jeudi 15 novembre 2018

Marché Artisanal ce week-end avec de nombreux artisans locaux et ouverture de votre Espace Noël ce Samedi 17 Novembre

Édito
Alors que la France grogne contre la hausse des carburants, ils sont comme muets…
Questions à...

Exclusif

C’est un visiteur de marque qui, dimanche après-midi, a découvert l’exposition «Pierre Soulages, Le Creusot» à L’arc.
Président de l’institut national de la recherche agronomique, Philippe Mauguin s’est confié à «creusot-infos».
Le champion Alain Bernard s'est confié dans une interview à creusot-infos. Pour parler du complexe aquatique du Creusot, mais pas seulement.
«Pour moi c'est important d'aller au contact des jeunes».
«Pour PARIS 2024 je n'ai pas peur, mais je suis inquiet».
«Je vais échanger avec la Ministre pour parler des projets».
C’est officiel, le conseiller régional de Bourgogne - Franche-Comté et Président des Amis de la Rose à Frangy, quitte lui aussi le Parti Socialiste pour créer un autre parti avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, qu’il accueillera en Saône-et-Loire en novembre.
Denis Lamard s’explique dans une interview à creusot-infos.
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BASKET : Une interview «vérité», sans filtre ni concession, d'Anibal Castano

20/06/2018 03:17Lu 18485 foisImprimer l’article
Dans une interview fleuve à creusot-infos, Anibal Castano balance ses vérités. Sur son sport le basket, sur la Fédération, sur l'arbitrage.
Une grande interview où l'ancien arbitre international explique aussi pourquoi il a quitté Le Breuil pour rejoindre Le Creusot, lui l'enfant de Torcy. Accrochez vous. Ses propos ne laisseront personne indifférent dans le monde du basket.
Quand il avait quitté le club du Breuil pour rejoindre l'A.B.Creusot, Anibal Castano l'avait fait sans tambour, ni trompettes. Une année plus tard, il a accepté de se livrer dans une longue interview. Il parle avec les émotions à fleur de peau. Une interview vérité où il dit les choses. Quitte à déranger. Mais surtout pour interpeller, tirer la sonnette d'alarme. Il se confie sans états d'âme. Ce qui n'étonnera pas celles et ceux qui connaissent son extrême sensibilité.

Anibal, il y a bien longtemps que vous n'aviez pas pris un moment pour parler de basket. On sait que vous avez une vision très pragmatique de votre sport et au regard de votre parcours dans les arcanes du Haut Niveau pendant près de 30 ans. Nous savons aussi à Creusot Infos pour avoir fait quelques bouts de chemins ensemble que mettre des filtres dans tes commentaires, ce n’est pas vraiment votre style. Comment avez-vous traversé cette saison et quel regard portez-vous sur l’évolution du basket ?
Anibal CASTANO :  Depuis plus de 45 ans, ce basket fait partie de mon quotidien tant sur le plan de la proximité avec les gens qui m’entourent que par ce qu’il habite mon esprit chaque fois que quelque chose m’interpelle, me choque ou me touche… à cause du basket ou autour du basket. J’ai été joueur, dirigeant, arbitre, bénévole, entraineur, encore aujourd’hui car ma vocation première et au final : imprégné de l’ADN de la passion pour ce ballon orange parce qu’avec lui : j’ai découvert une formidable école de la vie. Ainsi après m’être construit à Torcy pendant plus de trois décennies autour de mentors exceptionnels et un passage de quelques années du côté du Breuil, je suis aujourd’hui au service de l’AB Creusot que j’ai rejoint depuis le début de cette saison qui est en train de se terminer … Toutes ces aventures ont été très productives au niveau de ma satisfaction personnelle et notamment en ce qui concerne le rapport à l’autre et l’idée de valeur de ce qu’est construire un groupe, une équipe en partant d’une pratique sportive : Le basket. J’ai toujours essayé d’apporter modestement un peu de ce que j’ai appris sur toutes les routes empruntées mais aussi et surtout de prendre du plaisir au côté de gens formidables... à élaborer des projets, les construire autours des moyens humains disponibles et motivés et essayer de les faire aboutir.

Justement, vous aviez plutôt réussi un beau parcours avec une génération de jeunes dans ce club du Breuil avec notamment plusieurs titres de champion et coupe sur le département. Pourquoi n’avoir pas continué l’aventure ?
A.C. : Pour réussir ce dont en quoi l’on croit il faut toujours que l’on soit en phase sur l’essentiel avec les joueurs, les dirigeants… S’amuser, faire du basket … ce n’est pas incompatible avec le faire bien dans un cadre bien défini où un peu de rigueur, d’implication et de travail décuplent selon moi : la satisfaction de ce que l’on fait. Je suis un compétiteur dans l’âme. Être « OK-OK » sur ce qui permet de se projeter vers l’avant et notamment au niveau de la confiance de tous ceux avec qui tu interagis… est une condition indispensable. Ces requis ont fait défaut à un moment. Ça a cristallisé quelques tensions avec joueurs, parents et dirigeants. Je n’étais plus en adéquation avec la fibre du club dans ses objectifs et ses choix, Ne se sentant donc plus utile, il fallait passer à autre chose. Je ne sais pas venir « donner » avec la boule au ventre… pas en ayant un statut de bénévole et en ayant le sentiment de faire le maximum pour tous!

