vendredi 19 avril 2019

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Édito
Les faits très graves qui se sont produits lundi matin, ont révélé autant le manque de respect et de politesse, que cette violence qui n’en finit plus de s’incruster dans les têtes, dans les esprits et donc bien malheureusement dans les actes.
Questions à...
Le vice-président de la Région Bourgogne – Franche-Comté, en charge des lycées est catégorique : «On sait s’adapter, on sait être réactif et on peut voter un financement exceptionnel»
Elu lundi après-midi nouveau Président de la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire, Bernard Lacour entend mener une présidence de combat. Pour défendre l’agriculture «contre les attaques menées par des minorités». C'est ce qu'il affirme dans une longue interview qu'il a accordée à creusot-infos.
«88% de la société française apprécie notre agriculture et ses agriculteurs et on entend que les minorités»
«L’agriculture française c’est la qualité et la traçabilité»
«L'engagement du conseil départemental a été vital»
«Dans la Communauté Le Creusot - Montceau, on va franchir un cap dans la gestion de l’eau».
Dans une longue interview à creusot-infos, le Député européen sortant, 3ème sur la liste «Les Républicains», n’est pas tendre avec le Président de la République.
«Ce Président est très tacticien et très habile»
«Le grand débat c’est quand même un aveu d’échec».
Alstom, Nadine Morano, Rachida Dati, référendum, immigration, l’élu bressan n’élude aucun sujet.
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OPINION : l'existence procède [de] l'essence

08/11/2018 07:44Lu 1066 foisImprimer l’article
L'existence procède [de] l'essence
L'actualité, avec la polémique autour de la taxe sur les carburants, nous invite à une réécriture facétieuse du message sartrien. Pour un plein d'indécence ...gratuit.
Dans l'édito de Creusot-infos intitulé : « les écolos auraient-ils perdu la voix ? », le rédac chef se gausse des écologistes « devenus muets ou amnésiques (…) qui se gardent bien de crier victoire [car] il est des victoires honteuses gagnées contre le peuple ».
Eût-il fallu qu'ils affichent un soutien politique au gouvernement confronté à une profonde colère des milieux populaires, au motif que ce gouvernement a décidé de surtaxer les carburants (et notamment le gazole) et que cette mesure figurait - parmi d'autres - dans le programme des Verts ? De quel angélisme voudrait-on les parer ?
Le commentateur aurait pu tout aussi bien souligner l'étonnant silence de nos députés « marcheurs » qui ne se bousculent pas franchement pour monter au front dans cette bataille de l'opinion tandis que leur héroïque mentor épris d'épopée, arpente la tranchée des baïonnettes et le chemin des dames. On a connu Rémy Rebeyrotte plus prompt à se féliciter (on n'est jamais mieux servi que par soi-même) des décisions gouvernementales et à le faire savoir urbi et orbi !
La colère populaire est assurément légitime et bien réelle mais elle ne concerne pas que le prix des carburants, elle porte sur la question du pouvoir d'achat en général. Imaginons que le pouvoir d'achat des classes populaires ait augmenté par ailleurs dans des proportions non négligeables, on aborderait sans doute la question sous un angle différent. Car le problème du pouvoir d'achat n'émerge pas seulement avec l'augmentation des prix des carburants : auparavant il y a eu la hausse de la CSG, le gel des pensions, les taxes sur le tabac etc...
Certes, cette forme d'énergie n'est pas une marchandise comme une autre dans notre civilisation ; certes la flambée des prix à la pompe s'explique aux deux tiers par celle du pétrole brut, mais l'ajout de taxes censées dissuader les ménages d'utiliser leur voiture ou de remplacer leur vieille bagnole diesel par une voiture électrique, a considérablement accru le mécontentement et l'a dirigé contre les princes qui nous gouvernent.
