vendredi 22 février 2019

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Édito
La Présidente a choisi le réseau social, dénoncé pourtant pour la violence de ses commentaires, pour présenter ses vœux. C’est bien plus que paradoxal.
Questions à...
Dans une longue interview à creusot-infos, le Député européen sortant, 3ème sur la liste «Les Républicains», n’est pas tendre avec le Président de la République.
«Ce Président est très tacticien et très habile»
«Le grand débat c’est quand même un aveu d’échec».
Alstom, Nadine Morano, Rachida Dati, référendum, immigration, l’élu bressan n’élude aucun sujet.

Marie-Guite Dufay : «Travaillons ensemble et faites confiance aux territoires»
Jean-Patrick Courtois : «Il y en marre des normes»
Michel Suchaut : «Le principal problème de la France c’est le recrutement»
Patrick Merliaud : «Commandez les EPR dont la France a besoin»

Exclusif

André Accary : «Faites confiance aux territoires»
Jérôme Durain : «Quelles mesures concrètes pour aider les Maires à boucler leurs budgets ?»
David Marti : «Soutenez nous pour le maintien des services publics»
Rémy Rebeyrotte : «La santé, la mobilité, le numérique sont des sujets majeurs»
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> SAONE ET LOIRE > Saône-et-Loire

Visite Présidentielle : Marie-Guite Dufay, Jean-Patrick Courtois, Michel Suchaut et Patrick Merliaud révèlent ce qu’ils vont dire ou aimeraient dire à Emmanuel Macron

07/02/2019 03:18Lu 2355 foisImprimer l’article

Marie-Guite Dufay : «Travaillons ensemble et faites confiance aux territoires»
Jean-Patrick Courtois : «Il y en marre des normes»
Michel Suchaut : «Le principal problème de la France c’est le recrutement»
Patrick Merliaud : «Commandez les EPR dont la France a besoin»
Après André Accary, président du conseil départemental de Saône-et-Loire, David Marti, maire du Creusot, Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire et Rémy Rebeyrotte, député de Saône-et-Loire qui ont révélé à creusot-infos ce qu’ils vont dire ou ce qu’ils aimeraient dire au Président de la République (lire notre précédent article), creusot-infos a demandé la même chose à Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, Jean-Patrick Courtois, Maire Les Républicains de Mâcon, Michel Suchaut, président de la CCI de Saône-et-Loire, et Patrick Merliaud, secrétaire de la métallurgie CFDT 71 et secrétaire du CSE de Framatome. Quatre interlocuteurs qui par leurs mots témoignent d’attentes différentes, mais finalement convergentes.



Marie-Guite Dufay : «Travaillons ensemble
et faites confiance aux territoires»

Ce jeudi matin à Autun, seule Marie-Guite Dufay aura un entretien en tête à tête avec le Président de la République en sous-préfecture d’Autun. «C’est à sa demande, mais c’est dans la suite de notre échange lors de sa venue à Besançon, quand j’ai revendiqué un droit à la différenciation des aides de l’Etat aux Régions», rappelle Marie-Guite Dufay.
La Présidente de la Bourgogne Franche-Comté est catégorique : «Notre région est fortement industrielle et se relève d’une crise qui a été dure et avec des défis à relever pour la métallurgie, comme pour l’automobile qui doit passer des moteurs thermiques aux moteurs électriques. Cela nécessite une intervention volontaire de l’Etat et je vais le dire au Président de la République.
Pour l’hydrogène, nous avons pour ambition de faire de la Bourgogne – Franche-Comté un centre mondial de la recherche. J’attends que l’Etat soit résolument à nos côtés et très attentif à notre engagement. Il ne faudrait surtout pas, comme on le laisse entendre, que la filière hydrogène soit mise sous le boisseau».
Pour la transition énergétique, et «l’obligation de consommer moins et de produire plus de renouvelable», Marie-Guite Dufay considère : «Il faut pousser la décentralisation, sinon on n’avancera pas».
Elle compte aussi évoquer avec le Chef de l’Etat les questions de mobilité. «Il faut que l’Etat nous soutienne pour la mise en place du ticket mobilité qui a du sens dans nos territoires ruraux. J’ai un accord avec les organisations patronales. Mais pour la défiscalisation de ce ticket mobilité, j’ai besoin d’un coup de pouce de l’Etat. Tout comme pour couvrir nos campagnes par le covoiturage porté par la Région. Nous sommes dans l’innovation, nous avons besoin de l’Etat. Alors je vais dire au Président de la République : «Travaillons ensemble, faites confiance aux territoires. Laissez l’initiative locale s’exprimer».
Au regard des turbulences que vit General Electric, Marie-Guite Dufay lance : «Nous avons la sécurité sociale, il faut organiser la sécurité professionnelle pour l’avenir de la filière. Car comment avoir une sécurité professionnelle si on laisse partir les compétences».
La  Présidente de Région entend aussi défendre le maintien des dessertes TGV, au nom de l’attractivité du territoire. Enfin, elle veut interpeller le Président sur l’apprentissage. «Il faut vraiment réussir le Bac Pro en trois ans, avec deux années au lycée et une année en apprentissage»