Quand on sait votre attachement à tout ce qui concerne l’humain, ça n’a pas dû être simple de vivre ces moments ?
AC : C’est vrai mais il ne faut jamais ni mentir aux gens et donc leurs dire « votre » propre vérité … ni surtout non plus trahir un certain nombre de valeurs qui vous ont guidé toute une vie. Ces éléments d’éducation et de construction m’ont plutôt donné raison sur le temps, je me suis donc appuyé sur eux, convaincu que ça devait rester le socle de mon action. Mais n’allez pas croire … J’ai gardé et je garderai de très bonnes relations avec les personnes qui j’y ai rencontrées, il ne faut pas briser cet essentiel dans le rapport aux autres quand on éprouve malgré tout, beaucoup l’affection pour eux. J’échange encore beaucoup avec la grande majorité de tous et même si paradoxalement nous sommes chacun très déçus de s’être quittés, ce qui est plutôt bien,  on est aussi content de se revoir. Ça rendra les moments de partage plus rare … donc presque plus heureux chaque fois qu’ils se présenteront. Vous savez, dans toute structure, il y a souvent la loi du « 80 – 20 » qui s’applique. Au Breuil, les 20% de ce qui ne me plaisait plus ont plus pesé que les 80% de ce que j’aimais profondément. Le défaut et la qualité d’une certaine authenticité dans la cohérence de ma perception avec les choses ont fait qu’il fallait tourner la page … ce qui ne veut pas dire qu’on ferme le livre et moins encore qu’on le range dans un tiroir à tout jamais. Je retiens et je garde précieusement en mémoire tous les bons moments vécus… et il y en a eu ! … tant sur le plan des résultats que sur celui des émotions, véritable cadeau de ce que l’on vit. Il est important parfois de recommencer d’autres aventures avec d’autres personnes, ce qui peut être aussi bien pour soi-même que pour les gens dont on s’éloigne un peu mais qu’on ne quitte jamais .

Du coup, vous avez traversé la rue et vous vous êtes retrouvé à l’AB Creusot, un concurrent local … en quoi cette décision a eu du sens pour vous projeter dans un autre objectif ?
A.C. : D’abord j’aimerai qu’on arrête d’opposer les gens aux autres… Si on veut développer le basket localement, idéalement il faudrait qu’il y ait un club dans toutes les communes du territoire et que chacun puisse avoir la volonté de travailler avec l’autre… y compris et surtout aider l’autre. Les guerres de clocher sont d’un autre temps. J’ai toujours pensé que défendre son club c’est bien mais défendre son sport, c’est mieux ! Tu sais, les U17 du Breuil ont été champions du département cette saison ; je vais quand même pas enrager alors que j’ai peut-être modestement contribué à l’épanouissement de quelques joueurs, le travail sur le long terme a payé et c’est tant mieux… et j’ai été très heureux qu’ils aient continué à progresser. Ça pose l’identité que localement on peut réussir des choses ! Nous ne sommes pas moins capables sur ce territoire qu’à Chalon ou à Prissé, il faut juste être convaincu de cela et mettre en musique les succès collectifs de demain.
Autour d’une ville comme Le Creusot, ses collèges, ses lycées, son université, il y a forcément du potentiel pour construire des belles choses. C’est vers cette masse de jeunesse qu’il faut se tourner… oui ! Là où elle est.
Ensuite, il se peut que quelques joueurs dans leurs générations n’aient pas d’équipe dans leurs clubs pour pratiquer le basket ; je trouverai normal que ces quelques-un(e)s aillent voir dans le club d’en face plutôt que de rester là on l’on n’a rien à leur proposer. Arrêtons de ne regarder que nos nombrils et projetons pour les jeunes d’être là où ils peuvent s’épanouir. J’ai des joueurs au Creusot qui feraient mieux de partir au Breuil pour intégrer un groupe qui s’adapte à eux (elles) et je suis sûr qu’il y a des joueurs ou joueuses du Breuil qui auraient intérêt à venir chez nous … pour un temps… ou pour tout le temps….
Pour ce qui est du « pourquoi » l’AB Creusot…. Et bien : un élu du Creusot avec qui j’ai joué quand nous étions gamins à Torcy m’a proposé de venir donner un peu de mon temps à la Salle Jean de Prat ! Je n’ai pas eu d’états d’âme à parler de tout avec lui, notre confiance réciproque et absolue ne m’a freiné en rien pour parler de tout. J’ai simplement posé quelques conditions par rapport à l’histoire d’un temps dont il fallait me semble-t-il tourner la page. Nous avons trouvé un terrain d’entente et dessiné un bout de début de projet pour planter les bases d’un renouveau… Une belle salle avec un parquet, ce n’est pas rien, des belles installations… une volonté locale affirmée de soutenir la jeunesse, un objectif (le véritablement seul qui m’intéresse) de formation des joueurs … si ça, ça n’a pas du bon, qu’est-ce qui a du bon ?

