jeudi 24 mai 2018
Édito
Le devoir de mémoire ne doit pas être une option. C’est une obligation et en ce sens, il est particulièrement regrettable que les enfants des écoles du Creusot ne soient pas plus impliqués dans les commémorations. Que ce soit le 11 novembre ou le 8 mai.
Questions à...
Alors que le championnat se termine, Dominique Juillot se livre dans une interview vérité. Il se projette dans l’avenir et dessine ce que devra être l’Elan Chalon 2018/2019. Avec des jeunes. Avec, pourquoi pas, un retour de John Roberson…
Le tourisme en Saône-et-Loire est sur un vent porteur. 2018 sera d’abord l’année du vélo et 2019 sera l’année de l’œnotourisme annonce Elisabeth Roblot, dans une interview à creusot-infos.
L’ancien Ministre sera ce mercredi à Mâcon pour une visite d’expertise. Il se confie dans une interview à creusot-infos :
«André Accary a eu raison de lancer le recrutement de médecins»
«RCEA : On a perdu de belles années»
«Je soutiens la réforme de la SNCF. L’ouverture des lignes à la concurrence est une bonne chose»
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BASKET (Jeep Elite) : La grande famille de l’Elan Chalon a tenu le choc

17/05/2018 09:05Lu 1475 foisImprimer l’article
C’était la cérémonie des adieux mercredi soir au Colisée, avec une dernière communion entre les joueurs et les abonnés/supporters.
Le Président Dominique Juillot, Sébastien Martin, le Capitaine Jérémy Nzeulie et l’entraîneur Jean-Denys Choulet ont souligné combien l’esprit de famille XXXXL avait contribué au sauvetage du club.
Il y a eu des larmes mercredi soir au Colisée. Celles d’abonnés qui sont bien plus supporters qu’abonnés d’ailleurs. Au lendemain du dernier match de championnat de la Jeep Elite, perdue à Boulazac, les abonnés étaient conviés à une dernière rencontre avec les joueurs et bien évidemment avec la direction du club.
Alors que tout le monde s’installait dans la tribune, un orage a frappé. Comme le symbole de cette saison qui aurait pu voir le club se noyer. Oui mais voilà, l’Elan Chalon n’est pas un club comme un autre. La famille a tenu le choc, on a serré les rangs et si des sifflets ont pu fuser, le Colisée n’a jamais été déserté.
Dans le malheur d’une première partie de saison aux résultats catastrophiques, il n’y a pas eu de linge sale lavé en public, le club ne s’est pas déchiré et dans les difficultés les supporters et les amoureux de basket ont continué à soutenir leur équipe, avec l’espoir que l’humiliation d’une descente en Pro B soit évitée.
Les supporters ont souffert, ragé, mais ils ont serré les dents, le plus souvent en silence. La remontada clamée comme un objectif par le capitaine Jérémy Nzeulie n’est pas allée jusqu’au bout d’une qualification pour les play-off. Tant pis. On ne peut pas toujours gagner. Pas toujours être Champion de France.
Forcément cette saison finalement sanctionnée d’une douzième place renvoie aux propos que Jean-Denys Choulet avaient tenus en fin de la saison régulière 2016-2017 quand il avait dit avec beaucoup d’humilité qu’il ne fallait pas s’habituer à la brioche. Les faits lui ont donné raison, puisque l’Elan a mangé son pain noir. Mais il a su rebondir et en ce sens, les supporters et les partenaires seront éternellement reconnaissants à ceux qui ont été les acteurs du sauvetage.
C’est un peu le sens des messages qui ont été distillés mercredi soir au Colisée. «Il est important de revenir à l’essentiel. On est ensemble, sans colère et sans inquiétudes pour l’avenir. On a souffert ensemble, on a perdu ensemble, on s’en est sorti ensemble» a sobrement résumé le Président Dominique Juillot, ajoutant : «On a vu que l’on était capable de résister dans les périodes difficiles».
Le Président n’a pas manqué de mettre en-avant les très bons résultats des espoirs et des jeunes, symbolisés par les débuts prometteurs d’Etienne Ca. «Le club se porte bien même si l’étendard a été vacillant. «Il y a des gens qui n’ont pas été dignes du club et de ses valeurs», a-t-il taclé, dans la droite ligne de l’interview qu’il nous avait accordée. «Mais il y a des personnes qui n’ont pas lâché, comme le Capitaine, comme d’autres joueurs qui nous ont rejoints. Je leur en suis reconnaissant».
Une page se tourne et Dominique Juillot l’a lancé à l’assistance : «Je suis optimiste. On va continuer de former pour permettre à des joueurs de s’épanouir».
Ce sera avec la famille et le Président a dit combien il avait sensible au soutien indéfectible des supporters : «Quand on est dernier et que le Colisée est plein, qu’il ne siffle pour ainsi dire pas, je dis chapeau. Il y a des clubs où le public aurait déserté».
C’est bien cet état d’esprit si familial que Sébastien Martin, le Président du Grand Chalon et vice-président du conseil départemental, a mis en-avant. «Oui on est passé par des semaines tristes, on était tous malheureux, dirigeants, supporters, élus, partenaires, mais on a réussi à s’en sortir. Cette saison je l’ai vécue comme tout le monde. Quand ça allait mal, on se disait que le prochain match serait peut-être le bon. Mais heureusement, il y a eu un esprit de responsabilité, car derrière il y a un territoire qui y croyait et qui a besoin de l’Elan Chalon. Et je le dis, les collectivités seront toujours présentes».
Jean-Denys Choulet a évidemment parlé dans le même registre, non sans rappeler que des clubs comme Limoges, Nancy, sont passés par le Pro B. «Nous on sera toujours là en septembre. Je veux retenir que sur les matches retour, on en a gagnés neuf sur dix au Colisée. Une remontada qui a surpris le basket français. Ce que l’on a fait ici, avec vous, c’est exceptionnel. Je n’ai qu’un regret : Que des joueurs ont confondu leurs stats personnelles aux stats collectives contre Monaco. Car si on avait joué comme contre Nanterre, on aurait pu accrocher les play-off». Mais l’heure n’est plus à refaire l’histoire.
Jérémy Nzeulie, une dernière fois, en bon capitaine qu’il a été, a remercié les supporters de leur soutien. «Oui on aurait aimé plus, mais il faut savoir se contenter», a-t-il dit avec beaucoup de sagesse. «Les joueurs ont été très fiers de la façon dont nous les avez soutenus, avec le Colisée qui était souvent plein. Merci».
L’heure était à un verre de l’amitié. Mais, les photos, les selfies et la communion entre joueurs et supporters ont pris beaucoup de temps. Normal. Car pour certains c’était la dernière fois. On pense notamment à Nzeulie et Harris particulièrement sollicités. Avec forcément une petite boule au ventre. Pour des joueurs et pour des supporters.
Alain BOLLERY