Jean-Patrick Courtois : 
«Il y en marre des normes»

Le Maire de Mâcon, ancien sénateur de Saône-et-Loire, n’a pas la langue dans sa poche. «Je suis républicain et bien évidemment je vais répondre à l’invitation du Président de la République. Mais j’espère que l’échange que nous aurons sera suivi d’effets», annonce-t-il.
Jean-Patrick Courtois sait que la parole des élus sera comptée. «Je vais interpeller le Président de la République sur le sujet des collectivités locales. Et en premier lieu sur le problème des normes. Je vais lui dire «Ca suffit». On vient par exemple de se prendre une nouvelle norme sur les tapis de sol dans les écoles et dans les jardins et espaces publics pour les enfants. Avec une obligation de changer rapidement tous les tapis. Ca va coûter une fortune, alors qu’à Mâcon nous avons changé la majorité des tapis l’année dernière. Et là avec la nouvelle norme qui vient d’être pondue, si on ne les change pas et s’il y a un accident, alors la responsabilité pénale du Maire sera retenue. C’est insupportable. La mesure aurait pu être étalée dans le temps sur plusieurs années, mais non…
J’ajoute qu’Emmanuel Macron avait annoncé que pour une nouvelle norme deux serait supprimée. Mais aucune n’a été supprimée. En fait c’est toujours plus», lance le Maire de Mâcon.
Et de poursuivre : «Je veux aussi parler du pouvoir local que les circulaires de Paris mettent à mal, comme si nous élus locaux nous étions des idiots. On arrive à des absurdités. Par exemple qu’un PLU (plan local d’urbanisme) soit retoqué, alors qu’il correspond aux réalités locales. Là encore c’est exaspérant.
Troisièmement, je veux aussi demander au Président de la République que l’on nous laisse une liberté financière. Je rappelle que ce sont nous les collectivités locales qui investissons le plus financièrement, nous qui sommes confrontés aux réalités sociales et à de multiples obligations. Aujourd’hui, c’est un ras le bol qui se dégage. Que l’on ne se méprenne pas : Ce n’est pas décourageant d’être maire. Mais alors que nous sommes en première ligne, que c’est vers nous que les citoyens se tournent en premier, il faut arrêter de nous imposer toujours plus de contraintes. Alors j’attends certes des engagements du Président de la République, mais surtout qu’ils soient respectés par les administrations».


