mardi 11 décembre 2018

Jouez et tentez de gagner du 10 au 28 Décembre

1 Vélo – 1 Séjour à Disneyland Paris et 10 Bons d’achat

Nombreuses boutiques ouvertes Les Lundis et Dimanches du 9 au 31 Décembre

Édito
Le Président de la République ne peut pas se permettre un quatrième samedi aussi catastrophique pour l’image de la France. Il doit prendre les bonnes décisions et envoyer des signes aux Gilets Jaunes. Il n’a pas d’autre choix.
Questions à...

Exclusif

C’est un visiteur de marque qui, dimanche après-midi, a découvert l’exposition «Pierre Soulages, Le Creusot» à L’arc.
Président de l’institut national de la recherche agronomique, Philippe Mauguin s’est confié à «creusot-infos».
Le champion Alain Bernard s'est confié dans une interview à creusot-infos. Pour parler du complexe aquatique du Creusot, mais pas seulement.
«Pour moi c'est important d'aller au contact des jeunes».
«Pour PARIS 2024 je n'ai pas peur, mais je suis inquiet».
«Je vais échanger avec la Ministre pour parler des projets».
C’est officiel, le conseiller régional de Bourgogne - Franche-Comté et Président des Amis de la Rose à Frangy, quitte lui aussi le Parti Socialiste pour créer un autre parti avec Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, qu’il accueillera en Saône-et-Loire en novembre.
Denis Lamard s’explique dans une interview à creusot-infos.
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Paroles de «Gilets Jaunes» au rond point du Pont Jeanne Rose

07/12/2018 03:11Lu 27850 foisImprimer l’article
ACTUALISE : Ils se sont confiés à creusot-infos.




Dominique

«Je suis retraité de la Métallurgie. Alors que l'on boucle trois semaines d'action, ce qui est dommage c'est que c'est la pression sur Paris qui fait bouger les choses. Cela veut dire qu'ils ont peur des violences. C'est vrai qu'il y a eu des avancées. Mais j'estime que ce sont de petites avancées», juge Dominique Cherchi. «Concernant la CSG il faut revenir à un taux acceptable. Il faut aussi reconsidérer les minimas sociaux, donner plus qu'un coup de pouce au SMIC. Il faut vraiment que le Gouvernement et le Président de la République prennent en compte les revendications de terrain. Que les gens puissent remplir leur frigo. Avec mon épouse on y arrive, même si c'est devenu plus dur. Moi je suis là par solidarité. On paye 20 ans de mauvaises politiques. Cela-dit, j'espère qu'à Paris ça se passera bien ou plutôt moins mal que ce qui est annoncé et donc qu'il n'y aura pas de violences». Il faut que le Gouvernement soit à la hauteur pour nous protéger. Le problème maintenant, c'est : Comment on fait pour s'en sortir ?»


Daniel

«Je suis retraité depuis 2011. J'étais routier à l'international. Mon pouvoir d'achat n'en finit plus de diminuer. Aujourd'hui qui ne compte plus dans la mois ? Tout s'est accéléré depuis 2017. A force de ponctionner nos salaires et nos retraites, sous la droite, comme sous la gauche, aujourd'hui il faut vraiment compter non pas pour vivre, mais pour vivoter», juge Daniel Pouchelet.


Didier


«J'habite Blanzy et je travaille à Chalon. Je fais environ 20.000 kms par an, uniquement pour mon boulot. J'ai une petite prime de transport. C'est mieux que rien. Mais les augmentations du carburant, je les subis comme toute le monde», explique Didier Givry. «Je suis pour la suppression de toutes les taxes mais aussi pour le rétablissement de l'impôt sur la fortune, pour financer ce qui doit l'être. Il faut revaloriser les petites retraites et les petits salaires. Moi je fais partie des classes moyennes, mais cela fait plusieurs années que mon pouvoir baisse. Je me mets à la place des petits salaires. Personnellement je n'ai pas de mal à boucler mes fins de mois. Mais je suis là par solidarité, au Pont Jeanne Rose, pour soutenir les plus faibles».

