lundi 22 juillet 2019

Au départ de Bourbon-Lancy, les échappées à vélo offrent des parcours sympas pour tous les amateurs de la petite reine et de VTT. Découvrez deux bons plans !

Édito
Les résultats des élections européennes ont confirmé qu’il convient de se méfier de plus en plus des sondages. Jean-Luc et Laurent faisaient la gueule dimanche soir, mais ils n’étaient pas les seuls.
Questions à...
A l’occasion d’une conférence de presse, le patron du groupe SOS, dont dépend l’Hôtel-Dieu du Creusot, a affirmé plusieurs choses.
«L’établissement génère un déficit. On l’a repris pour le redresser et le relancer».
«On a dit oui pour une aide-soignante de jour et «on verra» à la fin de l’année pour une infirmière de nuit».
«Pour l’urologie, la nouvelle organisation sera sans coût supplémentaire pour les patients».
«On va avoir un bon énorme en terme de prise en charge des patients».
«Le robot sera utilisé en urologie, en chirurgie digestive et en chirurgie gynécologique».
Vice-présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté en charge des sports, Laëtitia Martinez, dans une interview, évoque l’engouement autour du mondial féminin. Elle souligne aussi la démarche volontariste de la Région pour développer et soutenir le sport féminin.
Juste avant les grandes vacances, le Maire David Marti se livre dans une interview à creusot-infos.
Gratuité à la piscine, espace Simone Veil, démolition de la Tour Jaurès et à la Molette, travaux dans les équipements sportifs… Le Maire répond aussi au sujet des prochaines élections municipales.
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Bernard Lacour : «Je veux mener une présidence de combat à la chambre d’agriculture»

26/02/2019 03:18Lu 4706 foisImprimer l’article
Elu lundi après-midi nouveau Président de la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire, Bernard Lacour entend mener une présidence de combat. Pour défendre l’agriculture «contre les attaques menées par des minorités». C'est ce qu'il affirme dans une longue interview qu'il a accordée à creusot-infos.
«88% de la société française apprécie notre agriculture et ses agriculteurs et on entend que les minorités»
«L’agriculture française c’est la qualité et la traçabilité»
«L'engagement du conseil départemental a été vital»
«Dans la Communauté Le Creusot - Montceau, on va franchir un cap dans la gestion de l’eau».
C'est à Jalogny, ce dernier lundi de février, que s'est déroulée l'élection du Président de la Chambre départementale d'agriculture, en présence Jérôme Gutton, préfet de Saône-et-Loire. Sans surprise, c'est Bernard Lacour qui a été élu nouveau président de l'instance consulaire, présidée jusqu'alors par Christian Decerle.
Eleveur à Saint-Firmin, Bernard Lacour est toujours président de la FDSEA où tout le monde loue sa puissance de travail et sa volonté affirmée de défendre le syndicalisme agricole. Bernard Lacour aime l'union dans l'action, dans le travail. Ce sera n'en doutons pas sa ligne directrice. En attendant, il a accepté de se confier dans une longue interview à creusot-infos.

Quel regard portez-vous sur les derniers résultats des élections professionnelles ?
BERNARD LACOUR : «La FNSEA ressort renforcée. Elle a gagné un point au niveau national. En Saône-et-Loire, dans un contexte difficile, nous nous maintenons. Nous conservons les 15 places que nous avions à la chambre d’agriculture, contre 2 à la coordination rurale et 1 à la confédération paysanne. Nous avons obtenu 62% des suffrages et c’est pour nous la reconnaissance du travail effectué. C’est la victoire d’un réseau syndical, car je rappelle que nous sommes présents partout, sur tous les territoires que compte la Saône-et-Loire»

Vous venez d’être élu Président de la Chambre départementale d’agriculture. L’aviez vous envisagé ou anticipé ?
«Par nature, et ceux qui me connaissent le savent, je ne suis pas quelqu’un dont l’ambition est d’avoir des postes. Mais voilà, les élections mesurent la représentativité, avec une obligation de représentation à la chambre d’agriculture. J’ai donc été élu pour appliquer ce que les agriculteurs souhaitent en terme d’organisation.
Je mesure la charge. C’est une fierté car c’est une reconnaissance. Mais je mesure bien la responsabilité que cela implique autant que les attentes des agriculteurs et de nos territoires. Ce n’est pas la victoire de Bernard Lacour, mais c’est très clairement la victoire de la FDSEA. La reconnaissance du travail de notre syndicat sur la sécheresse, sur les zones défavorisées, sur les zones vulnérables. C’est cela la force de notre réseau».