En fait, cette dernière mesure ne fait que couronner un modèle global de gouvernance et, goutte d'eau qui fait déborder le vase, cristallise sur elle tout un ensemble de frustrations et de mécontentements, voire parfois le ressentiment de l'électeur trompé. Elle montre que l'on est entré dans un processus chaotique (au sens de la théorie du chaos), où n'importe quelle étincelle peut mettre le feu à la plaine. Brûle essence si trop de taxes s'érodent en des fondements incertains* !
On peut bien sûr déplorer que cette colère soit propice à des récupérations politiciennes tous azimuts, mais n'est-ce pas le jeu et la rançon de la démocratie ? Et que serait une pure colère qui ne se traduirait pas par l'ouverture de perspectives politiques sinon un nihilisme sans autre issue que la violence ?
Au-delà de cet aspect politique, l'épisode est riche d'enseignement économique sur les limites d'une approche unifactorielle prétendant réguler le marché par les seules incitations/désincitations fiscales.
Le raisonnement de nos brillants penseurs du libéralisme économique est simple : on surtaxe les carburants et on subventionne l'achat de voitures électriques (on postule au demeurant que la production d'électricité est d'origine non fossile) de sorte que le consommateur lambda, parfaitement rationnel dans ses choix (homo oeconomicus) se précipite (ceteris paribus = toutes choses égales par ailleurs) soit sur les transports en commun soit sur l'achat de véhicule à moteur électrique. Et y'a plus qu'à …
C'est la même vision et la même méthode qui sont à l'oeuvre dans le projet de relance de l'investissement productif : on défiscalise le capital et on attend que les investisseurs se précipitent pour financer nos impécunieuses entreprises.
Il faut croire qu' « homo oeconomicus » et « ceteris paribus » sont partis en vacances car, dans les deux cas de figure, cette merveilleuse construction de l'esprit ne marche pas, ce qui est quand même un comble pour d'émérites marcheurs !
Pourquoi ? Dans le cas qui nous occupe, parce que les conditions du choix ne sont pas réunies : dans bien des situations, il n'existe pas de mode de locomotion alternatif. Et pour cause, ce sont souvent les mêmes conseilleurs qui se sont méthodiquement appliqués à dégommer les lignes ferroviaires secondaires comme la plupart des services publics d'ailleurs ! Comment conduire les enfants à l'école quand un regroupement scolaire à plusieurs dizaines de kilomètres a été opéré ? Comment se rendre à l'hôpital ou à la maternité quand les établissements les plus proches ont disparu ? Et ainsi de suite... Quand Macron proclame qu'il préfère taxer le diesel plutôt que le travail, il se plante magistralement car il pénalise et décourage tous ceux qui utilisent le diesel précisément pour aller travailler.
Mais naturellement ceux qui parcourent le monde en avion (suivi d'un avion de secours volant quasiment à vide), n'ont qu'une approche théorique de cette réalité par trop prosaïque .
Enfin, il faut être un technocrate totalement hors sol pour croire un seul instant que la prime à l'achat d'un véhicule électrique sera suffisante pour inciter un smicard, (qui a déjà bien du mal à chauffer son logement), à larguer sa vieille mais indispensable bagnole diesel pour s'engager dans un emprunt aléatoire !
Et voilà - un comble pour lutter contre l'effet de serre - qu'on nous promet de nouvelles « usines à gaz » ! Le président vient d'annoncer des mesures compensatoires pour les ménages qui souffrent le plus de cette hausse du coût des énergies fossiles : bon courage pour leur mise en place !
La politique écologique de Macron est une politique de grouillot. Il l'assume, c'est décent*. Mais pour un adepte de la culture du résultat, le réveil risque d'être difficile !
Une politique efficace est nécessairement multifactorielle et systémique. Elle requiert un plan d'investissement public massif pour faire en sorte que les conditions d'un choix économique rationnel soient réunies.
Mais on se heurte alors aux contraintes budgétaires édictées par Bruxelles. Le réchauffement climatique aura bien l'élégance d'attendre le retour à l'équilibre, non ? …
Justin Grinsel