vendredi 26 mai 2017
Sondage
Approuvez-vous la décision de l'Elysée de demander la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre ?
> Opinion > De gauche

OPINION : Lorsqu’un fieffé fielleux filou faillit

20/04/2017 02:45Lu 1767 foisImprimer l’article
Lorsqu’un fieffé fielleux filou faillit
Lorsque François Fillon se renie, après avoir fait l’annonce de son retrait de la course à l’Elysée en cas de mise en examen, fieffé il est.


Lorsque François Fillon témoigne de son animosité envers les médias et les journalistes, particulièrement ceux du Canard Enchaîné à l’origine de tous ses maux, fielleux il est.
Lorsque François Fillon arrive à persuader une partie de LR (Les Républicains) de l’existence d’un complot ourdi par un cabinet noir, filou il est.
Lorsque François Fillon par son attitude, dégrade s’il en était besoin l’image des acteurs politiques et le sens politique, gravement il faillit.
Notre père sévère a la contrition facile. Il s’auto-absout dans un mea-culpa télévisuel, confesse publiquement ses erreurs, adresse des excuses aux français puis retourne sa veste. En faisant sien l’adage « … en politique on est jamais mort… », il surjoue la résurrection politique, s’assoit sur ses engagements précédents et décide, port de tête altier, de continuer. Il choisit son chemin de croix.
Et le confiteor*alors ?
Si, ô miracle*, l’homme aux costumes rendus ne se fait pas rhabiller au soir de l’élection présidentielle prochaine, alors sûr, la relance de l’économie passera par une production massive de confessionnaux afin que ses électeurs et autres enfants de “cœur“ se fassent pardonner d’avoir porté à la magistrature suprême un individu au curriculum vitae bien chargé.
N’en déplaise à ses fidèles ouailles, rappelons pour mémoire les derniers ajouts notoires qui ont récemment enrichi son dossier.
Mise en examen pour :
-    détournements de fonds publics
-    abus de biens sociaux et recel
-    trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique.
… à laquelle on peut adjoindre celle de son épouse Pénélope (Penny* pour le Canard Enchaîné) possible première dame de France :
-    complicité et recel de détournement de fonds publics
-    complicité et recel d’abus de biens sociaux
-    recel d’escroquerie aggravée.
Quelle énumération, quelle litanie* !
A la question posée par David Pujadas le jeudi 23 mars 2017 lors de l’Emission politique de France 2 : « François Fillon êtes-vous un homme d’argent ? », point de réponse précise mais un contrepied larmoyant et lourdement allusif au suicide de l’ancien premier ministre Pierre Bérégovoy.  A croire que le mot « argent » tout à coup lui fait peur ! Pour preuve, dans le débat télévisé du 20 mars 2017 il parle pour les français de salaire décent… sans même citer de chiffres. On l’a pourtant vu plus disert sur le sujet en d’autres occasions, notamment lorsqu’en père la rigueur il annonce des lendemains difficiles pour les plus démunis et des largesses pour les puissants.
Dixit notre Robin des Bois à l’envers, sa femme Pénélope effectuait des « tâches simples mais essentielles comme le classement du courrier et des échanges de mails » pour un salaire moyen de 3677 euros net par mois. Mettant en avant publiquement sa foi chrétienne et donc n’ignorant rien du partage, notre homme devrait en toute logique nous annoncer très bientôt la réévaluation de tous les bas salaires de l’hexagone au niveau de celui de Madame. Ce qui vaut pour Pénélope doit bien valoir pour les autres, non ? Et un salaire minimum de croissance (smic) à ce niveau-là aurait fière allure. Mais ne rêvons pas, le bougre malmènera la charité chrétienne en faisant sien le proverbe « charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Par ses agissements avérés et ceux présumés, notre Harpagon des cimes qui se victimise* et pour peu userait de chleuasmes*, est le symbole caricatural d’une classe politique immorale et/ou amorale qui a laissé s’épanouir l’argent roi. En continuant de prêcher pour ses fidèles, en déblatérant des « blablabla » qui sans aucun doute grossiront les rangs du « parti des pêcheurs à la ligne » (ces deux dernières expressions du Canard Enchaîné ont contribué à la richesse de la langue française), notre Saint-Sébastien bardé de flèches journalistiques montre qu’il n’a rien compris à la vie politique et surtout qu’il n’en a rien appris.
Notre fraîchement enfariné prétend sans scrupules redresser et tenir le budget de la France. Au secours ! L’aveu fait sur BFM TV le lundi 03-04-2017 de son impossibilité de mettre de l’argent de côté avec des revenus de l’ordre de 24350 euros en moyenne par mois ne laisse présager rien de bon ; «… ne dites pas ça à un mort, il vous taperait avec son cercueil !… » dirait un vieux bourguignon renfrogné en entendant pareil propos.
Décidemment l’homme n’a de cesse de donner des arguments à ceux qui seraient tenté de lui tailler un costard et dans l’élan, des croupières. Et si d’aucuns trouvaient le jugement et la diatribe un tantinet sévères, il pourrait leur être répondu par le vocable cynique maintes fois répété par l’intéressé : « …et alors ?... ».
Cocu mais pas Amphitryon

* confiteor : Prière latine par laquelle on se reconnaît pécheur
* ô miracle : pour les croyants, phénomène dû à une intervention divine
* penny : monnaie anglaise en cuivre
* litanie : suite de prières qui se termine par des formules identiques
* se victimiser : se dédouaner de sentiments culpabilisants ou d’une responsabilité, en accusant les autres
* chleuasme : dire du mal de sa propre personne pour éviter que d’autres ne le fasse et pour que les propos tenus soient réfutés