Serez-vous dans une présidence de combat ?
«Oui, une présidence de combat. Un combat au nom de certaines valeurs. Il est insupportable que la France, notre agriculture française soit reconnue à l’unanimité comme la meilleure parmi les 67 pays les plus agricoles au monde, et que dans le même temps, chez nous, en France, nous soyons autant décriés. Insupportable que chez nous, en permanence, on cherche à affaiblir notre agriculture et nos agriculteurs, au nom d’une certaine idéologie. Oui j’en ai marre, nous en avons marre de l’agri bashing.
88% de la société française apprécie notre agriculture et ses agriculteurs et on entend que les minorités.

Et vous voulez vous battre ?
«Oui je veux combattre cela. Il y a besoin que l’agriculture retrouve ses lettres de noblesses et que l’on retrouve nos fiertés. Car notre pays, notre population, ont besoin de notre agriculture.
70% des terres sont exploitées par des gens qui ont plus de 52 ans. On a besoin de rendre notre agriculture attractive, que les gens s’épanouissent et gagnent leur vie. Ca c’est un enjeu. Il faut que chacun mesure et intègre que l’agriculture pèse lourd dans la balance commerciale. L’agriculture française c’est la qualité et la traçabilité. Cela, personne ne peut le contester. Nous ne sommes pas des intérimaires. C’est aux hommes d’adapter les structures, les exploitations, aux besoins du moment».

Quelles sont vos craintes, vos peurs ?
«D’abord qu’il n’y ait pas suffisamment de personnes pour remplacer les départs en retraite. Deuxièmement, qu’après les états généraux de l’alimentation, on ne soit pas capables de transformer le consensus par une plu value dans les fermes.
Troisièmement, que le désarroi l’emporte sur le dynamisme.
Nous avons une agriculture de qualité, un territoire parfaitement entretenu. Pour preuve c’est que l’on peut sans doute le faire classer par l’UNESCO. Nous sommes aussi, la Saône-et-Loire, le département qui a le plus d’AOC».

Que prônez vous alors ?
«Avec les collectivités locales, il faut mettre de la cohérence, avec une organisation efficiente, au service des consommateurs. Cela alors que l’alimentation n’a jamais été aussi sûre».

Estimez-vous que les collectivités ont été au rendez-vous ?
«Il y a incontestablement une volonté forte des collectivités de travailler avec la chambre d’agriculture. «Agri locale» portée par le département, ou encore ce qui est fait au niveau de la cuisine centrale à Autun, vont dans le bon sens. Nous avons de vraies compétences pour accompagner les collectivités. Il faut que l’on travaille en bonne intelligence.
Je note que nous avons de bonnes relations avec le Conseil Régional, comme avec le conseil départemental. Les 1000 à 1500 agriculteurs de Saône-et-Loire qui ont pu bénéficier d’une avance de 10.000 euros de la part du conseil départemental, c’était vital pour beaucoup, notamment pour pouvoir acheter du fourrage».

La Communauté Urbaine a dit vouloir favoriser l’accès des agriculteurs aux réserves d’eau. C’est important ?
«Oui il est très important de mettre en œuvre ce qui permet d’économiser l’eau du réseau portable. C’est une belle évolution que de permettre d’accéder à des étangs ou à des lacs. On se souvient de Sievens. Là, dans la Communauté Urbaine Le Creusot - Montceau, on va franchir un cap dans la gestion de l’eau. Il faut pouvoir puiser là où il y a des ressources. Mais il faut aussi se mettre en capacité de retenir l’eau, de constituer des réserves là où c’est possible. Nous travaillons à des projets».

Que souhaitez-vous pour la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire ?
«Avec mes amis élus de la FDSEA nous voulons qu’elle soit de proximité, aux côtés des agriculteurs, pour les accompagner et les aider dans leur évolution. Nous voulons aussi une présence forte à la Chambre régionale d’agriculture où la Saône-et-Loire doit tenir toute sa place, en soutien à Christian Decerle. La force de notre agriculture ça doit être de redonner de la force au collectif. Et puis je veillerai aussi à ce que l’on continue de conserver de bonnes relations avec les autres chambres consulaires, car nous sommes tous au service de l’économie».

Dernière question : Quelle est votre position sur le glyphosate ?
«Pas de précipitation ! Mais je suis clair : Les agriculteurs sont les premiers défenseurs de la recherche. En ce sens, je veux rappeler des propos de Xavier Beulin, l'ancien président de la FNSEA. Il disait qu'il serait à 100% pour le maraichage bio le jour où il y aurait des robots pour désherber. On y arrive. Alors oui, un jour prochain les agriculteurs pourront se passer du glyphosate. Mais je le répète : Pas de précipitation, travaillons avec méthode.
Recueilli par
Alain BOLLERY