Beaucoup se souviennent d’un échange musclé sur « Creusot Infos » avec l’ex technicien de l’AB Creusot (Gurvan Morvan)... Vous n'avez pas eu quelques craintes en arrivant là où justement vous aviez émis quelques doutes ?
A.C. : Relisez mes propos, je n’avais fait que mettre en cause le peu d’égard manifesté envers les services municipaux qui indirectement étaient aussi l’institution qui payait son salaire … par ailleurs je pense qu’il devait surement être un très bon entraîneur de basket, j’en suis même certain et j’aurais aimé en parler de vive voix avec lui, … Mais le « Basket » n’est pas tout, le problème c’est que je pense qu’en n’intégrant pas une certaine histoire locale ou autre proximité avec les gens du territoire, sans s’en rendre compte, il s’est détaché de l’esprit et de la colonne vertébrale de là où il était avec tout ce que ça représentait … et puis, il y avait aussi ce qui me gênait par-dessus tout : un manque criant de formation sur la base, celle des jeunes qui dessinent le projet de l’avenir d’un club. Quand tu mets quasi tout un budget sur une équipe fusse-t-elle la locomotive du club et qu’il faut d’un autre côté que les parents achètent les maillots des U9 en plus du prix de la licence, je me dis qu’on marche sur la tête ! … donc non, je n’avais pas peur de faire connaissance avec des nouvelles personnes, dans un nouveau contexte et d’expliquer ce dont à quoi je pouvais être utile en m’impliquant dans une nouvelle histoire…

Justement, dans quoi êtes vous impliqué à l’AB Creusot cette saison ?
A.C. : D’abord, je dois dire que c’est une équipe de dirigeants, peut-être réduite qui m’a accueilli mais pleine de bonne volonté et motivée par la furieuse envie de relever le challenge du renouveau de ce club. Bertrand Garnier en est le président et le moteur et Yannick Coignard la personne idoine pour construire le projet technique de l’AB Creusot… Compétent techniquement, compétent humainement, humilité et engagement insoupçonnable : ça fait du bien et je sais que sur ce plan-là : ce qui a précédé n’était pas du même calibre ! Ensuite il y a les Audrey, Sarah, Perra et quelques autres qui donnent ce qu’ils peuvent… ce qu’ils savent…et avec beaucoup de générosité.  Je ne suis qu’un de plus parmi ceux-là et donc cette année : j’étais dédié à la gestion d’un groupe U17 masculin très jeune et peu expérimenté. Je me suis évertué à la formation du joueur en essayant d’apporter un peu de sérieux sur la rigueur, l’apprentissage des fondamentaux, quelques règles aussi de fonctionnement de groupe car j’ai toujours privilégié la notion d’équipe à celle du joueur. J’ai placé aussi ma priorité dans le fait d’apporter quelques éclairages sur un peu tout ; moins sur les résultats qui ne peuvent être, à partir de ce « loin » dont nous partons, que le fruit à cueillir dans quelques années. Il n’y a pas de raccourcis sur cet aspect des choses… Construire, détecter, former, travailler, patienter, consolider et petit à petit : obtenir des premiers résultats.

Au hasard de nos rencontres tout au long de la saison, vous êtes apparu très remonté au sujet des instances du basket en général …
A.C. : Le constat que je fais est terrible sur tant de plans. Je me suis rendu à l’assemblée générale du comité 71 vendredi soir … Je suis désolé mais : quelle tristesse ! Je n’y ai pas ressenti d’énergie, pas de passion. Faut-il que je m’excuse d’avoir eu ce sentiment ? Quel manque de vision et surtout quelle profusion de bons mots et de bonnes intentions à l’attention du peuple des licenciés et des clubs … Tout cela dans un prisme trop politique et quelquefois soit contradictoire soit voulu et assumé pour dissimuler quelques réalités flagrantes qui risquent de nous conduire à une régression inéluctable de notre sport, de sa promotion et de son organisation. Je n’aime pas les autosatisfactions trop appuyées alors qu’il y a plein de sujets qui inquiètent : l’arbitrage, l’intérêt des championnats, le nombre de licenciés … Le problème est que la toute puissante fédération donne son seul « là » et je ne vois que des gens quasi inféodés et plus de forces de contestations utiles ou de propositions censées pour permettre à l’ensemble de faire mieux et surtout : possible.