Michel Suchaut : «Le principal problème
de la France c’est le recrutement»

Président de la CCI, la chambre de commerce et d’industrie de Saône-et-Loire, Michel Suchaut, n’a pas été invité à rencontrer le Président de la République, ce jeudi, à Autun. Il a pourtant des propositions à formuler. Alors il le fait par l’intermédiaire de creusot-infos : «D’abord je suis toujours étonné de voir des élus réclamer plus de services publics, alors que la majorité des Français veulent moins d’impôts». Considérant que le grand débat doit d’abord être l’occasion de «faire des propositions», Michel Suchaut annonce deux réunions le 25 février à Mâcon et le 4 mars à Chalon-sur-Saône, «pour parler fiscalité, dépenses et action publique, transition écologique, réforme de l’Etat».
Aujourd’hui, le Président de la CCI en est convaincu : «La vraie question c’est de définir les limites de l’Etat des collectivités. Ce n’est pas à l’Etat de fabriquer de l’électricité, de gérer des aéroports, de fabriquer des automobiles. Le privé peut faire beaucoup mieux dans la majorité des cas. Les pays scandinaves ont su résoudre l’équation, avec un service équivalent à un coût moins élevé».
A partir de là, Michel Suchaut est catégorique : «Le principal problème de la France c’est le recrutement. Les politiques publiques depuis 30 ans ont toutes été orientées sur l’emploi et ça ne marche pas. Il faut une réforme de la formation en direction des jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme et sans qualification. Ils sont 100.000 par an. Le Ministre de l’Education Nationale doit être soutenu dans sa réforme. L’Education Nationale est là pour éduquer. Pour la formation, faisons confiance aux entreprises et aux acteurs économiques. Mitterrand avait dit «On a tout essayé», mais ce n’est pas vrai. Il y a eu beaucoup de choses pour les emplois aidés. Mais il reste beaucoup à faire. Sur 3 millions et demi de chômeurs, deux millions doivent pouvoir s’insérer. Le Président de la République est sur la bonne voie. Mais il faut qu’il soit plus à l’écoute des acteurs économiques qui sont en prise directe avec les réalités. Enfin, je pense qu’il faut mettre en place des incitations fiscales pour encourager nos concitoyens à investir dans les entreprises. C’est ce que le Général de Gaulle appelait le capitalisme populaire, pour que chacun soit intéressé aux résultats».


Patrick Merliaud : «Commandez 
les EPR dont la France a besoin»

Il n’a pas la mémoire courte Patrick Merliaud : «Je me souviens parfaitement qu’Emmanuel Macron, quand il était venu au Creusot, avait déclaré que le nucléaire est une filière d’avenir». Alors aujourd’hui le secrétaire de la métallurgie CFDT de Saône-et-Loire, mais aussi secrétaire du CSE Framatome au Creusot veut rafraichir la mémoire du Président de la République. Car s’il n’est pas invité à la rencontre en sous-préfecture d’Autun, Patrick Merliaud a quand même un message à faire passer : «Le nucléaire et la filière sont l’avenir d’une énergie décarbonée. La filière est porteuse d’emplois d’avenir et de compétences. Je rappelle que la filière ce sont plus de 3000 emplois en Saône-et-Loire et 300 embauches annoncées cette année».
Mais, avertit Patrick Merliaud, «pour pérenniser la filière, il faut des contrats sur le long terme. Nous avons été déçus de voir les GV900 commandées à Mistubishi au Japon. Aujourd’hui il faut des commandes d’EPR, encore plus si on veut plus de voitures électriques, avec une filière sécurisée. Le dossier Alstom-Siemens le montre, il y a besoin d’une vraie politique industrielle.
La filière énergétique est en souffrance. Je rappelle que Monsieur Sarkozy, quand Président de la République il était venu au Creusot, avait annoncé un deuxième EPR à Penly. Le Président Hollande n’a pas voulu le confirmer. Aujourd’hui Framatome non seulement a besoin d’un deuxième EPR en France, mais aussi d’un 3e, d’un 4e. Nous avons besoin de contrats. On ne peut plus attendre encore un an, car le château de cartes pourrait s’écrouler. Monsieur le Président de la République, il faut des actes. Framatome a démontré la qualité de ses productions et est aujourd’hui en ordre de bataille. Monsieur Macron, commandez les EPR dont la France a besoin».
Recueilli par Alain BOLLERY