Cyril

Employé de collectivité territoriale, Cyril rejoint tous les jours le mouvement des gilets jaunes au Rond-Point du Pont Jeanne Rose à Montchanin et il a participé à tous les week-end de mobilisation. Du Gouvernement il attend plus que le moratoire sur les taxes. «Il faut rétablir l'Impôt sur la Fortune et il faut augmenter les salaires. Mais pour notre pouvoir d'achat, il fait aussi baisser les taxes et les prélèvements. Je travaille et je ne fais plus partie des classes moyennes, mais des classes très moyennes. Je ne pars plus en vacances depuis des années. Je travaille et je n'ai droit à rien».
Se rangeant volontiers dans ce que l'on appelle «les travailleurs pauvres», Cyril est catégorique : «Cela fait des millions d'années qu'il y a des changements climatiques. Oui il y a de la pollution, mais ce n'est pas une raison pour taxer les automobilistes. Le Gouvernement dit qu'il faut rouler en électrique, mais il veut supprimer les centrales nucléaires. Tout cela est incohérent. Mais surtout, moi ce que je vois, ce que je mesure, c'est qu'il y a un mépris du peuple. Et ça ce n'est pas acceptable. Ce n'est pas parce qu'on vit en province, qu'on a besoin d'avoir des voitures pour aller travailler, qu'il faut nous mépriser».


Patrick


Le 1er week-end il était malade. Mais les deux autres qui ont suivi, Patrick Chevrot s’est joint aux gilets jaunes du rond-point du Pont Jeanne Rose. Fonctionnaire territorial, domicilié à Ecuisses, Patrick Chevrot est catégorique : «Si Emmanuel Macron ne bouge pas, la situation ne va faire qu’empirer. Avec le Gouvernement, ils exagèrent de ne pas nous regarder, de ne pas prendre en compte notre ras le bol».
Patrick avait mal digéré la suppression de l’impôt sur la fortune. «Les taxes n’en finissent plus d’augmenter. Les taxations du carburant c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Si encore les taxes allaient à l’écologie, mais elles n’y vont pas. C’est juste pour justifier de nous taxer encore et toujours plus. Et comme si ça ne suffisait pas, ils ont annoncé que le SMIC ne sera pas augmenté. Moi je le dis, on ne va pas arrêter avec Noël. Je pense même que ça sera de pire en pire, parce que le problème, c’est qu’on ne nous écoute pas. Même si ce n’est pas que la faute d’Emmanuel Macron, le pouvoir d’achat a baissé. Et les dernières taxes sur les carburants nous enfoncent un peu plus. Trop c’est trop».
Patrick aujourd’hui est inquiet : «Oui j’ai peur de voir Marine Le Pen arriver au pouvoir. Parce qu’à vouloir nous faire du bien, Emmanuel Macron et son Gouvernement nous font du mal. Si ça continue, la France ça va être comme le Brésil».
A.B.

Martine

Enseignante dans le Nord de la Communauté Urbaine, Martine annonce être entrée dans l’action «depuis le deuxième week-end, pour trois raisons». Et d’expliquer : «Premièrement j’ai subi une baisse constante de mon pouvoir d’achat, avec déjà mon salaire bloqué depuis des années. 2000 euros au bout de 25 ans et ça ne bouge pas. A côté de cela, mon mari qui est en retraite a subi de plein fouet la hausse de la CSG. Et puis je ne supporte plus d’entendre que nous les fonctionnaires nous sommes un coût pour la société».
Ensuite, Martine dénonce la «politique asociale» du Président de la République : «Je n’ai pas supporté la suppression de l’ISF. C’était pour moi un emblème et à côté de cela il a baissé les APL». Et de dénoncer aussi «la limitation à 80 km/heure, car c’est une mesure contre les provinciaux, qui ne vise qu’à remplir les caisses de l’Etat. On cherche de l’argent partout, plutôt que d’en prendre aux plus riches. N’oublions pas qu’en 20 ans, la fortune de 1% des Français a été multipliée par douze, alors que le nombre de pauvres a augmenté d’un million de personnes. Il faut arrêter de dire qu’il n’y a pas d’argent».
Par son engagement avec les gilets jaunes, l’enseignante dit aussi avoir voulu «lancer un avertissement. Car on peut craindre le pire pour les retraites et pour les pensions de reversion, avec des réformes malfaisantes».
Et de poursuivre : «Aujourd’hui, je voudrai que soit rétabli l’ISF, l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités, une augmentation significative, de +30%, du SMIC, car les gens ne peuvent plus vivre avec des salaires aussi bas et je suis en première ligne pour le constater. Mais il faut aussi rehausser de 10% les salaires du public et du privé, augmenter les retraités. Sans compter la suppression des 80 km/heure».
Enfin, Martine qui était sous la pluie, dimanche au Pont Jeanne Rose, est catégorique : «Il faut changer la représentativité des Français. N’oublions pas que quatre partis étaient pratiquement à égalité au 1er tour de la Présidentielle. Je suis donc pour une vraie proportionnelle. Mais je ne vois pas d’issue à la crise et c’est très inquiétant. Mais c’est un ras le bol général. Je pense aussi qu’il faut des référendums sur les grandes mesures».
A.B.