Quelques exemples précis ?
A.C. : Il me faudrait plus de cinq heures pour vous évoquer le nombre incroyable d’inepties de notre fédération, j’ai voulu me rendre à cette AG pour m’exprimer, plus que pour poser des questions qu’il faut envoyer au préalable et où les réponses sont trop souvent calquées sur le mode « politiquement correct » et, ou estampillées « règlements fédéraux ». Il a fallu presque se fâcher et monter le ton pour prendre la parole dont je sentais bien qu’une partie des élus voulait me couper. Déjà là, y’a un problème : tu es contre quelque chose que tu souhaites expliquer et on réfute à te donner la parole… C’est quand même un signe… et pas un bon signe. Ça m’a donné l’impression que pour être un bon licencié il faut que tu sois silencieux, jamais contre et que tu applaudisses tout le temps ! Heureusement que le sage du comité m’a sauvé en introduisant le précepte : « Ecouter, Partager, Echanger »… Non sans mal j’ai fini donc par avoir le micro… En fait, j’ai été le seul à m’opposer au vote du rapport moral présenté et je voulais m’en expliquer. J’ai commenté au Président du comité qu’il était « non moral » et impensable que la fédération, le comité ne puissent pas qualifier un joueur et permettre à un gamin de 16 ans de jouer au basket en cours de saison. C’est pourtant ce qui nous a été refusé à la raison que la date limite de fin de mutation était dépassée… Hallucinant ! Au moment où les effectifs baissent, où les licenciés diminuent (malgré que le président fédéral communique l’inverse – Creusot Infos relayait en début d’année une annonce de la FFBB qui affirmait une progression de 70 milles licenciés par rapport à la saison précédente, ce qui est complètement faux) … comment un comité ne peut pas trouver une solution pour faire jouer un gamin et ainsi augmenter de « UN » le nombre de ses licenciés ?
Ça m’a rendu fou, cette incompétence à promouvoir le sport qu’on défend et pour lequel les clubs t’ont mis en place pour le développer… Si bien que j’ai expliqué que je ne m’en étais pas arrêté là et donc pour mettre le doigt sur un vrai problème : en cours de saison, mon groupe U17 ayant quelques blessés, j’ai fait jouer le gamin (dont le comité n’a pas voulu qualifier) sur deux rencontres officielles et j’ai informé tout le département 71 de ce que nous avions fait pour être totalement transparent.
J’ai écrit au président et ai dénoncé cet incroyable manque de bon sens, de vision… Et bien, nous avons reçu un courrier parlant de sanctions, de pénalités, de radiations … jamais de solutions ! Au final… Tellement dépassés que le comité a décidé un « non-lieu » dans cette affaire, ce qui met en lumière une certaine forme d’irréflexion, les archaïsmes de nos fonctionnements et l’absence d’une politique globale novatrice et responsable … Du coup : pas de sanctions, pas de : « Je crois que vous avez raison » … Rien ! On étouffe l’affaire et on passe à la suite… même pas capable de prendre le téléphone pour en parler de vive voix et trouver ensembles comment résoudre un problème fondamental où juste un peu de bon sens suffisait pour se sortir de cette situation !

Qu’est-ce que cela vous inspire justement quant au développement du basket en France ?
A.C. : D’abord, je ne vais pas faire que tirer sur l’ambulance… La société a évolué et la jeunesse très, trop rapidement avec elle et donc aussi avec ses nouveaux codes et propositions de loisirs et formes d’épanouissement au quotidien. Ce foutu téléphone portable a modifié les modes de fonctionnement, de communication et la façon de partager avec des individus quelque chose plutôt basé sur un effort physique, autour d’un sport…. que virtuellement sur des réseaux sociaux. Toutes les fédérations connaissent une désaffection de licenciés et donc d’intérêt de la jeunesse pour la pratique sportive, c’est un fait incontestable et en découle donc une grande interrogation à laquelle doivent se pencher les ministères qui se rattachent à ce type de problématique. Ensuite par rapport à notre basket et c’est là que je dresse un constat très sévère sur la fédération et son choix de fonctionnement…
Vous savez, j’ai passé plus de 25 ans au contact du haut niveau du fait de mon parcours d’arbitre de Haut Niveau. Je connais très bien cette fédération et parfois même bien mieux et plus que les membres du comité 71. J’ai appris durant ce long temps dans les arcanes des couloirs fédéraux qu’un président de fédération a toujours (ou pour le moins souvent) un objectif prioritaire non avoué que celui déclaré et avoué… de développer son sport. Cet objectif est : « Se faire élire à la prochaine mandature ! ».
Pour ce qui concerne le basket français, son président actuel a plus encore que ses prédécesseurs instauré une espèce d’organisation globale où entre le courtisan et le compétent, le choix s’est très vite orienté vers le premier nommé pour alimenter sa cours de ses plus proches collaborateurs et dirigeants qui inféodés et formés à n’être QUE de la pensée fédérale, disqualifient des énergies, des capacités d’action et des compétences d’un grand nombre de personne expérimentées… qui ont le défaut de dire parfois trop haut, trop fort mais jamais sans justesse : quand ils ne sont pas d’accord et qui du coup sont véritablement interdits d’apporter leurs expertise, leurs expériences, leurs vécus, leurs idées. C’est tout ce qui en fait nourrit l’immobilisme et limite le développement.

