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Interview de Gilbert Payet, préfet de Saône-et-Loire

23/06/2017 08:30Lu 2644 foisImprimer l’article
Chiffres de l'emploi... Traversée de Blanzy pour la RCEA avec pourquoi pas un tunnel... Nouveaux radars à double sens... Déplacement du radar des Baudots... Lutte contre le terrorisme... Drame de l'agriculteur de Trivy...
Le Préfet de Saône-et-Loire, Gilbert Payet, aborde de nombreux sujets dans une interview à creusot-infos.
Comment évolue le chômage dans le département ?
«Il évolue sensiblement comme au niveau national et au niveau régional. Mais un peu meilleure en Saône-et-Loire. Ainsi, nous avons une baisse significative dans la catégorie A, avec -3,7% en un an et m^me de -10,4% pour les jeunes de moins de 25 ans. Et on constate une baisse à +2% pour les les 50 ans et plus.
Pour les catégories A, B et C, on est à -2,8% alors que l’on était monté à +1,5% Les dispositifs mis en place ont bien fonctionné. Et il est important de noter que pour les emplois d’avenir, le Gouvernement a pris des dispositions pour garantir continuité et renouvellement».

Où en est-on sur les travaux de la RCEA. Le calendrier a-t-il été modifié ? Les travaux sont-ils en avance ?
«Nous avons pris de l’avance sur le calendrier. Le plan d’accélération de mise à 2x2 voies  a démarré en 2014. Nous avions alors 50% de la RCEA, soit 75 kilomètres, qui étaient à 2x2 voies. Avec 184 millions d’euros mobilisés, 39 kilomètres supplémentaires ont été lancés dans les délais, et même de l’avance. Ainsi sur la portion Paray le Monial – RD25, nous avons ouvert avec 6 mois d’avance. Le secteur Blanzy – Saint-Eusèbe sera ouvert en septembre, celui entre le pont du TGV et le Pont Jeanne Rose à la même période.
Pour être transparent, nous avons un léger décalage au niveau du Col de Vaux – Chapelle du Mont de France, en raison de l’inscription supplémentaire du créeau Prissé – Charnay lès Mâcon.
J’ajoute que des appels d’offres se sont traduits par des économies. Et à côté de cela nous avons eu 6 millions en plus pour le secteur de Prissé – Charnay, avec en plus des participations de la Région, du Département et de la CAMVAL.
De l’autre côté de la RN 79, concernant la portion Paray le Monial – Charolles, on fait en sorte de pouvoir faire l’aire de repos de la Maison du Charolais. Il y a besoin de stationnement des poids-lourds, du développement de la zone d’activités, avec une recherche pour implanter un Hôtel.
A la fin de la première tranche du programme d’accélération on sera à 114 km à 2x2 voies, soit 76% de la RCEA».

Quelle solution retenue pour la traversée de Blanzy et quand les travaux débuteront-ils ? Quand seront déterminés les financements de la prochaine phase et le calendrier est-il connu ?
«Nous sommes dans la préparation de la seconde tranche de travaux, de 2019 à 2025, avec 14 kilomètres supplémentaires et le réaménagement de 12 km. On sera alors à 85% de mise à deux fois deux voies de la RCEA. Après 2025, il faudra effectuer l’achèvement complet. J’insiste sur le fait que les crédits ont toujours été mis en temps nécessaire, pour ce qui constitue le plus gros chantier budgétaire routier en France.
Concernant la traversée de Blanzy, la concertation se poursuit. Le projet devrait être finalisé avant la fin 2017. Nous devons rechercher la solution la moins pénalisant, y compris d’une tranchée couverte, c’est à dire un passage sous terre, des deux sens de circulation ou d’un seul sens. Tout doit être étudié. Il sera bien que les travaux débutent à la fin 2019».

Comment évolue la carte des radars ? Quelles sont les installations envisagées ? Les forces de l’ordre vont elles être dotées de nouvelles voitures avec des radars embarqués ?
«Nous avons actuellement 15 radars fixes traditionnels, dont trois sont à double sens ; neuf radars discriminants, deux radars tronçon dits de vitesse moyenne ; et deux radars de passage à niveau.
Nous avons enlevés les radars tronçon de Palinges – Génelard sur la zone en travaux de la RCEA. Nous avons une demande en ce sens pour le radar tronçon entre Charnay et Prissé.
Nous devons mettre en service le radar tronçon de Blanzy, mais les services ont un problème technique.
Concernant les transformations de radars en double sens, celui de Beaubery ne changera pas. Par contre les radars de Dracy Saint Loup, Saint-Marcel et Epervans vont passer à double sens, sans doute d’ici la fin de l’année. Plus tard ce sera le cas des radars de Simard et de Saint-Martin du Lac. Et nous avons une réflexion et la volonté d’avancer le premier radar tronçon au Col des Baudots pour éviter que les usagers prennent la sortie de Marcilly les Buxy pour l’éviter. Enfin, les gendarmes devraient être dotés d’un ou deux radars embarqués à double sens.
Enfin des radars leurre vont être installés, y compris sur la RCEA»