Nicolas


«Je suis fier d'appartenir au mouvement gilet jaune. Mon soutien est à cent pour cent pour les personnes présentes au bord des routes. Il ne faut rien lâcher !» lance Nicolas Ribeiro qui travaille au Creusot. Il est séduit par le mouvement et respectueux des usagers de la route : «Un grand merci à toutes les personnes qui ont leur gilet jaune dans la voiture». Mais pour lui, ce n'est pas suffisant : «Maintenant il faut le sortir de son emballage et venir soutenir les collègues sur place même pour quelques minutes cela est très important et donnera la forces de continuer le mouvement. Que la force soit avec nos gilets jaunes...»
A.B.


Pascal


«J’ai 53 ans et depuis un an je suis en recherche d’emploi. Cela après 35 ans de bons et loyaux services pour TDF et pour la TNT. Je touchais 2400 euros par mois. Maintenant c’est 820 euros. C’est cela la réalité, parce que j’ai plus de 50 ans» explique Pascal Bayard.
Domicilié à Montchanin il se rend tous les jours à Jeanne Rose. «Comment on fait quand on a largement moins de 1000 euros. J’ai une voiture, mais je la prends au minimum. Je fais le moins de kilomètres possible».
Pascal est catégorique : «Ce que nous voulons tous, nous ici, c’est une grande mobilisation samedi. Une mobilisation de tout le peuple. Il faut plus de monde que samedi dernier. Il faudrait que le rond-point du Pont Jeanne Rose soit comme un tournesol. Car tout le monde en a marre de voir le pouvoir d’achat baisser».
A.B.


Jean-Michel


Il est sapeur pompier en retraite et Jean-Michel Rocault ne rate pas une journée à Jeanne Rose. «Mon pouvoir d’achat n’en finit plus de baisser. En 2018 je n’ai pas pris de carte de carte de pêche, car c’est un coût, et puis il faut aussi prendre la voiture pour aller pêcher»…
Jean-Michel a une longue liste de revendications : «Il faut restaurer l’ISF et utiliser l’argent pour embaucher des infirmières, des aide-soignantes, des enseignants. Il faut en finir avec les mensonges : Les 80 km/heure c’est pour récupérer des PV et de l’argent pour les caisses de l’Etat. On ferait mieux de refaire les routes et les sécuriser notamment pour les motos.
L’augmentation du tabac profite d’abord aux caisses de l’Etat qui ferait mieux d’obliger les fabricants à enlever les produits dangereux.
Aujourd’hui il y a besoin d’augmenter le SMI, les retraites. Il y a trop de députés et de sénateurs. Là aussi on peut faire des économies et mettre l’argent ailleurs.
Il faut supprimer les taxes abusives comme sur les carburants, supprimer les avantages des grands patrons»
A.B.