Pour en avoir débattu avec vous très souvent, vous voulez parler par exemple de la situation vécue avec l’arbitrage il y a quelques années ?
A.C. : Oh la… tu m’emmènes sur un sujet que je connais bien et qui est très représentatif de ce que j’affirmais à l’instant. Ironie du hasard : regardez l’article paru cette semaine sur l’équipe et intitulé  « Sifflets coupés » https://www.dropbox.com/s/4ryrj4107w0hykf/Article... … et voyez le droit de réponse immédiatement envoyé à la presse par la FFBB :  https://www.dropbox.com/s/4ryrj4107w0hykf/Article... ).
Et bien voilà une parfaite traduction de ce que je disais en avant : La finale du championnat de France de l’élite de notre sport est en train de se dérouler sans la présence de deux de ses meilleurs arbitres. Incroyable non ? ... Et bien le président a validé cela ! … Ceci pour des raisons aussi obscures que contestables et dont l’origine remonte à quelques années quand s’installa un vent de contestation des arbitres qui réclamaient un cadre adapté à l’activité du H.N. … Le président actuel, tout juste intronisé par son prédécesseur (Yvan Mainini – décédé il y a quelques semaines) surement vexé que sa mandature commença par un conflit de ce type… plutôt que de négocier et véritablement parler avec les arbitres, avait décidé de gérer la situation par la méthode « Marteau dans la main droite et pic à glace dans la main gauche »… et je peux en parler très librement puisque j’en étais en première ligne… Le président croyait qu’il allait régler le problème et affirmer son autorité… Et bien pas de chance, non seulement le problème n’est pas réglé mais il n’a fait qu’empirer – ne lui en déplaise… et les faits parlent contre lui ! Le passage en force (sans mauvais jeu de mot), la chasse aux sorcières, le : « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous »… Ça ne marche pas ! … Pas dans une société comme la nôtre.
Regardez ce qu’il se passe aujourd’hui avec l’arbitrage H.N. et croyez-moi, je sais de quoi je parle. Une espèce de peur, parfois même de terreur s’est installée, ce qui de fait, a contribué à la faiblesse de l’arbitrage qui inhibe tout un groupe d’arbitres sur sa capacité d’agir, de décider, de diriger en toute sérénité. Cette fonction d’arbitre requiert d’avoir des personnalités fortes dans leurs missions d’arbitre, d’être libéré de toutes pressions extérieures, d’être bien formés, accompagnés, ce qui est fondamental pour faire face aux difficultés du terrain et des acteurs du jeu. Oui… la peur (et même plus que ça) a envahi les sifflets, peur « organisée » par quelques-uns du giron décisionnaire de la direction de l’arbitrage pour obliger les arbitres à rester dans un cadre de soumission morale, presque totale ... sous peine de voir le couperet tomber et l’arbitre écarté. Du coup, plus personne n’ose intervenir, lever une main, lever un doigt… parfois même siffler une faute ! Surtout pas de vagues, si bien qu’ils ne peuvent être que déstabilisés par l’environnement irrespirable dans lequel chacun est mis à l’épreuve pour faire face à sa fonction d’arbitre Haut Niveau. C’est dramatique !
Le communiqué de la fédération suite à cet article de « L’équipe » est l’exemple type de la manipulation de la réalité et de la diversion du problème :
-    La fédération revendique que le passage de l’arbitrage à trois s’est parfaitement bien passé … Enquêtez, demandez aux acteurs, vous allez savoir et comprendre que c’est tout le contraire ( CQFD – l’arbitrage en ProB est catastrophique) !
-    Elle noie le poisson en avançant qu’il y avait 7 arbitres internationaux en 2010 et 13 aujourd’hui : Désolé mais ce n’est pas le sujet.
-    Elle précise qu’un arbitre « officie » en Euroleague » et oublie (en toute conscience) de dire que le premier nommé arbitre aussi en « Euroleague ».
-    Elle essaie de se rattraper en désignant l’un des deux (et pas les deux !!!) sur le match numéro 4, ce qui veut dire que si une équipe avait gagné 3 à 0 … il n’aurait jamais arbitré la Finale !
-    Elle affirme que les clubs n’exercent aucune pression sur les désignations des arbitres … Bon là, c’est tellement grotesque que ça en est drôle !
-    Enfin, elle invite tout le monde à ne pas créer de polémiques alors qu’elle est elle-même à l’origine de tant de polémiques et de dysfonctionnement !
Vous imaginez si à la fin du championnat on avait dit à Monaco et à l’équipe du Mans … « Vous êtes 1er et 2ème mais vous n’êtes pas autorisés à participer aux Play Off » … qui donne le titre de champion de France … Bon, et bien là, c’est ce qu’ils ont fait avec quelques arbitres ... et je mets au défi quiconque de m’apporter la preuve du contraire. Alors vous voyez, ça fait quand même beaucoup de contrevérités, d’approximations et d’informations erronées pour un simple communiqué. Mais la fédération a elle le « droit de cité »… et donc l’ouverture du micro pour exposer au peuple « SA » vérité. Le responsable de la communication de la fédération que je connais bien (Fabrice Canet – avec qui j’ai arbitré) a du avaler sa salive de travers en rédigeant le communiqué qu’il a été sommé d’écrire car lui aussi connait bien l’histoire. Je veux donc vous remercier de me permettre de rétablir ici quelques éléments détournés … pour se justifier (elle fédération).
Parfois je me dis que la fédération est bien plus forte que moi sur un point : celui ne de pas avoir ni de gêne ni de honte de ce qu’elle dit, fait ou écrit … alors que moi en pareille circonstance je me sentirais incapable de le dire, le faire ou l’écrire. Elle est donc forte sur ce point. Oui, pas de scrupules ni de limites dans la communication. Mais c’est vrai, un jour quelqu’un a dit que « Toute vérité n’était pas bonne à dire »... quelle stupidité de raisonnement… à part peut-être de l’employer pour se sauver : ce qui est d’une éthique et morale douteuse.