Des suppressions de sous-préfectures sont elles attendues ?
«Rien n’est prévu. Une réflexion en ce sens avait été lancée par Bernard Cazeneuve pour un jumelage des sous-préfectures de Louhans et Chalon sur Saône, mais c’est abandonné».

Où en est le dossier de l’installation d’un nouveau centre de détention à Châtenoy le Royal ? A quel horizon le début des travaux et une ouverte ?
«Les études ne sont pas lancées. Je rappelle que Châtenoy a été retenu dans les sites potentiels, car notre pays a besoin d’emplacements supplémentaires. Pour Châtenoy le Royal, de toute façon, ce ne sera pas tout de suite, parce qu’il n’a pas été placé dans la première vague»

Quels sont aujourd’hui les effectifs de la Police et de la Gendarmerie ? Comment ont-ils évolué ? Envisagez vous de nouvelles organisations, de nouveaux regroupements ?
«Nous disposons en Saône-et-Loire d’environ 730 gendarmes. C’est une dizaine de plus qu’il y a deux ans. Et nous avons entre 410 et 420 policiers. C’est en légère hausse et celle-ci est liée aux renforcements de sécurité.
Nous avons créé une antenne à Autun avec des personnes qui travaillent sur le renseignement. Et d’ici quelques mois le service de renseignement de Montcenis sera transféré au commissariat du Creusot.
Concernant les secteurs du Creusot et de Montceau, on a pu mesurer des vraies difficultés en cas d’événement important, avec des obligations de renforts, parfois des policiers de Chalon. Nous sommes avec deux unités de faible taille. Les distances ne permettent pas d’avoir un seul commissariat. Par contre les réflexions visent à développer les mutualisations, pour gagner en efficacité».

Comment s’exerce la lutte contre la menace terroriste ?
«Le cadre judiciaire est évidemment privilégié pour les vérifications que l’on est amené à réaliser sur des signalements. Nous avons eu trois cas avérés en un an. Pour apologie du terrorisme, pour menaces d’attentat, même si cela venait d’un déséquilibré.
Les perquisitions se poursuivent. Au début environ une sur trois donnait quelque chose. Aujourd’hui on est plutôt à une sur dix. Les services travaillent sur les cibles. Mais les personnes potentielles se méfient beaucoup plus qu’avant. C’est donc un gros travail à réaliser».

Avez-vous des précisions à apporter après le drame qui a vu la mort de l’éleveur de Trivy ?
«Il s’agit d’un drame humain avec la mort d’un homme et il faut d’abord respecter le deuil de la famille. Cela veut aussi dire qu’il ne faut pas faire le procès d’un mort. Ce serait indécent. Néanmoins ça ne doit pas justifier les accusations injustifiées envers l’action des services de l’Etat, de fonctionnaires dévoués. Ils sont au service d’une population. C’est-à-dire au service de la population et des agriculteurs. Face à l’événement il y a eu des critiques fortes émanant d’une minorité peu respectueuse. J’ai salué la dignité de la famille. Maintenant il faut essayer de comprendre et d’améliorer les procédures. Des mesures ont été arrêtées, notamment pour ce qui concerne l’accompagnement des contrôleurs par les forces de l’ordre, leur dimensionnement, avec des analyses au cas par cas.
On voit bien les difficultés de dialogue et l’absence de compréhension mutuelle, des services et des agriculteurs dont on connaît la situation difficile.
J’ai été amené à réunir les différents acteurs pour optimiser l’accompagnement. Il faut bien comprendre que l’on a une pluralité de problèmes. Il est facile de faire un diagnostic, de déterminer ce qui a été fait. Mais il faut réussir le suivi. Sur 5000 éleveurs, 50 sont en difficultés. Il faut mobiliser à la fois les élus et les fédérations. Je suis conscient de la difficultés des personnes qui ont du mal à entendre le discours.
Quand un agriculteur se trompe de code, en tapant par erreur lavande au lieu de colza, il est impossible de corriger et il perd ses financements. On a un système verrouillé. L’outil informatique ne permet pas de corriger les erreurs. Il faut agir sur cet aspect».
Recueilli par Alain BOLLERY