvenirs, l’ancien 3ème ligne se souvient des matches contre Chalon et Montchanin. Il se souvient de ces confrontations musclées, rugueuses, enflammées, qui lui ont permis de progresser et ensuite de mettre à terre, au Creusot, des équipes comme Grenoble, Toulon, ou encore le Biarritz de Serge Blanco, pour l’inauguration de l’éclairage à Jean Garnier.

Travailler dans la durée


Greg n’a pas oublié cela et il voudrait par dessus tout que certains de ses jeunes compatriotes puissent le vivre, puissent pourquoi pas aller à Cardiff, où il a terminé sa carrière. En ce sens, il a proposé aux dirigeants du Creusot d’accueillir des jeunes, car il estime aujourd’hui que le niveau du rugby polonais est plutôt de celui de la Fédérale 1 ou plus sûrement de la Fédérale 2, que de la Pro D2 et encore moins du Top 14.
Jean-Paul Pelloux et Pierre Doucet se sont montrés très attentifs, avec la volonté de travailler dans la durée. Car évidemment, il faut aussi penser à l’apprentissage, outre rugby, de ces jeunes. Y compris celui de la langue française. Bref un vaste chantier, pour lequel on sait déjà que Grégory Kacala sera un excellent ambassadeur.
Et juste s’il fallait une dernière preuve de son extrême gentille et sa profonde gratitude, il a spontanément serré dans ses bras «papy Benoit», en louant la qualité de ses viandes. Il y a des choses que l’on n’oublie pas !
Alain BOLLERY