Vous êtes encore très marqué par tout ce qui concerne l’arbitrage qui a constitué une grosse partie de votre relation au monde du Basket …
A.C. : Vous savez, je sais parfaitement comment fonctionne un arbitre, comment il faut le former, je suis allé en Guyane, en Afrique et jusqu’en Polynésie pour cela ; j’ai fait de la formation pendant une génération de temps et avec beaucoup d’engagement, de motivation, d’honnêteté et de passion… et si le dire avec autant de certitude peut paraître prétentieux et narcissique dans l’esprit de quelques-uns… et bien qu’il en soit ainsi pour ces quelques médisants. Je ne pense pas être un « Moi, Je » et je sais dire sur quels domaines je suis incompétent et sur lesquels je connais un peu la chose. J’ai vécu à la fin de mon parcours d’arbitre une infâme injustice infligée par le président de la fédération parce que j’avais eu le tort de défendre le meilleur d’entre nous pour être notre guide et celui qui ferait mieux progresser l’arbitrage français (Pascal Dorizon) …
Tout le monde sait cela : … que j’ai été traité injustement … et que Pascal Dorizon était l’homme de la situation. Vous l’aurez bien compris : ce dernier n’avait pas la qualité d’être un « courtisan » … donc le pouvoir fédéral a expulsé le « compétant » - j’étais présent ce jour de novembre 2011 au sixième étage de la Fédération comme d’ailleurs une autre personne du basket local 71 témoin, il se reconnaitra (!!!) - à assisté à la « mise à mort » de l’arbitrage de l’élite du basket français et ce qui est aujourd’hui encore en conséquence : la réalité regrettable et factuelle du terrain… quel que soit la manipulation de communication de la Fédération à dire que tout va bien. Le président fédéral a mis en place deux personnes incompétentes (mais parfaitement adaptées à son modèle de management) , l’une sur le versant politique, l’autre sur le versant technique, toutes deux incapables de gérer l’arbitrage haut niveau – tout le monde le sait, tout le monde le dit « malheureusement en messe basse » - la terreur fonctionne à plein, chacun a besoin de son petit avantage, de son petit intérêt… la peur au ventre !  Médiocrité humaine je me dis… peut-être pas tant les projets et causes collectives se perdent, il doit donc y avoir une espèce de normalité dans ces comportements individuels très révélateur de la société égocentrique qui nous entoure.  J’ai encore des liens forts avec quelques arbitres et coaches « Pro », tous me parlent d’un niveau d’arbitrage pathétiquement faible. Je leur fais remarquer le tort qu’ils ont à ne pas le dénoncer, à ne s’en plaindre que quand ils perdent des matches (les entraineurs). Mais comment veux-tu que les mecs soient en sérénité le sifflet à la bouche avec ce que je t’ai expliqué plus en avant ?
 Moins près des étoiles sur le département et la région, c’est une catastrophe absolue. Employons les bons mots pour mettre le doigt sur UN vrai problème. Je le vois au quotidien avec des gamins perdus qui me font une peine infinie de constater ce qu’ils sont capables de produire sur le terrain… clairement pas formés (au pire) ou mal formés (au mieux). Quel intérêt aurai-je à dresser un constat erroné ou excessif. Demandez aux clubs, aux joueurs, aux entraîneurs, aux dirigeants, à ceux qui viennent voir le basket dans les salles ! La seule différence, c’est que moi je le dis là ou d’autres, s’en accommodent… par dépit, par fatalisme… je ne sais pas !  Mais que j’ai mal à mon arbitrage, vous ne pouvez pas imaginer !