Manu


«J’habite au Creusot et je travaille dans une entreprise de Gaz à Chalon» se présente Manu Seixas. «Le samedi 17 j’étais du premier mouvement. Depuis, avec le boulot, je viens à Jeanne Rose tous les deux jours, en rentrant du travail et je n'ai pas l'intention d'arrêter».
Pour son travail, Manu fait la route tous les jours et son calcul est rapide : «Depuis les augmentations, mes pleins de carburant me coûtent 100 euros de plus par mois». Manu parle aussi du mouvement des gilets jaunes. Avec ce constat : «Si dans toute la France il y a autant de monde qui participe, c’est quand même qu’il y a un gros malaise. Les gens en bavent de plus en plus»
Manu explique encore qu’avec une pension de 300 euros qu’il verse tous les mois, l’équilibre devient difficile à trouver. «Et puis l’année prochaine, il va y avoir une grosse augmentation du gaz. Ca va devenir très compliqué pour beaucoup y compris pour moi». Et pour ne rien cacher, il ajoute : «J’ai la chance d’avoir un bon CE, et dans cette période, ce n’est pas négligeable».
A.B.


Gilles


«Je suis engagé depuis le premier jour. Pour les carburants dont le prix est devenu vraiment trop élevé, mais aussi pour le pouvoir d'achat», explique Gilles Dessertenne. Il vit à Saint-Pierre de Varennes «et j'ai une fille qu'il faut aider». Mardi il n'a pas suivi l'intervention du Président de la République en direct, «car je ne m'attendais pas à une annonce».
La suite du mouvement : «Je pense que Macron et le Gouvernement vont vouloir laisser pourrir la situation». Et d'ajouter : «Pour moi, de droite comme de gauche, ce sont tous les mêmes». Gilles est au chômage depuis 3 semaines, après avoir travaillé 9 mois dans une entreprise, mais aussi, avant, 25 ans à Mâcon. Aujourd'hui, il espère retrouver du pouvoir d'achat et il assure qu'il continuera à se rendre tous les jours au Rond Point du Pont Jeanne, épicentre de la contestation des gilets jaunes, dans le Nord de la Communauté.
A.B.

Bernard et Philippe


(26 novembre)Il a 74 ans et depuis le samedi 17 novembre, il se rend tous les jours sur le rond-point du Vieux Saule. Bernard Nicolaou demeure à Montchanin, où il a terminé sa vie professionnelle, à la Résidence Farastier. C’était en 2005. Auparavant, il avait travaillé à Creusot Loire de 1964 à 1976.
Quand on lui demande pourquoi il est engagé dans le combat des «gilets jaunes», Bernard est catégorique : «Vu ce que l’on nous a pompé et vu ce que l’on nous pompe, nous les retraités on n’en peut plus. Tout au augmente. Ma retraite de 1370 euros est trop juste», dit-il. Et d’énumérer : «Quand on a payé l’assurance de la voiture, l’électricité, le gaz, la mutuelle, ça devient compliqué. On nous prend pour des vaches à lait».
Syndiqué depuis l’âge de 18 ans, Bernard Nicolaou a terminé à la «CGT Santé». Il est devenu une des figures de «Gilets Jaunes» au rond point du Pont Jeanne Rose. «Il faut avoir du courage pour se bagarrer quand comme moi on a eu un cancer de l’intestin et maintenant une tumeur au cervelet…»
Le plus souvent, Bernard est aux côtés de Philippe Bureau. Tous deux ont une pancarte à la main et l’exhibent devant les automobilistes qui passent. Philippe explique qu’il est en invalidité depuis 10 ans. «Je touche 652,97 euros par mois. Même avec les Restos du Cœur et le Secours Populaire, ça devient très très difficile. Il voit son pouvoir d’achat diminuer. «La mutuelle elle a augmenté. Les impôts locaux, c’est 233 euros. Heureusement le loyer ne bouge pas…» dit-il. Et d’assurer : «En début de mois, je fais deux sacs de courses. J’ai cinq enfants. Quand ils viennent me voir il faut bien les nourrir. Une fois que j’ai payé toutes mes charges, il me reste moins de 200 euros par mois», explique Philippe qui a travaillé à SIC, avant d’être mis en invalidité. Lundi après-midi, Philippe et Bernard étaient ensembles «pour continuer le combat, ne rien lâcher…»
A.B.