Mais alors que faut-il faire pour améliorer les choses ?
A.C. : Vous savez … le politique est un animal trop bizarre et souvent d’un incroyable égocentrisme : Jamais il n’y en a un qui tienne un discours de type : « On a fait une erreur » ou « Mince, on s’est trompé » … du coup c’est pour ça qu’on n’y croit plus aux politiques … Vous auriez vu l’autre jour à l’AG du comité : je suis en train de leur démontrer que de ne pas permettre à une gamin de joueur est une « faute » … et bien le président : il est incapable de dire « C’est vrai, on aurait dû faire autrement que d’envoyer votre courrier  à la fédération » … ce qui du coup l’aurait rendu humain, un peu modeste et le contradicteur que je suis… je suis sûr que je me plis en quatre pour l’aider, l’accompagner, travailler avec lui et en toute sincérité … et bien non, le mec arcbouté ( et formée à la règle et pensée fédérale) dans sa logique de « nous ne pouvons avoir que raison et vous que tort » … Ca ne peut pas fonctionner !  Jamais ! … et il faudra qu’ils en prennent conscience. Ah, ben dire à toutes les sauces « Humilité » et bla-bla bla … inscrit sur tous les flyers de présentation : le problème c’est qu’ils ne font pas pour eux-mêmes ce qu’ils demandent ou exigent des autres.
La clé est qu’il faut changer de posture et véritablement joindre les actes aux mots et aux paroles … Quand je dis à mon épouse : « Chérie, je t’aime », elle me répond souvent : « Arrête de me le dire et prouve-le-moi... » , et bien elle a raison : seuls les actes ont du sens ! Au niveau de la fédération, des comités ou des ligues, ça implique donc un peu de hauteur de vue, de raison … et d’humilité. En ne voulant travailler qu’avec les « courtisans », (j’insiste sur cela et ce n’est pas caricatural) … on se coupe du potentiel de ceux qui peuvent apporter, faire progresser, changer les choses, tirer dans le bon sens du meilleur pour tous. Aujourd’hui, dans le système de la fédération, si tu es contre une décision, tu es taxé de « mauvaises intentions », de trouble à l’ordre, c’est quand même incroyable cette vision réductrice et infamante à ton égard. Il faut libérer les énergies, arrêter « d’empêcher de »…, rendre les choses possibles, débloquer des choses simples comme par exemple :
-    Ne pas pouvoir licencier un joueur à cause le « l’article 22, alinéa 4, point b » est une stupidité sans nom ! …
-    Ne pas permettre à un club d’accéder à la division supérieure parce que le club n’a pas les moyens de se payer un entraineur « Brevet d’État », c’est une contrainte, un empêchement d’avancer ou de se développer, c’est injuste si le club est capable d’être compétitif sans entraineur diplômé…
-    La refonte des régions sur le plan du sport n’aura pas les mêmes impacts que sur le plan de l’administration : les caisses sont vides et aller avec une équipe de Paray le Monial à Belfort : tout le monde ne pourra pas le faire, les distances seront des freins à la motivation de la compétition.
-    La fédération essaie de « masquer la misère » en prenant un virage dangereux sur le « 3 contre 3 », ce secteur peut tuer un peu plus le « 5 conte 5 » qui est quand même l’essence de notre jeu… ce n’est d’ailleurs pas ce qui va alimenter les équipes et championnats du « 5 ». En partant sur plusieurs projets à la fois, on prend le risque de les tuer tous un peu…
-    Il y a un vrai travail de prospection à faire pour recruter des dirigeants et des bénévoles pour les clubs, ce sont les piliers des associations, cette entité est en train de disparaitre et donc de compliquer le fonctionnement des associations…
-    Il va falloir trouver d’autres alternatives et méthodes de financement que d’augmenter le prix des licences de 5% tous les ans, les poches des gens commencent aussi à se vider…
-    Il faut enfin que les élus des divers comités travaillent avec les clubs sur les thèmes qui concernent ces clubs et pas sur des thématiques qui arrangent les élus pour faire diversion des vrais problèmes rencontrés….
Ces pistes de réflexion ne sont que quelques-unes parmi tant d’autres questions à se poser. Ça mériterait un véritable forum des idées où on identifierait ce qui ne marche pas … pour essayer de trouver les justes antidotes et solutions adaptées…
Tout un programme !

Pouvez-vous nous expliquer quel est, à vos yeux, le problème de tension actuel entre la FIBA et l’organisation de l’Euroleague ?
A.C. : Je vais t’apporter une image pour que tu comprennes bien la situation : Imagine que demain, le président de la FIBA prenne un avion, traverse l’Atlantique et fasse « Toc-Toc » à la porte du président exécutif de la NBA. Après quelques échanges d’amabilités, le président de la FIBA dit à son interlocuteur : « Et bien voilà, nous sommes venus vous dire que nous voulons que demain nous soyons les organisateurs, les gestionnaires et les tuteurs de la NBA ». Je ne te dis pas le président de la NBA… ce qu’il va répondre au président de la FIBA et je vais vous épargner ma pensée à propos de cette rencontre virtuelle qui accoucherait pour l’un des deux protagonistes d’un ridicule sans nom. Et bien la FIBA, voila ce qu’elle veut avec l’Euroleague : prendre le pouvoir et être le dépositaire total du basket Élite Europe… Sauf que : une autre organisation (ULEB) a été plus rapide et précurseur à monter ce projet en calquant une logique Compétition, Business, Marketing et Développement analogue à la NBA. Aujourd’hui, ça tourne : L’Euroleague a son réseau, son exposition, son audience, ses médias, ses arbitres, son organisation… aussi et bien évidemment : l’argent. Donc tu l’auras compris, l’épreuve de force est en faveur de cette dernière et je ne vois pas comment la FIBA pourra absorber l’Euroleague… en tous les cas pas dans l’immédiat. Il faut donc travailler avec et autour d’elle comme par exemple sur la cohérence des compétitions pour que les fédérations puissent bénéficier de leurs meilleurs joueurs lors des phases qualificatives à des championnats du monde ou Olympiques pour leurs équipes nationales... et l’Euroleague pourrait être plus conciliante que la NBA qui elle, ne libèrera jamais les Gobert, Fournier et autre Batum qu’elle paye à coup de salaire exorbitants.

Comment continuer de donner encore du sens à votre passion et à votre attachement pour le basket ?
A.C : Vous voyez, l’autre jour à l’AG du comité, il y avait un président de Ligue qui distribuait à tous les clubs : un papier avec une liste de gens pour lesquels il ne fallait pas voter à l’AG de  la nouvelle Ligue en devenir « Bourgogne Franche Comté » qui avait lieu Dimanche dernier. Et bien voilà tout ce que j’exècre dans cette volonté de vouloir exister à tout prix en faisant valoir une addiction plus impérieuse au titre que l’on veut porter … qu’au sens de l’action que l’on veut mener. C’est tout ce que j’ai toujours détesté et qui de plus en plus m’éloigne des responsables « élus » à cause de ce qu’ils font et se servent de leurs rôles et fonctions !
Je n’ai jamais été président de rien mais acteur sur le rectangle de bois pour former joueurs et arbitres. Je me sens donc utile à apprendre le basket à des jeunes et je crois au bagage que 25 ans de haut niveau m’ont donné en côtoyant les entraineurs et entrainements de toutes les équipes que j’ai accompagnées, de France et d’ailleurs. Je ne restais jamais dans les chambres d’hôtel mais j’étais toujours sur les parquets à apprendre, comprendre et retenir de tout ce que je voyais : pour un jour en reverser un peu, à ma façon, en l’adaptant à mes joueurs… et ça, ça a du sens. Après, je sais ce qu’est le haut niveau pour y avoir été très longtemps, je connais les mécanismes et fonctionnements des institutions, je connais les joueurs, les entraineurs, beaucoup de dirigeants, les arbitres…
Après, tu décryptes comme tu veux. Dans un autre registre : j’ai passé tout ce dernier weekend à Montpellier à la demande de la Fédération Française de Lutte où je suis allé exposer à leurs arbitres un sujet que je maitrise plutôt bien sur « La Gestion des relations conflictuelles sur le terrain ». Je me demande comment ils sont remontés jusqu’à moi pour me demander cette intervention … à moi ! C’était gratifiant, ça m’a fait un immense plaisir. C’était formateur un max… plutôt même plus pour moi que pour eux. Tout le monde était très content et j’ai passé un excellent moment en apprenant encore des autres et en proposant quelque chose de mes expériences. Je ne sers pas à la fédération de mon sport parce que je n’ai pas le bon profil en adéquation des requis de caractère et personnalité mais ce n’est pas grave, ça peut servir à d’autres. Ce ne sera jamais : « Tant pis pour moi ».
Je n’aurai jamais la langue de bois … Je définis le politique entre faire ce qu’il peut et ce qu’il doit… Je regrette simplement qu’une réaction impulsive, instinctive, le dirige trop souvent dans le d’abord pour lui … avant que pour la grande armée de tous les autres. En cela je préfère rester homme de terrain qu’homme de réunionite. Je ne me dévie pas de mon cadre de valeurs et je ne négocie pas avec celui auquel je crois. Il y a trois semaines j’ai partagé une pizza avec mon copain Clément Turpin avant son départ pour la Russie et sa coupe du monde et là aussi les échanges ont été justes magiques dans le contenu et tellement formateur pour chacun de nous. La vie est belle … malgré tout et il existe toujours des instants à partager qui décuplent ta motivation à agir et à être acteur de ce que tu aimes partager. C’est un privilège absolu!

Un mot de conclusion ?
A.C. : Il y aurait tellement à dire encore… Il n’y a rien de plus riche que de se sentir un homme libre pour pouvoir dire les choses… Je ne me sens pas plus sincère à penser les choses et à les taire, qu’à penser les choses et à les dire ! Je n’ai l’intention QUE de les faire avancer pour qu’elles profitent au plus grand nombre et à moi en dernier. Ma plus grande satisfaction sera toujours celle des autres. J’ai pour l’instant une passion inépuisable de ce sport magnifique qu’est le basket, une gratitude infinie pour ce qu’il m’a apporté et beaucoup de moi encore à lui donner comme je peux … où je peux !
Recueilli par Alain BOLLERY